« On est un peu sur la défensive en Amérique du Nord et c’est normal, dit Michel Leduc de l’Association des membres de l’Ordre des palmes académiques. D’où l’importance que nos jeunes s’expriment et prennent plaisir de s’exprimer en français. »

Promotion de la langue française: Val-des-Cerfs se démarque à nouveau

« Ma tête est comme une tempête au milieu de l’océan/les vents et vagues sont particulièrement violents/ils me frappent, me bousculent, me noient/cette eau est chaude, mais me rend si froid. »

Le ton du poème Libérez-moi de ma tête, de Mya Bonneau, est sombre. Tout le contraire de l’ambiance au centre administratif de Val-des-Cerfs, mardi, lorsque l’élève de l’école secondaire Jean-Jacques-Bertrand a reçu le premier prix de la section québécoise du concours de l’Association des membres de l’Ordre des palmes académiques (AMOPA), catégorie poésie.

Huit autres élèves de la commission scolaire du Val-des-Cerfs ont été honorés — soit pour leur poème, leur conte ou leur nouvelle — par cet organisme de promotion de la langue française dont les origines remontent à Napoléon, en 1808.

« C’était un guerrier, mais il aimait aussi beaucoup l’écriture », a rappelé l’enseignant retraité et ex-député du Parti québécois Michel Leduc, présent à titre de chevalier de l’AMOPA pour remettre les récompenses assorties de livres en cadeau.

Avant d’accepter leur prix, les quatre filles et cinq garçons méritants ont lu un extrait de leurs œuvres, sélectionnées par la quarantaine soumises au jury. Depuis plusieurs années, Val-des-Cerfs trône en tête des commissions scolaires du Québec pour le nombre de participants et de lauréats à ce concours disputé dans toute la francophonie.

« Les professeurs prennent ça au sérieux et l’utilisent pour motiver leurs élèves », explique M. Leduc. Ils peuvent aussi compter sur une conseillère pédagogique « qui y croit », Geneviève Gagnon.

« Ça fait quelques années que ça roule, alors on en fait la promotion, dit Mme Gagnon. La jeunesse est belle et bourrée de talent. »

Des châteaux, des dragons

Michel Leduc admet être étonné de l’imagination déployée par les élèves « et leur capacité de l’exprimer ». « Ce sont de futurs écrivains », ajoute-t-il, tout en remarquant que le merveilleux, avec ses rois, ses châteaux et ses dragons, est un thème récurrent. 

« Ça les attire à cet âge-là, dit-il. Le dragon représente le danger, toujours abattu par un héros jeune... »

Enclavés que nous sommes dans un océan d’anglais, promouvoir la langue française au Québec doit rester une préoccupation, ajoute Michel Leduc. « On est un peu sur la défensive en Amérique du Nord et c’est normal. D’où l’importance que nos jeunes s’expriment et prennent plaisir de s’exprimer en français. »

En plus de Mlle Bonneau, Justine Hamelin, William Hamelin, Ahmed Yacine Bennaceur, Émile Thibault, Éloïse Lavictoire, Nickolas Bergeron, Benjamin Gagné et Angélie Lachance ont reçu des palmes décernées par les sections québécoise et française de l’AMOPA.

Ils étudient aux écoles secondaires de la Haute-Ville, Jean-Jacques-Bertrand, Joseph-Hermas-Leclerc et Massey-Vanier.

« Merci d’avoir travaillé si fort avec nos élèves cette année », a souligné Mme Gagnon aux enseignantes de français qui ont accompagné leurs élèves dans ce concours. « L’honneur revient aux élèves, mais beaucoup aux enseignants », a précisé Michel Leduc.