Les travaux dans des fossés de routes devraient permettre de réduire la vitesse de l’eau qui y coule en plus de capter les sédiments. Ces problèmes affectent la qualité de l’eau de la rivière Yamaska Sud-Est, principale tributaire du lac Davignon.

Protection du lac Davignon: 760 ouvrages seront aménagés

Quelque 760 petits ouvrages seront aménagés dans les cinq prochaines années dans des fossés de routes situées sur le territoire du bassin versant du lac Davignon. Ils serviront à ralentir la vitesse de l’eau et à réduire les sédiments ainsi que le phosphore qui se rendent dans le lac Davignon.

Ces interventions dans les fossés de six municipalités sont au cœur des actions du premier plan directeur de l’eau du bassin versant du lac Davignon 2019-2023. Réalisé pour la Ville de Cowansville par l’Organisme de bassin versant de la Yamaska, le document renferme 26 mesures pour s’attaquer aux problèmes d’érosion, de sédiments et de phosphore du plan d’eau — la source d’eau potable de la municipalité.

Les travaux consisteront à aménager 617 seuils et 142 trappes dans des fossés afin de capter les sédiments, explique Olivier Ricard, directeur du service de l’aménagement urbain et de l’environnement à la Ville de Cowansville. À ces travaux s’ajoutera l’enrochement de 9638 mètres de fossés pour atteindre les mêmes objectifs de réduction de la vitesse de l’écoulement de l’eau et de la captation de sédiments et de phosphore.

La Ville de Cowansville dépensera 75 000 $ au cours des trois prochaines années pour aménager ces ouvrages. Fait à noter, les travaux auront lieu sur les territoires des six autres municipalités où se trouve le bassin versant du lac, soit le Canton de Potton, Sutton, Lac-Brome, Bolton-Ouest, Brome et Dunham. Celles-ci injecteront également de l’argent dans ces travaux, mais de façon moins importante. Une subvention du gouvernement du Québec permettra de financer une grande partie des travaux, nous disent des sources. Le montant pourrait dépasser les 150 000 $. La députée de Brome-Missisquoi Isabelle Charest devrait annoncer la subvention prochainement.

« C’est un enjeu régional », signale M. Ricard, rappelant que les 212 kilomètres carrés du bassin versant du lac se trouvent à 98 % à l’extérieur du territoire de Cowansville. D’où la demande de collaboration formulée par la Ville à ces municipalités concernées, dit-il. « Tout le monde comprend que c’est important pour nous, mais aussi pour elles. »

La gestion des cours d’eau par approche de bassin versant est bien connue au Québec. Les interventions dans des fossés de routes d’un bassin versant, comme le propose le plan directeur de l’eau du bassin versant du lac Davignon, représentent toutefois une première, fait remarquer M. Ricard. Les données sur les quantités de sédiments retirées annuellement des seuils et des trappes aménagés permettront de calculer les volumes qui ont été interceptés. En cas de succès, cette approche pourrait être mise en place dans d’autres bassins versants, pense-t-il.

Potentiel récréotouristique

Le plan directeur de l’eau 2019-2023 du bassin versant du lac Davignon ne s’intéresse pas qu’aux problèmes. Une section aborde le potentiel récréotouristique du bassin, surtout de sa principale composante, la rivière Yamaska Sud-Est. Dans cette optique, le plan propose d’étudier la mise en place d’un circuit de canotage.

« Il y a beaucoup de choses qu’on peut faire pour mettre en valeur la rivière. Ça peut être un réseau pour des canots, des kayaks, un circuit de pêche. Ce sont des activités intéressantes qui profiteraient aux citoyens de nos municipalités », indique Marie-France Beaudry, conseillère responsable des dossiers environnementaux à la Ville de Cowansville.

La Ville de Cowansville va poursuivre par ailleurs ses efforts pour éloigner les bernaches et les mouettes de la plage municipale. Leurs fientes nuisent à la qualité de l’eau. La plage a été fermée pour cette raison plusieurs fois en 2016.