« On oublie qu'on est maire et on devient raconteur d'histoire », a dit Pascal Bonin, qui a animé l'heure du conte à la bibliothèque municipale vendredi soir.

Quand le maire se fait conteur

L'heure du conte de la bibliothèque Paul-O-Trépanier a accueilli vendredi soir un invité plus habitué à présider les séances du conseil municipal qu'à lire des histoires aux tout-petits. Le maire de Granby, Pascal Bonin, s'est néanmoins prêté au jeu.
C'est devant un tout petit groupe composé de six fillettes assises au sol sur des coussins colorés que le maire s'est transformé en conteur. « Bonsoir, je m'appelle Pascal », a-t-il lancé d'entrée de jeu avant de demander à chacun des membres de son jeune auditoire de se présenter. 
« J'ai eu trois enfants. Je fais beaucoup de voix et de sons quand je lis », a pris le soin de prévenir Pascal­ Bonin à son petit public, plutôt grouillant, mais attentif. 
Et il s'est lancé. Il a d'abord lu La merveilleuse machine à se faire des amis, avant d'enchaîner avec Gros ours grincheux. Ce dernier livre en particulier lui a permis de donner un aperçu de son répertoire de voix. Prenant son rôle au sérieux, il est même allé jusqu'à se pincer le nez pour parler d'une voix nasillarde. 
L'exercice n'aura finalement duré que quelques minutes. Les enfants n'ont pas manifesté leur plaisir avec emphase. Mais ils ont semblé apprécier. Les parents, eux, avaient tous le sourire aux lèvres. « C'était simple, sans prétention, proche des citoyens », a commenté Annie Simoneau, qui a assisté à l'activité avec ses filles Laurence et Emmanuelle. 
Laurence, six ans, a donné une note de 9/10 au maire pour sa prestation. Même chose pour sa maman. Un autre papa, rencontré sur place avec Laurie et Emy, ses jumelles de trois ans et demi, lui a donné la même note. « La perfection n'existe quand même pas », a-t-il lancé en riant. « Mais ça fait différent. C'est une belle implication », a-t-il ajouté au sujet de la présence du maire.
Goût de la lecture
C'est dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, ce dimanche, que Pascal­ Bonin avait été invité à animer l'heure du conte, a expliqué la bibliothécaire espace clientèle­, Mariève Massé. 
L'activité avait été annoncée la semaine dernière. Aucune inscription n'était requise, de sorte qu'il était difficile de prévoir si l'activité allait être populaire ou non. Une maman, habituée de l'heure du conte à la bibliothèque, croyait cependant qu'il y aurait une plus grande participation.   
Une conseillère municipale, Denyse Tremblay, s'est même mêlée au jeune public. « C'est une activité culturelle. C'est mon dossier. Je suis venue voir la participation­ », a-t-elle fait valoir. 
Le maire Bonin, qui était accompagné par sa conjointe, affirme avoir pris plaisir à troquer son chapeau de maire durant quelques minutes pour celui d'animateur de l'heure du conte, même si ce n'était que pour une poignée de tout-petits. « Ça m'a rappelé de beaux souvenirs quand je lisais des histoires à mes enfants », a-t-il commenté. 
« Ça a été une belle journée. Ce matin (vendredi), j'ai rencontré des jeunes du PEI à l'école l'Envolée et ce soir, je suis avec les enfants. Je pense qu'avec une activité comme ça, il ne faut pas avoir peur du ridicule. On oublie qu'on est maire et on devient raconteur d'histoires. Le but de la bibliothèque, c'est de transmettre le goût de la lecture. C'est ce que mes parents ont fait. Et c'est aussi ce que j'ai essayé de faire », a dit Pascal Bonin.