Patrick Poulin du CIUSSS de l’Estrie-CHUS et Suzanne Surette de la Fondation du Centre hospitalier de Granby ont participé à la mise sur pied de Semer la santé.

Projet Semer la santé: quand l’union fait la force

Le désir de promouvoir la saine alimentation chez les jeunes est à l’origine de la mise sur pied d’un projet unique dans la région qui rallie d’importants partenaires autour de cet objectif commun.

Fruit d’une idée lancée par le restaurateur Bryan Proulx de la Maison Boire à Granby, le projet « Semer la santé » a été élaboré par le CIUSSS de l’Estrie avec la collaboration de la Fondation du Centre hospitalier de Granby, de la Ville de Granby et de la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

« La force de ce projet, c’est la concertation de plusieurs grands acteurs de la communauté pour avoir des conditions favorables pour améliorer la saine alimentation chez nos jeunes », fait valoir le directeur adjoint du programme de santé publique au CIUSSS de l’Estrie — CHUS, Patrick Poulin.

L’aménagement de jardins pédagogiques dans certaines écoles est l’une des mesures qui seront mises de l’avant. Les détails du projet seront toutefois dévoilés lors d’un événement à la mi-juin.

Chose certaine, le projet semble susciter beaucoup d’enthousiasme chez les partenaires.

« C’est tout à fait novateur pour nous de financer un projet préventif plutôt que curatif. Ce projet-là fait en sorte qu’on soutient notre relève, nos jeunes. On va informer et sensibiliser de façon très concrète », lance la directrice générale de la Fondation du Centre hospitalier de Granby, Suzanne Surette.

« S’associer à un projet comme ça, pour nous, c’est tout naturel parce que ça va entre autres dans le sens de notre Plan d’engagement vers la réussite et notre volonté de promouvoir les saines habitudes de vie », affirme le directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Éric Racine.

Selon lui, un projet pilote sera réalisé l’an prochain dans quelques établissements primaires, qui restent à déterminer. L’objectif à moyen et long terme, dit M. Racine, est cependant que Semer la santé soit déployé à plus grande échelle.

Précieuse expertise 

La Ville de Granby a pour sa part accepté de mettre l’expertise de ses horticulteurs à profit pour la réalisation de ce projet. Une fois par semaine, durant 25 semaines, l’un de ceux-ci se rendra ainsi dans les écoles pour seconder les enseignants dans des activités de jardinage et d’agriculture urbaine.

« On a souvent des demandes de matériel, comme la fourniture de compost ou de paillis. Mais c’est la première fois qu’on a une demande de ce type-là », relève la contremaître aux parcs et terrains de jeux au service des Travaux publics, Danielle St-Jean.

Selon elle, des membres de son équipe ont déjà manifesté l’intérêt d’aller à la rencontre des jeunes jardiniers.

Le directeur des Travaux publics, François Méthot-Borduas, estime pour sa part que cela pourrait aussi avoir l’avantage de faire germer chez certains jeunes un intérêt pour un travail en horticulture dans le milieu municipal.

« Ça permet aussi de garder contact avec les étudiants qui vont apprendre à travailler la terre, dans un contexte de changements climatiques, avec les professionnels en place. C’est extrêmement positif », dit-il.

Semer la santé correspond au souhait du chef propriétaire de la Maison Boire. Il en a jeté les bases l’an dernier lorsqu’il a organisé un événement au profit de la Fondation du Centre hospitalier de Granby pour souligner le premier anniversaire du restaurant, où un jardin a été aménagé sur le toit. Quelque 3000 $ ont ainsi été récoltés.

« On voulait ramasser de l’argent pour la prévention et les bonnes habitudes de vie. Pour nous, c’était très important de reconnecter les gens avec la nature et le jardinage et d’avoir des gens en santé sur une planète en santé », explique Bryan Proulx.

« Ça nous interpelle comme direction de la santé publique parce qu’on sait qu’il y a des problématiques chez les jeunes avec l’obésité et la consommation de fruits et légumes. On fait déjà de la sensibilisation, mais on voulait passer à l’action », renchérit par ailleurs Patrick Poulin.

Selon les résultats 2016-2017 de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire, transmises par le CIUSSS, 30,2% des élèves du réseau local de services de la Haute-Yamaska consomment le nombre minimal de fruits et légumes (selon les recommandations de l’ancienne version du Guide alimentaire canadien).