Le directeur de santé publique de l'Estrie, Dr Alain Poirier.
Le directeur de santé publique de l'Estrie, Dr Alain Poirier.

Record de cas positifs en Estrie : Granby considérée comme une «zone critique»

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
L’Estrie enregistre le plus haut nombre de cas positifs en une seule journée depuis le début de la pandémie avec 90 cas répertoriés le 7 novembre, portant le bilan total à 3088.

«Nous avions vu la cadence monter au cours de la dernière semaine avec des données dépassant nos plus grosses journées de la première vague. Tous les groupes d’âge et les secteurs de notre territoire sont touchés, mais nous avons trois zones plus critiques : les secteurs de Val-des-Sources, de Lac-Mégantic et de Granby où de nouvelles mesures plus restrictives ont été mises en place pour freiner la propagation», souligne le directeur de la Santé publique en Estrie, le Dr Alain Poirier.

Le nombre de visiteurs dans les résidences privées pour aînés (RPA) passe de six à deux et des mesures similaires ont aussi été imposées dans les installations qui relèvent du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Dans les CHSLD qui relèvent du gouvernement, seuls les proches aidants sont autorisés et sous certaines conditions. L'ensemble des mesures en place dans les établissements sous la responsabilité de la santé publique sont disponibles ici

«Nous l’avons vu sur notre territoire et ailleurs en province, lorsque le virus s’invite dans une résidence où se trouvent des aînés, les conséquences peuvent être catastrophiques. C’est une mesure normalement associée au palier d’alerte rouge, mais nous l’avons demandée pour éviter d’exposer inutilement les personnes de 70 ans et plus hébergées dans un lieu commun», explique le Dr Poirier.

Le nombre de cas confirmés dans le RLS de la Haute-Yamaska, où se situe Granby, enregistre une hausse de 12 cas, ce qui fait passer le nombre de cas actifs à 115 soit 108,63 pour 100 000 habitants. 


« Je fais appel à nouveau au sérieux des Estriens face à la pandémie. Nous avons bien fait jusqu’à maintenant et nous voulons rester au palier d’alerte orange qui est moins limitatif pour tous, dans les activités de la vie quotidienne. »
Le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique en Estrie

Vers la zone rouge?

Est-ce la fin pour l’exception estrienne qui a su se maintenir en zone orange, alors que les régions voisines ont depuis longtemps tourné au rouge ? «Il est trop tôt pour dire si l’Estrie, ou un secteur de son territoire sont à l’aube de passer au palier d’alerte rouge», indique la porte-parole du CIUSS de l’Estrie-CHUS, Marie-France Thibeault.

Une rencontre entre les directeurs de Santé publique provinciaux et les autorités gouvernementales a lieu chaque dimanche en fin de journée pour discuter de la situation de toutes les régions et les changements de paliers d’alerte sont ensuite annoncés par le premier ministre, poursuit-elle, soulignant que le nombre de cas positifs quotidien n’est pas le seul indicateur qui détermine le changement de couleur. Elle note le nombre d'éclosions en cours, le pourcentage de positivité chez les personnes dépistées et le nombre d'hospitalisations.

«Je fais appel à nouveau au sérieux des Estriens face à la pandémie. Nous avons bien fait jusqu’à maintenant et nous voulons rester au palier d’alerte orange qui est moins limitatif pour tous dans les activités de la vie quotidienne», insiste le Dr Poirier.