Quelque 625 entreprises manufacturières dans le bassin versant de la rivière Yamaska seront invitées à remplir un questionnaire sur leur consommation d’eau. Des mesures réalistes leur seront proposées pour réduire leur consommation.

Quelque 625 manufacturiers interpellés pour réduire leur consommation d'eau

L’économie d’eau en milieu industriel et la réduction des polluants dans les eaux usées produites par les entreprises manufacturières sont au cœur du nouveau projet de l’Organisme de bassin versant de la Yamaska (OBV).

Le projet intitulé Rékeau prévoit dans un premier temps d’inviter 625 entreprises manufacturières du bassin versant de la rivière Yamaska à participer à un sondage en ligne interactif portant sur leur utilisation de l’eau, dès le début du mois de juin. Leurs réponses aux 26 questions les aideront à cibler des « mesures réalistes » à mettre en place pour réduire leur consommation, explique Lou Paris, chargée de projet à l’OBV Yamaska.

Les entreprises participantes pourront signer un engagement moral à améliorer leur bilan de consommation, a indiqué Mme Paris. Cinq prix en argent et en consultation professionnelle seront remis afin d’accompagner les entreprises gagnantes pour qu’elles mettent en place un plan de réduction de leur consommation d’eau. L’objectif est que l’ensemble des entreprises du bassin versant réduise de 6 millions de litres par année sa consommation.

Notons que le questionnaire sera accessible à toutes les entreprises, commerciales ou manufacturières, qui souhaitent évaluer où elles se situent en matière de consommation d’eau, a dit Mme Paris. Les entreprises intéressées pourront consulter une carte interactive pour déterminer si elles se trouvent dans le bassin versant de la Yamaska.

Eaux usées

Le deuxième volet du projet Rékeau aura lieu sous la forme d’un salon spécialisé dans le traitement des eaux usées des entreprises manufacturières. L’événement, qui devrait avoir lieu au début de l’automne, réunira des firmes spécialisées dans le traitement des eaux usées. Il vise à informer les dirigeants des entreprises manufacturières des systèmes et procédés permettant d’améliorer la qualité de leurs effluents industriels.

« Il y a beaucoup de produits et de services qui existent pour mieux gérer les eaux usées des entreprises. Nous voulons qu’elles aient ces informations. Ça va être une belle vitrine d’échange », signale Mme Paris.

Ce volet du projet, souligne-t-elle, fait suite aux résultats publiés en 2017 d’une étude du ministère de l’Environnement qui recensait plusieurs contaminants chimiques, appelés émergents, dans les rivières Yamaska Nord à Granby, Yamaska Sud-Est à Cowansville ainsi que Le Renne à Acton Vale. Ces nouveaux polluants, détectés en 2010 et 2011, ont des effets sur la qualité de l’eau des cours d’eau étudiés et affectent aussi la santé des poissons et des piscivores. Ces polluants proviennent de procédés industriels et sont relâchés dans les égouts municipaux. Les usines municipales d’épuration des eaux usées ne sont pas conçues pour traiter ces produits chimiques, d’où les impacts sur les milieux récepteurs des eaux traitées.

Refus de subventions

L’OBV aurait aimé explorer ce dossier davantage, entre autres choses pour tenter de remonter aux sources de ces contaminants chimiques. L’organisation a cependant essuyé des refus de financement de la part des gouvernements provincial et fédéral.

Le dernier volet du projet Rékeau porte sur le partage des données et des connaissances des réseaux d’égout des municipalités, notamment quelles entreprises sont desservies. L’OBV s’affaire à colliger les informations sur ces réseaux. Elles seront regroupées dans des cartes interactives accessibles à tous, dit Mme Paris.

L’OBV Yamaska a reçu une subvention de 150 000 $ de la part des caisses Desjardins de la région pour ce projet. Une vingtaine de municipalités du bassin versant ont également octroyé des subventions à l’organisme.