La Ville de Lac-Brome achèterait trois lots du promoteur du Faubourg Lac-Brome, ce qui ferait passer la superficie du futur parc public à 8,7 hectares.

Projet résidentiel au golf de Lac Brome: plus de 8,5 hectares en parc

Le futur parc du Faubourg du Lac-Brome couvrira une superficie de près de 8,7 hectares et non pas de 6,6 ha comme prévu initialement. C’est la principale modification apportée au projet résidentiel qui sera débattu lundi au conseil municipal.

L’ajout de superficie découle de l’intention de la Ville d’acheter trois lots du promoteur Marc Brochu. L’homme d’affaires céderait à la municipalité le lot où se trouve le stationnement du club de golf. La réglementation municipale exige déjà que 10 % de l’ensemble du terrain à développer — cela représente ici 6,54 ha — soit remis gratuitement à la municipalité à des fins de parc. La Ville achèterait en plus les trois lots situés le long du chemin Lakeside. Ces lots, qui ont une superficie de 2,15 ha, seraient greffés au parc et permettraient de créer un parc linéaire menant jusqu’au chemin Sanctuaire.

Des citoyens avaient suggéré d’agrandir le parc, lors de consultations publiques tenues avant les Fêtes, a indiqué Gilbert Arel, directeur général de la Ville. « C’était une bonne idée. On pense que ça serait très intéressant pour les futurs résidants de ce quartier, mais aussi pour toute notre population. On pourrait éventuellement le relier au sentier Quilliams. Ça serait un endroit fantastique où aller marcher », a-t-il dit en entrevue vendredi.

La vente des trois terrains signifie que le nombre de maisons à construire passerait de 48 à 45, a dit M. Brochu. Il pourrait en construire deux de plus, s’il démolit éventuellement le chalet de golf. Il ne peut y exploiter que des commerces de proximité, comme un dépanneur ou une garderie en raison du zonage. Il dit ne pas en avoir l’intention.

M. Arel n’a pas voulu dire quel montant la Ville débourserait pour acquérir les trois terrains. Une entente verbale existe, a-t-il dit. Le directeur général a rappelé que la transaction qui ferait passer le terrain de golf des propriétaires actuels, Paulette et Alcide Allard, à M. Brochu est conditionnelle à des dérogations mineures menant à la réalisation du projet résidentiel.

Pas d’argent
Renaissance lac Brome (RLB) souhaite qu’un immense parc nature voit le jour sur une partie du terrain de golf. Des représentants de RLB ont pu en discuter avec M. Brochu. Ce dernier se disait disposé à vendre 50 % de l’ensemble du terrain, soit toute la partie au sud.

« Je leur ai ouvert la porte, mais ils n’avaient pas l’argent », a-t-il dit lorsque nous lui avons parlé vendredi. Il n’a pas voulu dévoiler le montant discuté.

RLB s’inquiète de l’impact du projet résidentiel sur le marais et les milieux humides situés du côté est. L’organisme éprouve la même inquiétude pour la qualité de l’eau des ruisseaux Quilliams et Durrell, indique Hélène Drouin, présidente de l’organisme. Elle souhaite que le nombre de maisons soit revu à la baisse — environ une trentaine. Un compromis acceptable, croit-elle.

L’eau du lac Brome provient à 45 % des deux ruisseaux, souligne Mme Drouin. Or le projet résidentiel est collé sur le ruisseau Durrell tandis que le ruisseau Quilliams coule non loin. Leur protection est essentielle pour assurer celle du lac, insiste-t-elle. « C’est une zone très sensible. Un projet comme celui-ci peut causer du stress à l’environnement et avoir des impacts », dit-elle.

Les membres de RLB demeureront vigilants, a soutenu Mme Drouin. « On n’empêchera pas le projet de se faire, mais il doit respecter les règlements de l’environnement. On va être là pour s’en assurer. »

Premier PPCMOI
Le conseil discutera du projet lundi lors d’une assemblée extraordinaire. Elle aura lieu au Centre communautaire de Lac-Brome, dès 19 h.

Si le conseil adopte le 2e projet de résolution pour autoriser les dérogations mineures, dont les distances séparatrices des milieux humides, la Ville tiendra dans les semaines suivantes des registres. Les personnes vivant dans les zones contiguës au terrain de golf pourront le signer pour demander la tenue de référendums.

Il s’agit de la première fois que la municipalité adopte un projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI). C’est une disposition dans la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme qui vise à faciliter la réalisation d’un projet immobilier.

M. Brochu dit avoir hâte d’aller de l’avant avec son projet. « Ça fait un an qu’on en parle et on a l’impression d’être au même point. On ne pensait pas qu’il y aurait autant d’embûches. »