Un rapatriement complet de la région en Estrie lui donnerait par ailleurs davantage de pouvoir, croit François Bonnardel.

Rapatrier Granby en Estrie

Advenant sa réélection, le député sortant de Granby François Bonnardel rapatrierait la ville et la MRC de La Haute-Yamaska sous l’égide de la région administrative de l’Estrie.

« Ça ne peut plus continuer, a martelé le candidat caquiste lors d’un bref point de presse, mardi matin. C’est un contexte qui dure depuis des années et où nos gens sont constamment entre deux chaises. Granby, la MRC, nos organismes : ils méritent mieux que de se faire ballotter de territoire en territoire. »

Au fil des années, les dossiers locaux sont tombés sous la juridiction d’une région ou d’une autre, selon leur nature. Ainsi, les enjeux granbyens en transport, en sécurité publique, en tourisme et en justice, pour ne nommer que ceux-là, relèvent de la région de l’Estrie ; en ce qui a trait à l’agriculture, l’emploi et la solidarité sociale, la culture, l’économie et l’éducation, il faut plutôt se référer à la région de la Montérégie. Le tout a culminé avec la réorganisation du système de santé, alors que les services de Granby ont été ramenés en Estrie en 2014.

En conséquence, tant les élus que les représentants des organismes de Granby et de la Haute-Yamaska ne savent plus à qui s’adresser pour faire cheminer leurs demandes, rendant les processus beaucoup plus difficiles et fastidieux. « Nos gens doivent souvent siéger aux tables des deux régions pour faire valoir leurs intérêts », déplore M. Bonnardel.

En découlent aussi des « dédoublements administratifs qui coûtent une fortune » et qui font perdre du temps à tout le monde. « On a des organismes qui se font dire par une direction régionale qu’ils ne peuvent pas avoir 100 % de leur financement, car ils servent des gens de l’autre région, et vice-versa, relève M. Bonnardel. C’est d’une complexité hallucinante et les directions régionales se lancent la balle. On ne peut pas y aller à la pièce et je n’accepte pas qu’on nous oublie. »

Une voix plus forte

« Actuellement, c’est comme si on entrait dans la maison de l’Estrie et qu’on se faisait dire : venez nous voir, mais ne vous assoyez pas à la table avec nous, renchérit-­il. Si on entre complètement en Estrie, on pourra s’asseoir nous aussi et avoir notre mot à dire. »

Un rapatriement complet de la région en Estrie lui donnerait par ailleurs davantage de pouvoir, croit le porteur du dossier. « Actuellement, on a un peu moins de 90 000 habitants dans la MRC de La Haute-Yamaska, ce qui représente en poids démographique, environ 5 % de la Montérégie, illustre M. Bonnardel. Si on passait en Estrie, notre poids serait de 21 %, car la population y est d’environ 322 000 résidants. On aurait une force beaucoup plus grande. »

L’annexion de la Haute-Yamaska à l’Estrie serait un gain pour cette région administrative, ajoute-t-il. « Avec nous, leur population dépassera les 400 000 personnes. L’Estrie gagnerait en poids elle aussi. »

Par ailleurs, François Bonnardel estime que, comme lui, la population de Granby s’identifie davantage à la région de l’Estrie qu’à la Montérégie. « Je me reconnais pas mal plus dans les gens de Brome, de Magog ou d’Orford que dans Vaudreuil-Dorion », clame-t-il.

Ne reste qu’à mettre le processus en branle au lendemain de l’élection pour corriger le tir. « Il ne faut que la volonté d’un gouvernement pour y mettre un terme une fois pour toutes, croit le candidat de la Coalition avenir Québec. Les dédales administratifs, je m’arrangerai avec ça. »