Les jardins intelligents et les efforts pour protéger le lac Waterloo étaient à l’ordre du jour de la réunion d’information tenue mardi soir à Waterloo.

Protection du lac Waterloo: pourquoi pas des jardins intelligents?

Les jardins intelligents étaient au coeur d’une soirée d’information à laquelle ont pris part des citoyens, promoteurs et élus de Waterloo et de Shefford, mardi soir. Ceux-ci ont pu en apprendre davantage sur cette solution qui pourrait permettre de réduire l’apport de phosphore dans le lac Waterloo.

L’invitation, à laquelle la municipalité de Shefford s’était jointe, avait été lancée par les Amis du bassin versant du lac Waterloo (ABVLW) et la Ville de Waterloo.

Le président de l’ABVLW, Louis Brenn, a rappelé qu’il existait déjà plusieurs solutions pour limiter l’arrivée de phosphore dans le plan d’eau, mais que de nouvelles pouvaient être ajoutées. « Ce n’est pas seulement la faute des autres, a-t-il dit. C’est 53 % de l’apport en phosphore qui vient de nous. C’est à nous de développer autrement. »

La présence de jardins intelligents permettrait de réduire de moitié ce fameux phosphore transporté par les eaux de ruissellement.

Une étude réalisée par trois étudiantes en génie civil de l’Université de Sherbrooke, Alice Boisvert-Chapdelaine, Virginie Simard et Justine Sirois, avait confirmé cette hypothèse. Le projet avait d’ailleurs permis au trio de remporter le concours canadien Capstone Project en 2018. Leur rapport, jumelé au Plan directeur de l’eau de la Haute-Yamaska, a été le déclencheur de l’initiative des jardins intelligents, a indiqué le maire de Waterloo, Jean-Marie Lachapelle.

Le conférencier principal de la soirée, le biologiste Jean-François Martel du Regroupement des associations pour la protection de l’environnement des lacs et des bassins versants (RAPPEL), a vanté les avantages de ces jardins de pluie, aussi appelés aires de biorétention. Pour le commun des mortels, il s’agit de plates-bandes qui, stratégiquement aménagées sur un terrain avec des végétaux bien choisis, permettent de retenir l’eau de ruissellement et, du même coup, les polluants.

« C’est à la fois esthétique, facile d’entretien et pas beaucoup plus cher qu’une plate-bande », a indiqué M. Martel, en rappelant que le pouvoir d’infiltration d’eau de ces aménagements était 30 fois supérieur au gazon traditionnel. De tels jardins intelligents existent déjà dans la région de Sherbrooke.

M. Martel a également suggéré d’autres solutions aux citoyens, comme les barils de récupération d’eau de pluie, les toits verts, les revêtements de sol perméables et l’aménagement de massifs de végétaux.

La Ville en exemple

Soucieuse de donner l’exemple, la Ville de Waterloo s’est engagée à créer un jardin intelligent cette année. Selon le directeur général de la municipalité, Louis Verhoef, le projet en est encore à ses débuts, mais l’intention est bien réelle.

Plus grand que ce qu’on pourrait voir sur un terrain résidentiel, ce jardin de pluie sera aménagé « à l’endroit le plus propice possible, sur une aire publique, pour qu’il soit bien visible de la population », indique M. Verhoef, sans être en mesure de préciser le site pour l’instant. On sait toutefois qu’une enveloppe d’environ 20 000 $ y sera consacrée.

Pour clore la rencontre de mardi, des représentants des municipalités de Waterloo et de Shefford ont par ailleurs présenté au public les mesures mises de l’avant au fil des ans pour, ultimement, protéger le lac Waterloo. Parmi elles, mentionnons l’inspection des émissaires pluviaux, l’installation d’enregistreurs de surverses, le remplacement progressif des réseaux combinés (pluviaux et sanitaires) et la présence de seuils de rétention dans les fossés.