De nombreux citoyens étaient présents à la séance du conseil. On pouvait les entendre spéculer entre eux quant à l’avenir de leur maison, alors que le promoteur immobilier Guy Samson a offert à une quinzaine de résidents visés par le projet d’acquérir leur maison à leur valeur marchande.

Projet résidentiel à Cowansville: la grogne persiste

Malgré l’opposition de plusieurs citoyens, le second projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI) a été adopté mardi, à la séance du conseil municipal de Cowansville, afin de permettre la construction d'un maximum de cinq immeubles de dix étages en bordure du boulevard de Dieppe.

Tous les sièges de la salle du conseil étaient occupés par des citoyens, certains ayant même dû rester debout. On pouvait les entendre spéculer entre eux quant à l’avenir de leur maison, alors que le promoteur immobilier Guy Samson a offert à une quinzaine de résidents visés par le projet d’acquérir leur maison à leur valeur marchande. Au moins six d’entre eux auraient démontré de l’intérêt pour cette offre.

« Je viens de mettre 6000 $ de fenêtres dans ma cuisine et tout ce que je vais voir, c’est ces horreurs-là », pouvait-on notamment entendre au sujet de l’important projet domiciliaire et commercial dans le centre-ville.

Rappelons qu’en plus des immeubles résidentiels de dix étages, le promoteur souhaite revamper le centre commercial en y attirant de nouveaux commerces.

Les citoyens ont rapidement déserté la salle, une fois le second PPCMOI adopté, montrant ainsi leur mécontentement.

« Vous avez fait deux consultations publiques, mais on n’a rien à dire, c’est ça ? », a lancé une citoyenne avant de quitter avec l’attroupement.

Le PPCMOI permet au conseil municipal de faire certaines dérogations si le projet ne respecte pas les barrières réglementaires actuelles, mais dans le cadre de conditions bien précises. Jusqu’à mardi soir, le plan d’urbanisme de Cowansville ne permettait pas l’érection de bâtiments de plus de cinq étages dans ce secteur du centre-ville.

Colette Martial a demandé aux élus de repousser l’adoption du second PPCMOI en soutenant que la démarche était précipitée.

Toutefois, comme l’ordre du jour était adopté, cette demande était irréalisable. « Il y a juste un membre du conseil appuyé par un autre membre qui peut faire un l’ajout d’un sujet quand l’ordre du jour est adopté », a précisé la greffière Julie Lamarche.

Mme Martial, qui n’habite pas directement le secteur concerné, a tenu à déposer une liste de questions aux élus afin que ceux-ci lui reviennent avec des réponses dans un délai de dix jours.

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Incompréhension

La séance ordinaire s’est amorcée par un retour sur les consultations publiques du 22 janvier lors desquelles des citoyens avaient pu poser des questions et formuler des commentaires à l’égard du projet qui prévoit la construction de 296 logements sur sept ans.

« Si ça s’étend sur sept ans, on va vivre avec des grues pendant tout ce temps là ? Je suis renversée », a laissé tomber Mme Martial avant que la salle ne l’applaudisse.

La mairesse Sylvie Beauregard a de son côté rappelé l’intérêt pour la ville d’appuyer le projet : revitalisation du centre-ville, augmentation du nombre de commerces, ajout d’une épicerie, etc. La mairesse avance que le taux d’occupation du centre d’achat est aujourd’hui de 50 %.

Comme certains organismes communautaires avaient exprimé eux aussi des réticences, les élus ont planifié une rencontre avec sept d’entre eux avant la séance du conseil.

Parmi la dizaine de personnes venues s’exprimer au micro durant la période de questions, une seule était en faveur du projet. Certains ont reproché à la Ville de ne pas avoir de données concrètes à fournir aux citoyens sur les retombées du projet, notamment en ce qui concerne l’impact sur les infrastructures, les écoles et la gestion de l’eau.

D’autres se sont montrés inquiets pour le futur. « C’est quoi l’avenir ? Est-ce qu’on s’en va vers toujours de plus gros édifices ? L’urbanisme, c’est le respect de l’environnement et des résidents », a lancé un citoyen avant de retourner s’asseoir sous une nuée d’applaudissements.

Philippe Tremblay a quant à lui voulu souligner l’intérêt de ce projet pour la Ville. « Ce projet est important pour la densification du périmètre urbain. Si on densifie le centre-ville, on assure la pérennité, comme l’hôpital qu’on a déjà eu peur qu’il ferme. »

Démarches

Puisque le PPCMOI est désormais adopté pour permettre la construction d’immeubles de dix étages, les citoyens dans les zones visées et contigües peuvent déposer une demande pour la tenue d’un registre. Un avis public sera publié dans Le Guide le 19 février. À partir de cette date, les résidents concernés auront huit jours pour déposer une demande relative à l’ouverture d’un registre. Celui-ci étant conditionnel à la réception d’un nombre suffisant de signatures dans chacune des zones, ces dernières seront admissibles pour participer au registre référendaire.

Le fait que tous les Cowansvillois ne puissent faire partie du registre a été critiqué.

Plusieurs résidents hors de la zone visée se sont exprimés, souvent suivis par des applaudissements bien sentis. Jean Yves Prince a demandé comment s’opposer au projet même s’il ne fait partie de la zone visée. « Qu’est-ce qu’on peut faire pour empêcher le projet ? », a-t-il demandé.

La greffière lui a indiqué que ce sont seulement les personnes habitant dans les zones concernées par le projet qui ont le pouvoir de renverser la vapeur.