Le cardinal fait partie des espèces d'oiseaux que l'on aperçoit de plus en plus dans la région durant le temps des Fêtes en raison des changements climatiques.

Recensement des oiseaux de Noël: une tradition annuelle

Armés de leur longue-vue, de leur calepin et de vêtements chauds, des ornithologues membres du Club d'observateurs d'oiseaux de la Haute-Yamaska (COOHY) ont ratissé la région en quête d'oiseaux, mardi, pour le traditionnel recensement des oiseaux de Noël.
Rachel Papineau-Pepin, Jacques Pepin et Nicole Leblanc ont ratissé Granby à la recherche d'oiseaux, mardi.
Partout en Amérique, des clubs du genre s'organisent pour tenir un tel registre sur les oiseaux qui demeurent sur place pendant la saison froide, entre le 14 décembre et le 5 janvier.
Dans la Haute-Yamaska, le recensement se fait depuis une quarantaine d'années, selon Rachel Papineau-Pepin, administratrice du COOHY. Elle-même parcourt le secteur depuis environ 15 ans à la recherche d'espèces bien connues et de spécimens plus rares.
Sept équipes ont été déployées mardi dans un rayon de 24 km autour du Collège Mont-Sacré-Coeur, qui représente le point central de la zone recensée. Ainsi, Roxton Pond, le parc national de la Yamaska, Bromont, Shefford, Saint-Alphonse-de-Granby, Sainte-Cécile-de-Milton, Saint-Paul-d'Abbotsford et Granby sont tous couverts par le recensement. 
« On fait le tour des gens qui ont des mangeoires et on comptabilise. On a une feuille et on coche les oiseaux, explique Mme Papineau-Pepin, qui sillonne les rues avec son mari Jacques Pepin, et Nicole Leblanc. Dans notre équipe, on devrait voir une trentaine d'espèces. »
Hasard et surprises
Installé dans une voiture, le trio se promène et tente de trouver les endroits les plus propices à l'observation des oiseaux, comme les cours avec des mangeoires. Ils ont leurs classiques, mais le hasard apporte aussi ses surprises aux équipes. « On connait le secteur, mais en se promenant tantôt on a vu passer un grand pic », donne en exemple la passionnée. 
Avec leurs connaissances, ils arrivent aussi à identifier des oiseaux selon leur manière de voler, leur chant ou leur couleur.
Un tel recensement est une initiative de la Société Audubon. « Ça sert à répertorier les oiseaux qui restent ici, ceux qui partent, ajoute-t-elle. On veut voir si c'est le même nombre d'oiseaux, les mêmes espèces qu'on voit ou non. D'année en année, on se rend compte qu'il y a plus de cardinaux, de dindons sauvages et de mésanges bicolores à cause des changements climatiques. » 
Elle est à même de voir une différence dans ses observations depuis le temps qu'elle participe au recensement des oiseaux de Noël (RON). Les populations de tarins des pins et de durbec des sapins, par exemple, changent au fil des années. Les deux espèces ont été aperçues mardi. 
Au terme de la journée, les différentes équipes se sont réunies au Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin pour mettre en commun leurs résultats, qui sont ensuite transmis au Regroupement Québec Oiseaux. Moins d'oiseaux ont été observés que l'année dernière probablement en raison des vents forts et du temps naugeux, selon les responsables de l'activité.