Le directeur général de la résidence Le Riverain de Granby, Normand Breault, explique toutes les mesures de sécurité mises en place en cas d’incendie.

Protection contre les incendies: les exploitants de résidences pour aînés de Granby sont prêts

Être bien préparé au pire scénario optimise la réussite d’une intervention. Le déclenchement d’une alarme incendie à la résidence pour aînés Le Riverain de Granby, il y a deux semaines, a permis à la direction de l’établissement de confirmer que leur plan d’intervention était au point et que les membres du personnel et les résidents savaient quoi faire. Le Service des incendies de Granby constate que les résidences du territoire mettent tout en œuvre pour assurer la sécurité de leurs clientèles.

Lorsque l’alarme a retenti le 20 novembre dernier, le plan d’intervention s’est mis en branle en un claquement de doigts dans la résidence située au centre-ville. Chacun a réalisé la tâche qui lui était assignée. L’évacuation des quelque 130 résidents, répartis sur sept étages, s’est déroulée dans les règles et sans pépin.

« Ça a été une réussite extraordinaire », estime Normand Breault, directeur général de la résidence Le Riverain.

Un chauffage d’appoint était à l’origine de l’alarme, ce qui a été confirmé par les pompiers à leur arrivée. Aucun dommage n’a été occasionné par la petite fumée qui s’est échappée du système. Tout le monde a pu reprendre ses activités et regagner sa chambre dans un court délai.

Les administrateurs, eux, ont constaté que les mesures mises en place depuis de nombreuses années, autant sur le plan de l’équipement que de la formation, portent fruit. « Le bâtiment est muni de gicleurs depuis longtemps. Notre plan d’évacuation était aussi fait avant la tragédie de L’Isle-Verte [le 23 janvier 2014]. Chaque année, on le peaufine, on l’améliore », indique M. Breault.

Cette tragédie survenue dans le Bas-Saint-Laurent, qui a coûté la vie à 32 personnes, a incité la Régie du bâtiment à modifier son règlement. Les résidences pour aînés qui sont certifiées par le ministère de la Santé ont jusqu’en décembre 2022 pour équiper leur bâtisse de gicleurs automatiques.

Précurseur

À ce jour, 28 des 31 résidences pour aînés de Granby sont équipées de ces dispositifs de protection en cas d’incendie. « Je suis satisfait et je félicite les exploitants pour leur dévouement à la cause qui est la sécurité de leurs résidents. Ils veulent se protéger, ils veulent prendre soin de leurs gens et ça paraît beaucoup quand on entre dans les résidences », dit Claude Royer, chef à la division prévention au Service des incendies de Granby.

Seuls les établissements de neuf résidents et moins et qui respectent certains critères sont exemptés de ces protections. À Granby, 29 de ces résidences accueillent des aînés, mais aussi des personnes atteintes de problèmes cognitifs ou de déficience intellectuelle.

Le projet d’inciter les résidences pour aînés d’être équipées de gicleurs automatiques avait été lancé à Granby avant la tragédie de L’Isle-Verte. Les dirigeants des établissements avaient bien collaboré, souligne M. Royer. « On a des résidences qui n’ont pas attendu les subventions [offertes par le gouvernement du Québec] et sont embarquées tout de suite dans le projet en amorçant l’installation des gicleurs. On avait été la ville revendicatrice. On avait lancé ce projet-là, on avait rencontré les gens de la Régie et je leur avais expliqué où Granby s’en allait après avoir rencontré les propriétaires de toutes les résidences. »

Équipements et formation

En plus des équipements et des dispositifs de protection contre les incendies qui sont obligatoires et qui doivent être vérifiés chaque année, deux pratiques d’évacuation se déroulent annuellement ; l’une organisée par les exploitants de la résidence, l’autre supervisée par le service des incendies, en présence d’un représentant du CIUSSS.

« Je rencontre toujours les employés et je fais un compte rendu pour savoir s’ils ont bien compris ce qu’il y a à faire, ce qu’on appelle la stratégie d’évacuation. On déclenche ensuite l’alarme incendie. Maintenant, on prévient les résidents et on fait engager plus de personnel pour s’assurer que personne ne tombe ou ne se blesse dans les cages d’escaliers », explique Jean-Yves Grosset, préventionniste responsable des résidences pour aînés au Service des incendies de Granby.

Lorsque l’alarme est déclenchée, les pompiers s’assurent du bon déroulement des étapes à réaliser, dont l’évacuation des résidents, l’appel au 911 et la lecture du panneau d’alarme incendie.

Une inspection des établissements est également réalisée par le préventionniste chaque année. Si un incident survient, le service des incendies sera avisé et une intervention de leur part peut être réalisée au besoin. Le département de la prévention est également disponible pour répondre à leurs questions.

Le plan de sécurité incendie est également en vigueur dans chaque résidence et comporte une foule de renseignements cruciaux autant pour le personnel de la résidence que pour les pompiers, dont les plans du bâtiment, l’identité des patients qui ont besoin d’aide pour être évacués — qui sont préalablement évalués par le personnel des soins infirmiers —, le rôle de chacun et les clés. Ce plan stipule également que les résidents doivent se rendre en un lieu sûr, c’est-à-dire la cage d’escalier, pour ensuite évacuer le bâtiment.

Autant le personnel que les résidents sont formés pour savoir ce qu’ils doivent faire en cas d’urgence.

Toutes ces mesures optimisent la sécurité des résidents. « Ce qu’on veut, c’est que les gens soient toujours bien préparés et en mode alerte. Ils sont nos yeux et nos oreilles avant qu’on arrive », indique le chef Royer.