Alain Lussier, du Centre de jardinage de Granby, explique comment traiter les vers blancs, phénomène épidémique de la région.

Quoi faire avec les vers blancs ?

De nombreux citoyens se sont rendus dans les centres de jardinage en cette fin de semaine ensoleillée, mais plusieurs y allaient pour régler un problème : la présence de vers blanc dans les pelouses est un phénomène épidémique cette année en Estrie et en Montérégie.
Une pelouse ravagée par les hannetons, ou vers blancs.
« Le plus gros problème, c'est le hanneton européen », explique Alain Lussier, du Centre de jardinage de Granby. « Ce sont des importateurs qui n'ont pas fumigé leurs palettes, et là des insectes nuisibles sont arrivés. Il y en a beaucoup sur la Rive-Sud, sur la Rive-Nord et à Montréal, mais depuis quelques années ils se sont acclimatés au climat du Québec et ils commencent à s'éloigner », poursuit-il.
Il souligne que ces hannetons européens causent plus de dommages que ceux d'ici, notamment le hanneton commun, aussi appelé communément barbeau, dont le cycle de vie est différent.
« Celui-là [le hanneton européen] a un cycle de vie de un an. Les adultes pondent leurs oeufs en juin-juillet, et les oeufs éclosent à la fin de l'été. S'il n'est pas traité, il va descendre dans la terre en hiver, et au printemps, il va commencer à manger les racines », explique M. Lussier.
Le problème, c'est qu'on ne peut pas vraiment les traiter au moment où ils font du dommage. « Ça commence à être problématique au printemps, mais il n'y a pas de traitement qui est possible tant que la terre n'a pas une température de 12 ou 13 degrés », explique l'expert.
Le meilleur temps pour traiter les pelouses atteintes, c'est de mi-août à fin septembre. C'est au courant de l'été que le vers blanc se transforme en barbeau, ce qui est dommageable notamment pour les feuilles. 
« Ce qui est très important, et c'est ça qu'on essaye de dire à nos clients, c'est de faire le traitement du mois d'août », souligne M. Lussier.
Les solutions
Pour régler le problème, il est possible de passer par la méthode naturelle ou la méthode chimique. Mais pour Alain Lussier, il est préférable de choisir la première option.
« Le traitement chimique traite les oeufs et les jeunes larves, et il peut se faire au mois de juin. Mais c'est un des insecticides qui est néfaste pour les abeilles, qui pollinisent les fleurs, les fruits et les légumes. J'aime mieux la méthode naturelle ». 
L'option naturelle passe par l'utilisation de nématodes, un autre type de vers, plus petit. « Il faut les appliquer en août, quand les vers blancs sont développés et d'une certaine grosseur. Les nématodes entrent dans les vers blancs et les mangent de l'intérieur jusqu'à ce qu'ils meurent. Il y a deux types de nématodes. Certains sont actifs, et vont donc se déplacer un peu et, les autres, passifs, entrent à l'intérieur du vers blanc quand il passe proche », explique-t-il.
Pour les barbeaux, on doit les piéger, mais à une certaine distance des plantes que l'on veut protéger. « On ne met pas un piège près des rosiers, parce que ça va en attirer autant que ça va en piéger », fait remarquer M. Lussier.
« On peut mettre aussi des plantes, comme du géranium. Ils vont y goûter, et il y a une substance dans le géranium qui fait que l'insecte paralyse et tombe par terre, alors les oiseaux peuvent venir les manger ou on peut simplement les ramasser nous-mêmes », ajoute-t-il.
Il importe de mentionner que le traitement naturel peut se faire au printemps, mais que les résultats peuvent varier, principalement à cause de la température du sol qui est parfois trop froide pour que celui-ci soit efficace.
Les larves du hanneton, que l'on nomme vers blancs, vivent dans le sol et mangent des racines, ce qui endommage les pelouses.
Le hanneton et les vers blancs en bref
Les larves de hannetons et de scarabées, dites vulgairement vers blancs, sont des ravageurs fréquents des racines de graminées dans les pelouses et pâturages. Au début, leur présence se manifeste par des symptômes s'apparentant à ceux d'un stress causé par la sécheresse.
Au fur et à mesure que les larves s'alimentent, des zones de pelouse commencent à flétrir et à brunir. Là où leur nombre dépasse cinq à dix unités par 0,1 m2 (1 pi2), on trouve des plaques de pelouse morte. Une pelouse qui a été endom-magée par des vers blancs se détache facilement du sol; ses racines ayant été dévorées, elle se trouve privée de son ancrage au sol.
Il arrive souvent que mouffettes et autres petits mammifères soulèvent la pelouse pour se nourrir des larves. On répare ces dégâts secondaires, habituellement plus graves que les dommages causés par les larves, en remplaçant la pelouse, en la tassant ou, en passant un rouleau et en l'arrosant bien.
Dans certaines parties de l'Est du Canada, trois espèces de vers blancs peuvent infester les pelouses: le hanneton européen, le hanneton commun et le scarabée japonais. Le plus courant est le hanneton européen. Originaire d'Europe, ce hanneton a envahi une bonne partie du sud de l'Ontario et du Québec.
Une autre espèce, également introduite, est le scarabée japonais. Les larves de ces deux espèces causent des dommages considérables aux pelouses. Le stade adulte du scarabée japonais est par ailleurs un ravageur important d'un grand nombre d'arbustes et d'arbres fruitiers et ornementaux.
Source: www.omafra.gov.on.ca