Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Tammy Blackburn, son fils Julien Bartholomew, 13 ans, et sa fille Emilee Bartholomew, 11 ans
Tammy Blackburn, son fils Julien Bartholomew, 13 ans, et sa fille Emilee Bartholomew, 11 ans

Rebondir grâce à la pédiatrie sociale

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
Pandémie oblige, les dons circulant de main en main ne seront pas monnaie courante cette année. Les centres de pédiatrie sociale de la région qui participeront à la guignolée du Dr Julien ont redoublé d’efforts pour se réinventer, et recueilleront des dons en ligne et auprès de commerçants.

Le samedi 12 décembre, entre 9 h et 17 h, plusieurs marchands de Dunham, Bromont, Cowansville, Farnham, Bedford, Lac-Brome et Sutton recueilleront les dons en argent des personnes ayant à cœur le développement du plein potentiel des enfants de Brome-Missisquoi.

« On a mis notre talent créatif à l’œuvre. Oui, cette année c’est différent, mais ça nous permet de développer des liens avec la communauté et de mettre en œuvre des nouvelles idées qu’on va pouvoir reproduire d’une guignolée à l’autre » , rétorque d’emblée Dre Anne Rouleau, médecin de famille au Centre de pédiatrie sociale Main dans la main, qui a également mobilisé la communauté médicale pour la cause.


« On voit une augmentation de la détresse psychologique chez certaines familles [...], mais elles sont très résilientes. Des difficultés, elles en ont vu. »
Catherine Gagnon, pédiatre au CPS de la Haute-Yamaska

Besoins criants

Main dans la main en sera à sa 8e guignolée, alors que le Centre de pédiatrie sociale de la Haute-Yamaska, fondée en 2018, en sera à sa première. Un beau baptême pour le jeune centre, qui répond à de nombreuses demandes d’aide. « On est rendu à 70 enfants suivis et leur famille. On pourrait facilement doubler nos suivis, si on avait les moyens d’ajouter des ressources », mentionne Nathalie Lapierre, directrice générale du CPS de la Haute-Yamaska.

L’argent amassé via le Webothon Guignolée de la Fondation du Dr Julien du 12 décembre restera dans la région et ira directement aux services d’aide aux enfants des territoires de Brome-Missisquoi de Haute-Yamaska, à condition de bien sélectionner le centre de pédiatrie sociale visé lors du processus, dans la section « Montérégie » .

« On a besoin de services adaptés à notre région, aux familles et à la réalité d’ici » , indique Catherine Gagnon, pédiatre et membre fondatrice du CPS de la Haute-Yamaska.

Les fonds serviront à développer de nouveaux projets et à offrir des services directs, en psychoéducation et en ergonomie par exemple, où les besoins sont criants.

Augmentation de la détresse

En l’espace de deux mois, septembre et octobre, le CPS de la Haute-Yamaska a effectué 281 interventions auprès de la communauté, indique Catherine Gagnon.

« On voit une augmentation de la détresse psychologique chez certaines familles qu’on suit, due à la perte d’un emploi, l’incertitude et les changements, mais nos familles sont très résilientes. Des difficultés, elles en ont vu » , poursuit la pédiatre.

Noël demeure une période particulièrement instable pour les familles qui se trouvent en situation de précarité économique. « En plus que là on confine Noël, ça ajoute aux difficultés. Dans ma pratique, je vois une grande augmentation de la détresse psychologique et des idées suicidaires chez les adolescents » , confie Dre Anne Rouleau, qui se fait porte-parole des enfants dans le cadre de cette guignolée.

Dre Anne Rouleau, médecin de famille au Centre de pédiatrie sociale Main dans la main.

La pandémie aura fait ressortir l’importance de la santé psychologique des enfants et des adolescents, ajoute-t-elle. « C’est une cause que les gens ont à cœur. J’ai confiance qu’ils seront généreux. Les enfants, c’est le plus beau cadeau qu’on a comme société. »

« L’amour des enfants nous porte »

Anne Rouleau est catégorique, il ne faut pas hésiter à aller chercher de l’aide si on en sent le besoin. « Personne n’a le goût de montrer ses vulnérabilités. Ce qui fait notre force, c’est l’absence de jugement. Tous les parents aiment leurs enfants, et par amour, ils sont prêts à faire beaucoup de choses. L’amour des enfants nous porte comme société. »

Dans le cadre de cette guignolée, tous les dons peuvent servir. Petit ou gros montant d’argent, mais aussi des livres ou des équipements sportifs en bonne condition. Vendredi dernier, le CPS Main dans la main est allé porter tuques, foulards et petits cadeaux à plus de 80 familles pour leur dire qu’ils « pensent à eux » et « qu’ils vont toujours être là » .

L’an passé, le centre avait d’ailleurs amassé un montant de 40 000 $, qui a servi à soutenir ses activités et services auprès d’enfants vulnérables.

« C’est une cause que j’ai à cœur, de dire Dre Rouleau. Je le vois sur le terrain la différente que ça fait, à quel point le centre aide ces familles. Je m’investis autant parce que j’y crois. J’encourage les gens à donner au meilleur de leurs capacités. »

«ÉNORMÉMENT DE SOUTIEN ET BEAUCOUP D'AMOUR»

Sans l’aide apportée par le Centre de pédiatrie sociale Main dans la main, Tammy Blackburn serait toujours dans sa « descente aux enfers » . « J’ai perdu la garde de mes enfants après une épreuve difficile. J’ai eu énormément de soutien et beaucoup d’amour de leur part, ils m’ont accompagné à travers tout le processus. Leur travail fait toute la différence dans la vie de quelqu’un. » 

Cette mère de Cowansville, qui a retrouvé la garde de son fils de 13 ans et de sa fille de 11 ans en 2018, est maintenant sur une pente ascendante, et vient tout juste d’obtenir un poste d’adjointe à la direction du Centre d’action bénévole de Cowansville.

« Je pensais que je resterais mal toute ma vie, mais non, il y a des solutions qui existent. On a l’impression que parce qu’on demande de l’aide, on est un mauvais parent. Mais au contraire, un bon parent, ça se remet en question et va chercher des ressources. Être parent, ça vient pas avec un mode d’emploi, mais le centre de pédiatrie, c’est ce qui s’en rapproche le plus ! »