«Le gazon est mort, et ils n'ont pas été dédommagés», résume Me Éric Bertrand, qui représente les demandeurs.

Recours pour des pelouses brûlées: le procès s'ouvrira en octobre

Le recours collectif de quelque 220 propriétaires de la région de Granby, dont le gazon a été détruit par un herbicide appliqué par erreur, entre dans son dernier droit.
Dix jours de procès, commençant le 3 octobre, ont été réservés pour cette cause devant être entendue par le juge Charles Ouellet, de la Cour supérieure. Cinq témoins seront présentés par la poursuite, dont l'ex-conseiller municipal de Granby Jacques Gévry, à l'origine du recours.
« Le gazon est mort, et ils n'ont pas été dédommagés », résume Me Éric Bertrand, de CBL et associés avocats, qui représente les demandeurs. Le montant total des réclamations atteint 2,3 M $.
À l'été 2012, des dizaines de propriétaires de terrains ont constaté que leur pelouse avait été « brûlée » après avoir fait affaire avec l'entreprise Arrosage Jean-Guy Tremblay. Le produit utilisé, du Factor 540, est un herbicide trop puissant pour l'usage qui en a été fait.
Le propriétaire de la défunte entreprise soutient que ce produit lui avait été recommandé par son fournisseur, La Coop des Montérégiennes, en remplacement de son produit habituel. Aussi visé par la poursuite, ce fournisseur conteste cette allégation. 
Une troisième entité poursuivie est La Capitale, qui assurait M. Tremblay, mais a refusé de l'indemniser à la suite des dégâts. Tant La Capitale que La Coop des Montérégiennes sont aussi visés par un appel en garantie, soit une contre-poursuite déposée par l'avocat de Jean-Guy Tremblay, Me Benoît Galipeau.
L'assureur « prétend ne pas avoir l'obligation de payer pour les dommages subis par les victimes », indique Me Galipeau, qui ne confirme pas que son client témoignera au procès. « On est en défense. On regarde ce qui se passe », dit-il.
Relâché
M. Tremblay, un Granbyen de 74 ans, a recouvré sa liberté après avoir purgé une partie de sa peine de trois ans et demi de prison pour agression sexuelle de mineurs, une sentence prononcée en 2015. Pour le moment, aucun lien n'a été fait entre le dépôt des accusations criminelles et le mauvais traitement infligé aux pelouses, bien que les deux événements aient eu lieu en 2012.
Des interrogatoires hors-cours ont eu lieu au palais de justice de Granby, mardi, afin d'alléger le débat en prévision du procès. Pas moins de 238 propriétaires étaient inclus d'office dans le recours ; une quinzaine s'en sont exclus.
Le montant total des réclamations a été calculé en fonction d'un coût de remplacement de 10,50 $ le mètre carré de tourbe, explique Me Bertrand. La moyenne des dommages s'élève à 10 000 $ par terrain. En cas de victoire, les gains seront proportionnels aux dimensions des pelouses touchées, et ce sera au tribunal de déterminer quelle est la responsabilité de chacune des trois entreprises visées.