«On veut un contrat de travail qui nous permette de faire notre travail de patron correctement, dit le président du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), Éric Bédard. Nos demandes ne sont pas exagérées.»

Recul dans les négos entre le SEHY et ses deux employées lock-outées

Rien ne va plus dans les négociations entre le Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY) et ses deux employées qu’il a mises en lock-out le 4 juin.

Après plusieurs rencontres et la participation d’un conciliateur, le syndicat-employeur — qui représente près de 1800 enseignants de la commission scolaire du Val-des-Cerfs — a manifesté le souhait de tout reprendre le processus. Les négociations durent depuis 2017.

Les parties avaient pourtant « pratiquement tout réglé » avant l’imposition du lock-out, dit Eugénie Paradis-Charette, vice-présidente aux communications du Syndicat des employées et employés de syndicat et des organismes collectifs du Québec (SEESOCQ), qui défend les deux employées touchées, des secrétaires.

« Ils veulent recommencer au complet à cause du lock-out, dénonce Mme Paradis-Charerette. Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça. Ça traîne et c’est la vie de deux personnes qui est en jeu. »

Le SEESOCQ a déposé une plainte pour négociation de mauvaise foi devant le Tribunal administratif du travail (TAT), qui doit être entendue la semaine prochaine. « Plus ils [le SEHY] étirent ça, plus ils rendent difficile le retour au travail des deux employées. Mais ils disent que ce sont des perles ! »

Pourquoi un lock-out, alors ? Version du SEESOCQ: avec cette « aberration » — les employées concernées n’étaient pas en grève — le SEHY cherche à se venger d’avoir perdu face à lui dans un autre dossier en 2016. Une accusation que réfute le président du SEHY Éric Bédard, qui dit plutôt avoir « trop donné » à ses secrétaires dans le passé en termes de conditions de travail.

« Il faut qu’on corrige ça », avait-il indiqué à La Voix de l’Est en juin.

Congés

Joint cette semaine, M. Bédard a reconnu qu’« on repart ça depuis le début » parce qu’« on est à mille lieues de s’entendre ». « On veut un contrat de travail qui nous permette de faire notre travail de patron correctement. Nos demandes ne sont pas exagérées. » Les congés seraient au cœur de la négociation, dit-il.

Il précise que le SEHY a connu son lot de problèmes depuis 2015 à cause de deux conseillères syndicales qui n’auraient pas bien fait leur travail, et « ça nous a coûté très cher ». C’est justement dans ce dossier que le SEESOCQ, qui contestait l’abolition des deux postes de conseillères syndicales, a eu gain de cause devant le TAT.

« Le lock-out, c’est la pire des solutions, je le reconnais, mais c’est la seule qu’on avait. »

Le SEHY ne compte plus que trois employés-cadres, soit le président, le 1er vice-président Martin Laboissonnière et Sophie Veilleux, trésorière.

De son côté, le SEESOCQ a pu maintenir les employées lock-outées à 75 % de leur salaire grâce à des dons de différents syndicats et de particuliers. Une campagne GoFundMe a aussi été lancée via internet pour leur venir en aide.