Les barquettes de polystyrène extrudé (le fameux plastique no 6), utilisées pour emballer des produits alimentaires, ne sont plus recyclées par Polyform.

Recyclage des barquettes alimentaires: la région perd l'un de ses débouchés

La compagnie Polyform ne recycle plus les barquettes de polystyrène utilisées pour l’emballage de produits alimentaires. Du coup, les citoyens des MRC de La Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi perdent l’un des rares débouchés pour recycler ce matériau, le fameux plastique no 6.

L’entreprise spécialisée dans le recyclage de plastique acceptait les emballages de polystyrène extrudé depuis 2014. Elle a réalisé différents tests au cours des années pour revaloriser ce type de matériau. Toutefois, l’été dernier, Polyform a décidé de mettre un terme à ses essais, cessant dès lors de prendre les barquettes laissées par les citoyens dans les différents écocentres de la région.

« On a fait plusieurs tests. On a réussi à inclure le plastique du polystyrène dans certains de nos produits. Mais ce n’était pas concluant. On préfère se concentrer sur la valorisation de styromousse », a expliqué Steve Dupras, responsable du développement durable chez Polyform.


«  On retrouve [dans notre conteneur] des verres Tim Hortons, des restes du McDonald’s. On a même eu une tondeuse. Et il y a un entrepreneur qui jette des morceaux de béton.  »
Steve Dupras, responsable du développement durable chez Polyform

Outre les difficultés à revaloriser le polystyrène extrudé, l’entreprise faisait également face à des problèmes de souillure des matériaux que lui faisaient parvenir les écocentres de la région. Plusieurs barquettes alimentaires déposées par les citoyens dans les écocentres n’étaient pas nettoyées. Cette contamination rendait impossible leur utilisation dans le procédé de transformation en granules, indique M. Jutras.

Polyform vit des problèmes similaires avec le conteneur installé devant son siège social sur la rue Édouard. Il sert à recueillir les matériaux de polystyrène que les citoyens veulent déposer. Cependant, certains y jettent des matières incompatibles qui contaminent les matériaux de polystyrène. « On retrouve des verres Tim Hortons, des restes du McDonald’s. On a même eu une tondeuse. Et il y a un entrepreneur qui jette des morceaux de béton », déplore-t-il. Les restes alimentaires ont causé des problèmes de vermine, a-t-il ajouté.

L’utilisation du conteneur comme poubelle est semblable à celle que font certains citoyens de leur bac bleu, signale M. Jutras. « On voudrait que tout ce qu’on envoie dans des centres de tri soit recyclé. Mais c’est impossible parce que les gens mettent n’importe quoi. »

Toutes sortes de matières résiduelles étaient jetées dans le conteneur installé devant les installations de Polyform à Granby, contribuant à la contamination des emballages de polystyrène déposés par des citoyens.

En mode solution

À la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi, on cherche une solution pour valoriser les contenants de polystyrène. « On évalue ce qu’on peut faire », indique David Rumsby, directeur général de l’organisme. « On aimerait trouver un débouché. On est ouvert aux idées », a-t-il dit en entrevue.

La Ville de Bromont décidera si elle continuera d’accepter des barquettes de polystyrène à son écocentre, a dit Jérôme Leduc, technicien en génie civil. L’écocentre, opéré un samedi par mois au garage municipal sur la rue du Pacifique Est, rouvrira pour l’année en avril.

Les grands sacs remplis de barquettes que la Ville remettait à Polyform étaient parfois souillés, confirme M. Leduc. « Des fois, ils ne les prenaient pas parce qu’ils avaient de la souillure. »

Outre les écocentres de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi, Polyform avait des ententes d’approvisionnement avec des écocentres à LaSalle et Pointe-Claire à Montréal. L’écocentre de la Régie remplissait en une année l’équivalent d’une remorque de 53 pieds. L’écocentre de Bromont remplissait environ cinq grands sacs par mois.

Les citoyens peuvent continuer d’apporter des matériaux en styromousse (du polystyrène expansé) dans les écocentres, a dit M. Jutras. Polyform les revalorise en les utilisant comme matériaux pour fabriquer notamment des blocs de remblai et des coffrages isolants pour des maisons.

Le recyclage des objets fait de plastique no6 demeure une grande problématique au Québec. Les essais de Polyform pour l’inclure dans la fabrication d’autres produits en plastique avaient suscité beaucoup d’espoir qu’il puisse être détourné de l’enfouissement. Le plastique no 4, du polyéthylène servant à la fabrication de sacs-poubelle et de sacs d’épicerie, est un autre type de plastique qui n’est pas encore recyclable au Québec.