À la suite de l’accident de vélo qui l’a rendu paraplégique, William Bourassa a repris le vélo de montagne. Il se rendra dans l’Ouest canadien cet été avec sa blonde et deux amis pour faire du vélo et réaliser un documentaire.

Réaliser ses rêves

Dès les premières secondes qui ont suivi son accident de vélo, William Bourassa savait que sa vie ne serait plus la même. Ce saut qu’il a raté dans un sentier de Bromont l’a rendu paraplégique. Malgré son handicap, il n’a jamais renoncé à sa passion pour le vélo de montagne. En compagnie de sa blonde et de deux amis, il traversera même le pays à la conquête des montagnes de l’Ouest canadien pour y faire du vélo et tourner un documentaire pour démontrer que, malgré un handicap, tout est possible.

Planche à roulettes, planche à neige, vélo de montagne, trottinette à neige, motocross. : William Bourassa a toujours été un mordu de sports extrêmes. « J’aimais tellement ça les sports extrêmes, surtout le vélo », raconte-t-il.

Sa vie a toutefois basculé le 29 août 2015. Cette journée-là, après avoir participé à une course B-Maaxx à Bromont, il a poursuivi sa journée avec quelques descentes. Il a raté un saut et est passé par dessus les poignées de son vélo. Il a atterri tête première sur le sol. Sa colonne vertébrale s’est compressée et deux vertèbres se sont fracturées. Sa moelle épinière a été atteinte.

« Au moment de l’impact, je déboulais et je n’avais plus de jambe, raconte le cycliste âgé de 30 ans. Je le savais. La première affaire que j’ai dit à mon ami c’est que j’allais être handicapé toute ma vie. »

Le verdict est tombé : paraplégie. Il a subi une opération majeure au dos pour réparer des vertèbres et fixer des tiges de chaque côté de sa colonne vertébrale.

Retour en piste
Deux semaines après l’intervention chirurgicale, alors qu’il était toujours hospitalisé, il surfait déjà sur le net pour se dénicher un nouveau vélo. « Avant mon handicap, j’avais vu une vidéo d’un gars paraplégique qui faisait de la descente dans l’Ouest canadien avec un vélo adapté pour lui. Je le trouvais vraiment hot le gars », se souvient ce résidant du Centre-du-Québec.

Personne ne voulait le revoir sur un vélo. À l’exception d’Andréanne, sa blonde et complice des 16 dernières années. « Personne trouvait que c’était une bonne idée à part elle, dit-il. Le vélo, c’est complet comme sport. C’est autant mental que physique. J’ai besoin de ça pour vivre. Il y en a qui s’accomplissent dans leur travail, moi je m’accomplissais là-dedans. C’était important pour moi de continuer. Et j’ai bien fait parce que ça m’apporte plein de belles choses. »

Grâce à la Fondation des sports adaptés, William Bourassa a été initié au ski nautique.

Un an après son accident, il était de retour en piste avec son nouveau vélo acheté en Pologne. Soudeur et mécanicien de formation, il l’a modifié et adapté à sa condition.

En plus de reprendre le vélo, il a été initié au ski nautique et au ski alpin grâce à la Fondation des sports adaptés. Ne soyez pas surpris de le croiser à Mont Sutton, à Bromont, montagne d’expériences ou au Massif du Sud, des terrains de jeu qu’il apprécie.

Des fous heureux réalisent un rêve
William Bourassa a même participé à deux Coupes du Québec en vélo de montagne l’été dernier. Il a été le premier athlète paraplégique à prendre part à cette compétition.

Sa participation l’a convaincu qu’il serait capable de réaliser son rêve : descendre à vélo les montagnes de l’Ouest canadien, notamment à Whistler. Et c’est avec sa blonde et ses amis Jean-François et Sébastien, qui forment le groupe des Fous heureux, qu’il vivra ce rêve. « Ça s’appelle les Fous heureux parce que ça prend des méchants fous pour me suivre, raconte-t-il en rigolant. On se ramasse dans des situations assez cocasses ! »

Sa blonde et lui ont acheté un vieux véhicule récréatif qu’ils ont retapé et à bord duquel ils prendront la route le 20 juillet prochain en direction des rocheuses. Des arrêts sont notamment prévus à Kicking Horse et Sun Peaks pour faire du vélo de montagne.

Leur voyage les mènera aussi sur les plages de Tofino. « Il y a une école de surf adapté là-bas. C’est une planche avec une pagaie de kayak et tu es capable d’aller chercher la vague et la surfer », explique-t-il.

Ce périple d’une durée d’un mois sera l’occasion de réaliser un documentaire pour faire découvrir ce paradis du vélo de montagne, mais aussi « pour montrer à tout le monde, et surtout les personnes souffrant d’un handicap, qu’il ne faut pas avoir peur de foncer et surtout, ne jamais abandonner ses rêves », explique-t-il sur la page Facebook des Fous heureux.

Depuis qu’il a raconté son histoire et mis en ligne des vidéos de ses prouesses sportives, notamment sur sa chaîne YouTube-William Bourassa, il a atteint 226 000 personnes sur Facebook. « C’est intense ! », qualifie-t-il.

D’ici leur départ, les Fous heureux poursuivent leur recherche de commanditaires pour financer la production du documentaire.