L’homme d’affaires bromontois Robert Désourdy est d’avis que la Ville doit mieux encadrer et valoriser les projets commerciaux.

Projets commerciaux à Bromont: «L’autoroute 10, c’est le pipeline»

Dans la foulée du dossier de la vente du Carrefour champêtre au groupe Quint, Robert Désourdy est d’avis que Bromont devrait faire preuve de plus d’ouverture en ce qui concerne les projets commerciaux sur son territoire. Un «changement de vision» s’impose pour favoriser l’essor de la municipalité sur le plan économique, estime l’homme d’affaires, qui a fait une sortie sur le sujet lors de la récente séance du conseil.

«Quand je vois le groupe Quint qui achète le Carrefour champêtre, je ne peux que m’en réjouir. C’est le déclin depuis plusieurs années», a fait valoir en entrevue Robert Désourdy.

Groupe Quint, spécialisé dans ce type de reprise, y a vu une opportunité. Selon les documents obtenus par La Voix de l’Est, la transaction avec les propriétaires (RioCan et Tanger Outlet Centers) a été conclue pour 8,9 millions $, soit une fraction de la valeur foncière de l’ensemble immobilier, qui devrait être reconfiguré en profondeur. « On regarde pour transformer la propriété en unités à usages mixtes. Possiblement des bureaux professionnels. Également une résidence pour personnes âgées. Surtout avec la proximité du cours d’eau à l’arrière. Il y a des moyens d’aménager tout ça pour rendre les lieux très accueillants et dynamiques. Il faut valider l’attrait de la Ville pour ce type de projet », avait indiqué en entrevue le vice-président développement immobilier chez groupe Quint, Marc-André Bérubé. Ce dernier a également souligné que l’entreprise souhaite démolir six bâtiments «vers l’arrière du site».

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Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, a évoqué que la municipalité n’est pas au diapason avec le promoteur. « On a dit à groupe Quint que ce qu’on nous a proposé ne cadre pas avec notre plan d’urbanisme, avec la vision de la Ville et de ses citoyens. On en est là », avait-il indiqué en entrevue.

De son côté, Robert Désourdy est d’avis que la croissance des activités commerciales près de l’important axe de transport a plusieurs avantages, notamment la décongestion du trafic dans le Vieux-Village, traversé par la route 241 (rue Shefford). «L’autoroute 10, c’est le pipeline, a dit le propriétaire du restaurant St-Hubert situé en face du Carrefour champêtre. Bromont ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, n’eût été l’autoroute. Il n’y aurait probablement pas eu de station de ski et on serait encore le village de West Shefford.» L’ex-maire de Bromont voit également d’un bon oeil la construction d’une résidence pour aînés sur la nouvelle propriété du groupe Quint. «Quel est le problème ? Les personnes âgées seraient près de la rivière avec le sentier existant. Tu recrées un village en bordure de l’autoroute. C’est un secteur magnifique, alors pourquoi pas?»

Grandes surfaces

Le maire de Bromont, le conseil municipal et la population, lors de l’élaboration du plus récent plan d’urbanisme, se sont prononcés contre l’implantation de magasins à grandes surfaces sur le territoire. Peu importe le projet pour ce type de commerce, ce sera une « fin de non-recevoir », a réitéré en entrevue Louis Villeneuve concernant les propositions de groupe Quint.

Robert Désourdy a une vision divergente à ce sujet. «Pour bien des gens contre les grandes surfaces, on parle d’un Ikea. Il faut définir en pieds carrés ce qu’est une grande surface. D’ailleurs, on en a déjà à Bromont», a-t-il mentionné, citant en exemple les deux supermarchés.

«Actuellement, les membres du conseil municipal se bloquent à propos des grandes surfaces pour des raisons purement esthétiques, a-t-il ajouté. Si on prend un bon architecte, ça peut être très beau. On peut intégrer un toit vert et de la végétation autour des bâtiments.»

Bien qu’il se dise ravi du «climat extraordinaire à l’hôtel de ville», Robert Désourdy estime que la municipalité doit mieux encadrer et valoriser les projets commerciaux. «En tant qu’[homme d’affaires] et résidant de Bromont, je pense que le secteur commercial est un grand oublié. La Ville devra avoir des employés qui s’occupent de ce créneau quotidiennement.»