En préparation depuis quelques années, le projet de réaménagement du centre-ville sera appelé à se déployer en trois phases, échelonnées entre les mois d’août et de novembre, en 2020, 2021 et 2022.
En préparation depuis quelques années, le projet de réaménagement du centre-ville sera appelé à se déployer en trois phases, échelonnées entre les mois d’août et de novembre, en 2020, 2021 et 2022.

Réaménagement du centre-ville de Granby: craint par certains, salué par d’autres

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Le chantier annoncé du centre-ville de Granby, dont la première phase sera lancée en août, continue à susciter des réactions partagées chez les commerçants. Certains le craignent ou n’y croient pas du tout ; d’autres le saluent.

« Les rénovations ne nous aideront pas, mais c’est un mal nécessaire. Il faut qu’ils remplacent les tuyaux », laisse tomber le bijoutier Mario Brouillette.

En préparation depuis quelques années, le projet de réaménagement du centre-ville sera appelé à se déployer en trois phases, échelonnées entre les mois d’août et de novembre, en 2020, 2021 et 2022. Il vise d’abord et avant tout à renouveler les infrastructures souterraines, mais l’occasion a été saisie pour revoir l’image du centre-ville. En plus de nouveaux aménagements, une piste cyclable sera ajoutée rue Principale, entre l’église St-Georges et la rue Saint-Hubert. Les coûts totaux estimés du projet oscillent entre 20 et 25 millions $.

Avant d’ajouter une piste cyclable rue Principale, l’administration municipale devrait plutôt s’attarder à densifier le secteur résidentiel au centre-ville, ce qui serait profitable aux commerces locaux, estime M. Brouillette, qui a présidé la défunte société de développement commercial du centre-ville et a siégé sur le comité de travail consultatif de l’actuel projet de réaménagement.

« Il faut que la Ville travaille pour ramener du monde au centre-ville et qu’il y ait plus d’activités, pas juste au parc Daniel-Johnson. C’est trop tranquille », estime pour sa part la propriétaire de la boutique Pignon sur rue, Megan Proulx.

La propriétaire de la boutique Pignon sur rue, Megan Proulx, estime que davantage d’initiatives pour attirer des gens au centre-ville devraient être mises en oeuvre.

Selon elle, ce n’est pas un accès plus facile pour les cyclistes au centre-ville qui va générer une augmentation d’achalandage dans les commerces. Les restaurants en profiteront peut-être, croit-elle, mais pas forcément l’ensemble des commerces.

Sa boutique ouverte depuis six mois rue Principale, la propriétaire d’Exception-Elle, Sylvia Brax, ne cache pas sa déception. Les affaires ne sont pas à la hauteur de ses attentes.

« Ce n’est même pas 25 % de ce que je m’attendais », déplore celle qui a reçu une subvention de la Ville pour l’ouverture de son commerce. « Ça aide, mais ça n’amène pas les clients dans la boutique », laisse tomber Sylvia Brax.

Pas désert

« Je sais que ce n’est pas évident (le commerce de détail). On n’est pas les seuls dans cette situation-là. Je vais participer à un congrès à Québec qui porte justement sur les rues principales et les coeurs villageois. Mais je pense que ce qui s’en vient au centre-ville va amener un nouveau souffle, ne serait-ce qu’avec l’aménagement de la place du marché et de la place Jean-Lapierre. Je pense que ça va inciter les gens à fréquenter le centre-ville », affirme la codirectrice générale de Commerce Tourisme Granby Région (CTGR), Fanny-Ysa Breton.

S’il n’en tient qu’à Martin Laliberté, copropriétaire du Louis’ Pub, le centre-ville de Granby est loin d’être désert.

Mais s’il n’en tient qu’à Martin Laliberté, copropriétaire de Louis’ Pub, le centre-ville est loin d’être « désert ». Le pub qu’il a ouvert l’an dernier à l’angle des rues Principale et Court fonctionne au-delà de ses attentes. « Je ne peux pas me plaindre. On a une belle clientèle. Les gens se déplacent pour venir chez nous. On est agréablement surpris chaque semaine. On est rendu à 25 employés. C’est plus que ce qu’on avait prévu dans notre plan d’affaires », affirme-t-il.

Martin Laliberté ne s’attend pas à ce que le chantier de réaménagement de centre-ville soit une période facile, mais il est confiant. « Ceux qui vont rester vont être plus forts. Et c’est beau ce qu’ils veulent faire », dit-il.

« Ça ne me fait pas peur. Je vois juste du positif à tout ça », lance pour sa part la propriétaire de la boutique de lingerie Les tiroirs secrets, Joanne Brideau. En opération depuis 20 ans, elle affirme avoir traversé différentes époques. Mais sa clientèle n’a jamais cessé de croître. Et un centre-ville renouvelé ne manquera pas de se faire plus attractif au terme des travaux, croit-elle.

Joanne Brideau souligne par ailleurs le travail effectué par la Ville, CTGR et la chambre de commerce locale pour préparer les commerçants aux années de chantier à prévoir. « Ça fait deux ans qu’ils nous en parlent. Il y a eu des formations. Ils sont très actifs », dit-elle.

Confiants

Le président de CTGR et conseiller municipal, Alain Lacasse, dit être conscient des craintes et réticences de certains commerçants, mais il croit que, de façon générale, le chantier est bien perçu par une majorité d’entre eux.

Chacune des phases de travail sera divisée en sous-phases, fait-il valoir, de façon à nuire le moins possible aux commerçants. Ceux-ci sont en outre rencontrés individuellement pour discuter du projet.

Selon Alain Lacasse, une attention particulière est aussi apportée à la question du stationnement. Certains commerçants critiquent le retrait d’environ la moitié des espaces de stationnement rue Principale (qui représentent 2,5 % des cases totales) pour permettre la réalisation de nouveaux aménagements et l’ajout de la piste cyclable. « Il n’y a pas un problème d’espaces. Il y en a des cases en arrière-lot. C’est plus une question de gestion des espaces. On travaille à trouver des solutions », dit-il.

« La beauté, c’est que, comme c’est en trois phases, ça nous permet d’aider tout le monde à se préparer. On va s’ajuster selon ce qu’il va se passer durant la première phase. Les formations vont se poursuivre. Le bureau de l’agent de liaison va ouvrir. Tout le monde travaille fort pour que ça marche », assure pour sa part Fanny-Ysa Breton.