Le maire de Granby, Pascal Bonin (à droite), et le député François Bonnardel ont dénoncé en avril dernier la lenteur qui entoure le projet de construction du CHSLD de 176 places.

Réélection de Bonnardel: «J'ai gagné mes élections», dit Bonin

La réélection du député caquiste François Bonnardel dans Granby est assurément une « excellente nouvelle » pour la ville qui est au cœur de la circonscription, estime son maire, Pascal Bonin.

« Je ne me souviens pas de la dernière fois où la ville a été au pouvoir des deux côtés. Je pense que ce n’est pas arrivé souvent », a réagi mardi le maire Bonin.

Vérification faite auprès de la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, la dernière fois s’est produite entre 2000 et 2004. Les libéraux Diane St-Jacques et Bernard Brodeur siégeaient respectivement aux parlements fédéral et provincial alors que leur parti était au pouvoir.

Actuellement, le libéral Pierre Breton représente Shefford à Ottawa.

Quoi qu’il en soit, bien qu’il soit en Europe, où il a participé à une mission des Villes intelligentes, Pascal Bonin dit avoir joint François Bonnardel tôt mardi matin afin de le féliciter pour l’obtention de ce nouveau mandat.

« Ça me rend heureux pour plusieurs raisons, entre autres parce que M. Legault [François] a été le seul chef à passer à Granby [NDLR : en juin dernier, soit avant le début de la campagne électorale]. Je l’ai rencontré lors d’un événement pour le 50e anniversaire du Festival international de la chanson de Granby. Disons que le gouvernement qui était en place avant n’a pas porté une très grande attention à Granby durant les quatre dernières années. Ça a été plutôt très faible », estime le maire.

Autre source de réjouissance pour Pascal Bonin : l’élection d’un gouvernement majoritaire de la CAQ représente aussi la « fin de la dualité des partis ». « C’est un vent d’espoir, un vent de fraîcheur », dit-il.

Allégeances

À une époque, Pascal Bonin ne cachait pourtant pas ses allégeances politiques, qui allaient naturellement vers le Parti québécois, alors qu’il provient d’une famille de militants péquistes. Sa mère, Thérèse Bonin, décédée en 2015, a entre autres œuvré à l’organisation de plusieurs campagnes électorales.

Le maire affirme cependant ne plus voir les choses du même œil depuis quelques années. Il dit entre autres avoir vécu une amère déception. Résultat : « Mon allégeance politique péquiste, ça fait longtemps qu’elle est partie », laisse-t-il tomber.

« Bien au contraire, ajoute Pascal Bonin du même souffle, j’ai gagné mes élections. Et je ne m’en cache pas. »

Il croit d’ailleurs que sa désaffection envers le Parti québécois est en quelque sorte le « reflet » de sa génération. « L’indépendance du Québec ne fait pas partie de ce que je prône », dit-il.

Dossiers chauds

Le maire de Granby dit par ailleurs se réjouir pour François Bonnardel, avec qui il œuvre depuis plusieurs années.

Le duo ne devrait pas manquer de travail, alors que plusieurs dossiers importants sont déjà sur la table. À commencer par celui du futur CHSLD de 176 places. La date butoir pour le dépôt des soumissions a été fixée au 9 octobre, après avoir été repoussée à quelques reprises. En avril dernier, le maire et le député Bonnardel avaient uni leur voix pour dénoncer la lenteur, voire l’immobilisme, qui entoure le projet de construction de cette installation.

L’élargissement de la route 139 et l’obtention d’une plus grande équité dans le financement des services policiers pour les villes de 50 000 à 100 000 habitants figurent aussi parmi les dossiers en cours, selon Pascal Bonin.

Il évoque également la « dualité entre l’Estrie et la Montérégie » sous laquelle est placée la MRC de La Haute-Yamaska. François Bonnardel a d’ailleurs dit vouloir rapatrier la Haute-Yamaska et la ville de Granby sous l’égide de la région administrative de l’Estrie s’il est réélu. « Nos gens sont constamment entre deux chaises. Granby, la MRC, nos organismes : ils méritent mieux que de se faire ballotter de territoire en territoire », a-t-il déclaré en campagne électorale.

BONIN PLUS SI SÛR DE VOULOIR QUITTER...

L’élection de François Bonnardel pour un cinquième mandat d’affilée n’est d’ailleurs pas sans intérêt pour le maire Bonin. « Une cinquième élection, ça fait réfléchir ceux qui disent qu’ils vont peut-être partir trop vite », glisse-t-il. Pascal Bonin a déjà affirmé qu’il ne comptait pas déposer à nouveau sa candidature après le deuxième mandat à la mairie qu’il a obtenu en 2017. Mais ses convictions semblent désormais moins fortes. « C’est une nouvelle qui me fait réfléchir. [...] On est dans les grands projets un peu partout en ville. Quatre ans, ça passe très vite en politique. Mais quand je vois François être si passionné après une cinquième élection, ça me fait réfléchir... », a-t-il reconnu mardi.