Alain Moussi, à l'avant en noir, a donné quelques enseignements aux karatékas de l'école de karaté Alain Veilleux.

Quand le rêve devient réalité

L'école de karaté Alain Veilleux avait de la grande visite, samedi après-midi. Le spécialiste des arts martiaux, cascadeur et acteur Alain Moussi, qui tient le rôle principal dans la trilogie revisitée de Kickboxer, est venu montrer quelques trucs de pros pour créer une chorégraphie.
Alain Moussi, acteur, cascadeur et spécialiste des arts martiaux
La feuille de route d'Alain Moussi s'allonge d'année en année. Depuis ses 10 ans, lorsqu'il avait découvert Jean-Claude Van Damme, il avait en tête de devenir comme son idole, un acteur, un cascadeur et un pro du coup de pied et du grand écart.
Son exemple de ténacité a inspiré le professeur de karaté Alain Veilleux­, qui a décidé de l'inviter pour venir à son tour donner l'exemple aux jeunes. Des familles de l'école et les jeunes du sport-études karaté étaient présents.
Alain Moussi raconte son parcours avec un plaisir évident dans la voix et dans les yeux. « J'ai commencé à faire du jiujitsu après avoir vu Jean-Claude Van Damme dans Bloodsport. J'ai vu un athlète, qui lance des coups de pied haut comme ça, dit-il une main dans les airs, et fait la split. C'était assez impressionnant que je me suis dit qu'il fallait que je commence à faire des arts martiaux. J'ai commencé le jiujitsu à 7 ans, mais j'avais arrêté après 3 semaines pour je ne sais quelle raison. »
Avec une nouvelle idole, il avait aussi un nouvel objectif. Et plus il découvrait les pros d'arts martiaux au cinéma, plus sa motivation croissait. Pendant des années, il a reçu des enseignements de jiujitsu et fait des spectacles de combat, pour finalement offrir année après année le numéro de clôture avec son partenaire de combat. Et chaque fois, Alain Moussi voulait impressionner davantage en synchronisant leurs mouvements avec la musique et en ajoutant des effets lumineux. 
L'opportunité
« Mon objectif était de me rendre au cinéma. À Ottawa, on n'avait pas de cinéma, c'était Toronto ou Montréal­ ou Vancouver. Plus tard, quand j'ai ouvert mon dojo, il y a quelqu'un qui a eu l'idée de partir une série web. Il est arrivé avec un scénario. On a fait 20 épisodes. Finalement, un de mes amis d'enfance a commencé à faire de la cascade à Montréal avec Jean Frenette. En 2010, ils tournaient le film Immortals à Montréal. Mon ami m'appelle et me dit qu'ils sont à la recherche de gars athlétiques, en forme, de 200 lbs. Il m'a présenté à Jean, qui m'a demandé de faire une démonstration de mes habiletés, et il m'a invité à venir m'entraîner avec la gang. »
En acceptant l'invitation, c'est lui qui a été choisi pour doubler la tête d'affiche du film, Henry Cavill. Et c'est aussi de cette façon qu'il a fait son entrée au cinéma. Depuis, il a été choisi comme premier rôle, et non comme doublure, pour le remake de la trilogie de films d'arts martiaux Kickboxer, dont le premier volet est sorti au cinéma l'an dernier. 
Kickboxer était l'un des films d'enfance préférés d'Alain Moussi. « Je joue ce que jouait Jean-Claude Van Damme et Jean-Claude joue le mentor de mon personnage. C'est fou ! C'est hallucinant ! »
Persévérer
« Il y a plusieurs moments dans ma carrière où je m'arrête et j'apprécie, confie-t-il. C'est toujours ça que j'ai voulu faire. J'ai toujours travaillé fort, je me suis toujours entraîné, j'ai toujours cru qu'il fallait être prêt pour la journée où allait venir une opportunité. Il y a tellement de monde qui aurait abandonné, il y a tellement de monde autour de soi qui aurait dit que c'est impossible. »
Justement, que suggère-t-il aux jeunes à qui l'on dit que leur rêve est impossible ?
« Quand tu as un objectif ou un rêve, c'est beau d'y penser, de le voir et de le vouloir, mais si tu es assis sur un divan à regarder la télévision, ça ne va jamais arriver. Si tu es prêt à te lever, à travailler, à bucher, à aller chercher des opportunités... En même temps, il faut aussi penser à autre chose. J'allais à l'école, j'avais de bonnes notes, je suis allé en génie aérospatial à l'université. J'ai ouvert un club d'arts martiaux, j'ai eu une job comme plongeur, j'ai été serveur dans un hôtel, j'ai travaillé au marché à vendre des légumes. »
Il a fait plusieurs choses en parallèle tout en gardant en tête son objectif, si bien que, lorsque l'opportunité s'est présentée de démontrer son talent à Jean Frenette, il était prêt.
« Il faut être assez tenace, même si la carotte n'est pas devant toi. »