La porte-parole Claudia Bouvette

Quand l’amour tourne au cauchemar

Les relations amoureuses peuvent prendre des airs de montagnes russes. Mais quels sont les signes précurseurs de la violence conjugale ? Et surtout, comment y faire face ?

C’est ce qu’apprendront plus de 800 étudiants de 4e et 5e secondaire du territoire de Brome-Missisquoi du 5 au 20 avril prochain, au Centre Jean-Paul-Regimbal, à Granby.

« Les couloirs de la violence amoureuse » est une activité organisée par la Table de concertation pour contrer la violence faite aux femmes de Brome-Missisquoi. L’exercice permet aux jeunes de se sensibiliser et de constater les signaux avant-coureurs d’une relation toxique.

Fait à noter, l’initiative ayant pris naissance dans la ville de Alma en 2008 sera présentée pour la première fois en anglais ce printemps.

Le labyrinthe multimédia d’une durée de 45 minutes est conçu de manière à ce que les participants comprennent ce qui se passe dans la tête de Ben et Marie, qui forment un couple fictif. Des groupes d’environ cinq jeunes, accompagnés d’un intervenant, suivront l’évolution d’une histoire d’amour, qui semblait au départ plutôt saine, mais qui tournera bien vite au cauchemar. « L’idée est vraiment d’outiller les jeunes, de créer des liens avec eux, pour qu’ils puissent aller chercher de l’aide par la suite, selon leur besoin », a précisé Katheryne Auclair, représentante de la Table de concertation et directrice générale de la Maison Horizon pour Elle.

Un besoin accru
Les chiffres démontrent l’importance de conscientiser les jeunes dès l’adolescence. « Pas moins de 78 % des victimes de violences conjugales sont des femmes. Sur ce nombre, la moitié a moins de 40 ans », a relaté Carolina Hernandez, coordonnatrice aux communications.

Plusieurs professionnels et partenaires se sont ralliés pour la cause. Un processus a d’ailleurs été intégré dans les classes pour bien préparer les jeunes avant l’activité. « En faisant une simple tournée dans les classes, nous avons déjà un cas d’élève qui a été dénoncé », a partagé Sylvie Corbeil, directrice des services complémentaires de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs.

La Sûreté du Québec sera également de la partie et elle invite les jeunes à dénoncer.

« Personne n’est à l’abri »
Auteur-compositrice-interprète et comédienne, Claudia Bouvette poursuit sa mission en demeurant la porte-parole de l’activité. Native de Bromont, la jeune artiste n’a pas hésité à partager sa propre histoire en conférence de presse, mercredi. « Plus jeune, j’ai accepté un comportement qu’il ne fallait pas. La cruauté mentale, la manipulation, les abus de pouvoir, ce sont tous des comportements qui ne sont pas toujours faciles à détecter, mais qui peuvent laisser de graves séquelles. Personne n’est à l’abri d’une violence amoureuse, témoigne-t-elle. Au secondaire, nous ne sommes pas toujours très outillés pour comprendre. Nous vivons souvent nos premières expériences. Notre rôle, c’est de leur ouvrir les yeux et de leur offrir des solutions », a-t-elle conclu.

L’activité s’est déroulée en décembre et en janvier dernier sur le territoire de la Haute-Yamaska. Le labyrinthe a été visité par plus de 1600 élèves de la région et sera de retour pour la même clientèle, dans deux ans, a affirmé Katheryne Auclair.