On voit ici la coordonnatrice du projet biologie et environnement au sein de l’ACBVLB, Élisabeth Groulx-Tellier lors d’un test de qualité de l’eau du lac. Elle est en compagnie de son assistant, Sébastien Fortin.

Québec accorde 150 000$ pour la réhabilitation du lac Bromont

Le suivi à moyen terme du projet de restauration du lac Bromont pourra aller de l’avant. Québec vient d’accorder pour cette seconde étape de l’initiative une subvention de 150 000$ émanant du ministère de l’Économie et de l’Innovation.

« On peut aller beaucoup plus loin avec la phase 2 du projet. Ça va nous permettre d’analyser les impacts du traitement pour nous assurer de sa pérennité », a indiqué en entrevue Élisabeth Groulx-Tellier, coordonnatrice de projet biologie et environnement au sein de l’association Action conservation du bassin versant du lac Bromont (ACBVLB).

En fait, le projet de longue haleine a connu un dénouement positif à l’automne 2017. La municipalité de Bromont a alors marqué une page d’histoire en lançant l’opération de réhabilitation du lac, pour laquelle elle a investi initialement 600 000$. 

Les analyses faites après l’épandage dans le plan d’eau de
174 tonnes de Phoslock, un composé unique à base d’argile contenant du lanthane servant à neutraliser le phosphore à l’origine de l’apparition de cyanobactéries, ont démontré que la démarche est jusqu’ici couronnée de succès. Or, le projet pilote requiert un suivi sur cinq ans. 

Par ailleurs, l’initiative pourrait faire des petits à travers la province, voire ailleurs au pays, a fait valoir Élisabeth Groulx-Tellier. « Ça va permettre de documenter toute la démarche pour les autres associations de lacs, les MRC et les municipalités qui voudraient faire des projets de restauration, principalement avec le Phoslock. »

Apports

Outre le suivi de la qualité de l’eau, la subvention de 150 000$ consentie par le gouvernement provincial sera principalement dédiée à l’évaluation d’apports de substances nuisibles au lac Bromont. 

« C’est très important d’avoir un portrait des charges en phosphore qui arrivent des ruisseaux qui se déversent dans le lac. Après, on pourra cibler des actions précises. »

À ce chapitre, des équipements spécialisés seront installés au cours des prochains jours dans quatre ruisseaux tributaires: le Petit galop, qui part du site équestre olympique et qui se connecte à la plage municipale, la Coulée du Rocher, qui prend sa source dans la montagne, les Cervidés et le plus important en terme de taille, le ruisseau Wright.

Durant l’hiver, les échantillons seront prélevés manuellement. La poursuite des tests au printemps et pendant la saison chaude sera cruciale. 

« Les épisodes de fortes pluies sont propices à l’érosion tout en accroissant le débit des cours d’eau. Ça a une incidence directe sur les apports en phosphore », a mentionné la coordonnatrice de projet, qui travaille de concert avec la professeure au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Dolores Planas. Elle est également épaulée par Sébastien Fortin comme assistant chargé de projet.

De plus, une personne doit être embauchée pour réaliser, à l’UQAM, les tests en laboratoire des nombreux échantillons qui seront prélevés au cours des mois à venir. De son côté, l’Organisme du bassin versant de la Yamaska agira à titre de partenaire en analysant les données hydrologiques.

Un projet de recherche est aussi en cours. L’initiative est pilotée par le professeur à la Faculté de sciences et de génie de l’Université Laval, Raoul-Marie Couture. 

« On avait déjà des échantillons des sédiments au fond du lac avant le projet Phoslock. Raoul-Marie Couture ira aussi prendre des carottes et il pourra comparer les données concernant la captation de phosphore. Ça nous permettra de voir dans quelle mesure le projet [de réhabilitation] a fonctionné », avait indiqué précédemment Élisabeth Groulx-Tellier à La Voix de l’Est.

Algues envahissantes

Une partie du suivi du projet de réhabilitation du lac consistera à « mesurer l’abondance et les espèces d’algues dominantes », ainsi qu’à « étudier l’impact du traitement sur les plantes aquatiques ».

On surveillera notamment de près les espèces exotiques envahissantes comme le myriophylle à épi. « Jusqu’ici, la prolifération du myriophylle dans le lac Bromont est stable. On ne voudrait surtout pas que ça se propage », a indiqué la vice-présidente de l’ACBVLB, Michelle Champagne.

La Société de conservation du lac Lovering, en Estrie, a mené un projet pilote pour freiner l’expansion de cette plante nuisible. L’initiative consiste à installer de la toile de jute à des endroits précis au fond du lac. 

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Envisage-t-on un tel projet au lac Bromont? « C’est une option intéressante, mais nous n’en sommes pas là pour le moment. On parle d’une petite quantité de myriophylles à épi, alors une intervention comme celle du lac Lovering n’est pas requise, a assuré Mme Champagne. Mais, il faut rester aux aguets. C’est un dossier que l’on prend très au sérieux. »