Bien que prévue cette année, la réfection de la rue Allen sera visiblement reportée.

Réfection de la rue Allen: Waterloo s’impatiente

Les passants et les automobilistes qui empruntent la rue Allen à Waterloo connaissent son piètre état. Malgré plusieurs démarches pour y lancer des travaux de réfection, la Ville tarde à recevoir le feu vert du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports. Et sa patience commence à s’effriter.

« Les plans sont faits, les demandes sont envoyées, mais on est incapables d’avoir un simple accusé de réception », déplore le directeur général de Waterloo, Louis Verhoef qui ne s’explique pas ce silence de Québec.

Ce dernier souligne que la rue Allen est passante et que son état est « terrible ». « Ça fait deux ans que ce projet devrait être réalisé. Les gens commencent à s’impatienter. »

Prévus au Plan triennal d’immobilisations (PTI) de la municipalité pour l’année 2018, l’aménagement, le drainage et le pavage de la rue Allen n’auront pas lieu cette année. Les travaux visaient un tronçon d’environ 700 mètres sur Allen Est, entre la rue Foster et l’entreprise Excavation C.S. Fulford, ainsi qu’un segment de près de 200 mètres sur Allen Ouest. En vue de ce chantier, la Ville avait prévu un règlement d’emprunt de 569 835 $, à la condition d’obtenir un octroi provincial de 187 221 $.

Le contrat avait même été accordé à la firme Excavation St-Pierre et Tremblay, mais annulé par la suite, faute de réponse dans le dossier.

« Durant l’hiver 2017-2018, j’ai tenté de contacter le Ministère à plusieurs reprises, sans succès », rappelle M. Verhoef. Selon lui, l’administration municipale a finalement été avisée, en mai dernier, que le programme RIRL (Redressement des infrastructures routières locales) était échu, mais qu’il était possible pour Waterloo de se réinscrire au Programme d’aide à la voirie locale. « C’est ce qu’on a fait. Et depuis, on est sans nouvelle. »

Une situation que le maire de Waterloo, Jean-Marie Lachapelle, comprend difficilement. « Je pensais que les élections provinciales accélèreraient les choses, mais non. On est déçus de voir que rien ne bouge. C’est peut-être de la politique interne », risque-t-il comme explication.

M. Lachapelle avait déjà fait mention du dossier à quelques candidats — dont la caquiste Isabelle Charest — lors de la récente campagne électorale. Maintenant que Mme Charest est députée de Brome-Missisquoi, il compte bien la relancer à ce sujet.

Répercussions

D’autant plus que cette situation, soutient Louis Verhoef, a des répercussions sur la réparation d’un petit pont dans la rue Allen Est. Le Ministère aurait d’ailleurs lui-même relevé de nombreuses déficiences à cet endroit. « On a la responsabilité partagée pour cette structure. Mais avant de le restaurer, on doit d’abord obtenir le financement pour la rue. Tout est dans le même plan », lance M. Verhoef.

Le gestionnaire voit le temps filer et doute sérieusement qu’un chantier soit lancé au cours des prochains mois.

Rappelons que l’an dernier, la rue Allen avait été identifiée comme prioritaire dans le Plan d’intervention en infrastructures routières locales commandé par la MRC de La Haute-Yamaska à l’entreprise de génie-conseil WSP. Cette étude dressait un portrait de l’état des routes non numérotées reliant les municipalités de la Haute-Yamaska.

Il n’a pas été possible, mercredi, d’obtenir des explications du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports.

... SAINT-JOACHIM AUSSI

Waterloo n’est pas la seule à faire le pied de grue. La municipalité de Saint-Joachim-de-Shefford est aux prises avec un problème semblable, elle qui espérait mener d’importants travaux dans le 3e rang Ouest cette année. 

Le maire de l’endroit, René Beauregard, explique qu’une première demande a été déposée à cet effet en juin 2017 pour apprendre, un an plus tard, que le programme de subventions n’était plus tout à fait le même.

« En juin dernier, on a donc envoyé une résolution du conseil municipal pour renouveler notre demande. Le Ministère a accusé réception, mais depuis, on n’a aucun retour de sa part. » Et ce, malgré plusieurs tentatives, ajoute le maire.

Le 3e rang était sur la liste des priorités identifiées dans le Plan d’intervention de la MRC de La Haute-Yamaska. Deux ponceaux doivent y être refaits. Le projet est estimé à 265 000 $, conditionnel à cet octroi pouvant atteindre 90 % du montant. 

« Pour quelque chose de prioritaire, disons que c’est spécial. Ce sont des travaux majeurs et on est totalement ignorés. Le Ministère ne daigne même pas nous tenir informés. On oublie ça pour 2018 », fait remarquer M. Beauregard.