Interpellé en Chambre, le ministre François Blais avait démontré une certaine ouverture à assumer temporairement les frais de thérapie de la clientèle autochtone, il y a deux semaines.

Québec assumera temporairement les frais de thérapie des détenus autochtones

En attendant d'en venir à une entente avec Santé Canada, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale du Québec (MESS) accepte d'assumer la facture des frais de thérapie de longue durée pour les autochtones vivant sur une réserve.
Le directeur général du centre L'Envolée, Nicolas Bédard, accueille positivement la solution temporaire proposée par Québec.
« On pense toujours que c'est le fédéral qui doit assumer, mais on va payer d'ici à ce qu'une entente soit conclue avec Santé Canada », a indiqué Simon Laboissonnière, attaché politique du ministre François Blais. 
Interpellé en Chambre, ce dernier avait démontré une certaine ouverture en ce sens, il y a deux semaines. 
Rappelons qu'un jeune autochtone, Detwin Curleyhead, est demeuré détenu pendant trois semaines parce que ni Québec ni Ottawa ne voulaient défrayer les coûts de sa réhabilitation au Centre L'Envolée, à Shefford. C'est que la thérapie ordonnée par un juge au jeune père de famille se trouve pour sa part en dehors de la réserve où il demeure. D'autres autochtones ayant débuté leur thérapie ont dû l'abandonner, faute de financement. Certains ont aussi dû être refusés par les centres qui ne savaient pas à qui refiler la facture.
Devant le flou juridictionnel de la situation, la Commission de santé et de services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador avait lancé un comité de négociation en partenariat avec le MESS, Santé Canada et le ministère fédéral des Affaires autochtones, pour ne nommer que ceux-là. Entre temps, l'Envolée avait choisi d'accueillir M. Curleyhead à ses frais, jugeant la situation inacceptable.
Santé Canada confirme de son côté être toujours en pourparlers avec Québec, mais il serait « prématuré de parler d'avancement dans le dossier » puisque plusieurs détails restent à déterminer avant d'en venir à une entente ferme, a fait savoir Maryse Durette, conseillère principale aux relations avec les médias. 
Une mesure bien accueillie
Mis au fait par La Voix de l'Est vendredi, le directeur général du centre de thérapie accueille positivement la solution temporaire proposée par Québec. « On est très satisfaits de savoir que le MESS va prendre le relais. Ça va fonctionner de la même façon qu'avec notre clientèle régulière. On n'aura qu'à envoyer la facture au ministère », explique Nicolas Bédard.
Les communications avec le MESS sont également plus fluides depuis que le dossier a progressé, ce que le directeur juge « encourageant », étant donné que le centre doit régulièrement transiger avec lui.
M. Bédard est impatient de connaître la stratégie de Santé Canada pour la suite des choses. « On connaît le per diem versé aux centres des Premières Nations, note-t-il. Quand on recevra le plan de match, on va s'assurer que ce qu'ils nous offriront sera équitable par rapport à ce qui est offert ailleurs- au Canada. »
Autres cas
Advenant de nouveaux cas, M. Laboissonnière a indiqué que le MESS couvrirait également les frais de thérapie en attendant la conclusion du dossier. Il n'a toutefois pas spécifié si le remboursement des sommes avancées par Québec faisait partie des modalités de la négociation en cours avec Santé Canada.
Déjà, indique M. Bédard, un autre centre dans les Laurentides était sur le point d'accueillir un pensionnaire autochtone dans la même situation que M. Curleyhead.
Les ressources devront se préparer, car quand ils sauront qu'une solution existe, d'autres détenus autochtones pourront se prévaloir de la thérapie. « On s'attend à recevoir des demandes », anticipe le directeur de l'Envolée.
Quant à M. Curleyhead, sa thérapie se déroule bien, a indiqué M. Bédard. « Il est toujours très motivé », a-t-il renchéri.