Comme l’intimée était membre durant la période où les infractions ont été commises et parce que cela « heurte les valeurs fondamentales d’intégrité et de confiance qui se rattachent à l’exercice de la profession d’infirmière », le conseil de discipline s’est rallié à la position de la syndique de l’OIIQ.

Radiation hypothétique pour une infirmière

Le conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a radié temporairement une de ses anciennes membres après qu’elle ait été reconnue coupable d’avoir falsifié des prescriptions pour son bénéfice personnel.

Cette radiation d’un mois ne prendra toutefois effet que si Isabelle Bérard se réinscrit au tableau de l’ordre. Elle devra par ailleurs payer les déboursés de sa cause d’ici un an, un montant de 542 $.

En août 2016, la dame avait plaidé coupable en chambre criminelle d’avoir contrefait une prescription médicale à 16 reprises afin d’obtenir illégalement, dans des pharmacies de Saint-Césaire, Saint-Hyacinthe, de Magog et de Sherbrooke, des narcotiques analgésiques pour soigner les douleurs qui l’accablaient. Ce faisant, elle a été condamnée à purger une peine d’emprisonnement de six mois dans la collectivité, assortie d’une ordonnance de probation et d’un couvre-feu.

L’audition de la plainte, visant à déterminer les sanctions professionnelles découlant du verdict de culpabilité, devait initialement se dérouler en décembre 2017. Or, la séance a été reportée à plusieurs reprises, pour n’avoir finalement lieu qu’un peu avant les Fêtes.

La syndique adjointe de l’OIIQ réclamait trois mois de radiation puisqu’à ses yeux, il y avait un lien direct entre l’infraction criminelle commise et l’exercice de la profession d’infirmière de l’intimée. Celle-ci estimait plutôt que comme elle n’a pas agi en tant que membre de son ordre ni dans le cadre de son travail, il s’agit d’un dossier à caractère personnel qui n’a pas à affecter sa vie professionnelle.

Or, comme elle était membre durant la période où les infractions ont été commises, c’est-à-dire entre décembre 2015 et mai de l’année suivante, et parce que cela « heurte les valeurs fondamentales d’intégrité et de confiance qui se rattachent à l’exercice de la profession d’infirmière », le conseil de discipline s’est rallié à la position de la syndique.

Le conseil a par ailleurs tenu compte du fait que l’infirmière a été trouvée coupable d’une seule infraction, mais commise à plusieurs reprises, d’une certaine gravité et de manière planifiée, de l’absence d’antécédents à son dossier, du fait qu’elle a suivi une thérapie de six mois pour traiter sa dépendance, qu’elle n’a pas tiré profit des médicaments obtenus et qu’elle n’a pas compromis la sécurité de patients ou du public pour lui imposer une radiation temporaire d’un mois.

Mme Bérard, qui a obtenu son permis d’exercice en 2002, n’a pas renouvelé son inscription au tableau de l’ordre depuis avril 2016.