Présentée un mardi soir, la traditionnelle soirée des gros blocs pourra, de façon exceptionnelle, se terminer à 23h, plutôt que 21h, le 23 juillet prochain.

Quand le couvre-feu de l'Autodrome fait jaser

L’Autodrome de Granby pourra à nouveau clore la présentation de sa soirée des gros blocs à 23 h, même si l’événement, toujours très populaire, se déroulera en semaine. Deux élus municipaux auraient même été favorables à ce que le couvre-feu soit fixé à minuit.

Seuls à se prononcer en ce sens, Robert Riel et Denyse Tremblay ont affiché leurs couleurs lors de la dernière séance du conseil municipal. Le règlement général de la Ville a été modifié pour permettre, de façon exceptionnelle, que la soirée de course puisse se terminer à 23 h, plutôt qu’à 21 h, le mardi 23 juillet prochain.

« Je trouve ça déplorable. C’est le plus gros programme de l’année sur terre battue. Les Américains se déplacent ici. Ça attire plus de 6000 personnes. Ces gens-là vont coucher dans nos hôtels et dépenser dans nos commerces, nos restaurants, etc. On met une heure d’arrêt de 23 h pour le bruit. Mais imaginez qu’il reste cinq tours à faire et qu’il faille arrêter la course à 23 h. Je tiens à dire que ça n’a pas d’allure. C’est déplorable. C’est un événement majeur », a déclaré Robert Riel.

« J’ajouterais simplement un 60 minutes de plus. Je trouve ça déplorable aussi », a renchéri son homologue à la table du conseil, Denyse Tremblay.

La conseillère Julie Bourdon a pour sa part fait valoir qu’une majorité d’élus a néanmoins accepté de repousser de deux heures l’heure limite pour la présentation des courses. « C’est un jour de semaine. C’est pour cette raison que le conseil est allé de l’avant jusqu’à 23 h », a-t-elle dit.

Le maire Pascal Bonin a préféré ne pas intervenir lorsque le point a été abordé à la table du conseil municipal. « Je suis un peu teinté là-dedans. Tout le monde sait que je suis un pro-Autodrome. Je n’ai pas voulu influencer le conseil », a-t-il affirmé aux médias.

À la lumière de la décision prise par les élus, les promoteurs de l’Autodrome savent maintenant à quoi s’en tenir si la soirée de courses devait se prolonger au-delà de 23 h et qu’une plainte soit déposée au service de police, glisse le maire.

Imprévus

Le promoteur Dominic Lussier dit être conscient que cet événement déroge du cadre habituel. L’objectif « n’est pas de finir ça tard », assure-t-il. Pour cette raison, seules deux classes sont au programme.

Mais il reste que cette soirée, l’une des plus grosses de la saison avec la course de Mira, est difficile à planifier, dit-il.

« Beaucoup de participants ont déjà commencé la série Super dirtcar, qu’on appelle aussi gros blocs. Combien d’autos vont venir au Québec en juillet ? Il y a des équipes qui vont vivre des avaries. Mais s’il y a 35 autos plutôt que 25 qui se présentent, ça joue sur les risques en piste, le contenu, les qualifications », relève M. Lussier.

Ce dernier affirme être malgré tout en mesure de « bien vivre » avec la limite de 23 h imposée par le conseil municipal.

Mais il souhaite que le « gros bon sens » puisse aussi s’appliquer. « S’il y a des avaries, qu’il manque sept minutes pour finir l’événement et que j’hérite d’un ticket de 6000 $ ou 7000 $ — c’est ce que ça me coûte quand on dépasse l’heure limite —, ça n’a comme pas de sens », laisse tomber Dominic Lussier.

« C’est correct 23 h, mais s’il manque six ou sept tours, j’ose souhaiter qu’il y en a qui vont avoir le sens logique de me laisser finir les quelques minutes qui manquent. Si un citoyen dépose une plainte à 23 h 01, un policier va venir constater. S’il arrive à 23 h 20 et que ça continue, je comprends le désarroi. Mais s’il arrive à 23 h 07 et que ça vient de finir, j’espère que le gros bon sens va s’appliquer », ajoute-t-il.

Contrairement à Robert Riel, Dominic Lussier estime plutôt à 4000 ou 5000 le nombre de spectateurs présents à cet événement, une tradition à l’Autodrome. Il confirme toutefois que cela attire des amateurs de courses des États-Unis, mais également des quatre coins du Québec.

« Plusieurs planifient leurs vacances en fonction de cette course et de celle qu’il y a à Drummondville la veille », dit-il.