Alex Martin (directeur général d’OBV Yamaska), Flavie Noreau (G3E), Pierre Breton (député de Shefford) et François Perras (enseignant à l’école de Roxton Pond)

Projet «J'adopte un cours d'eau»: Ottawa injecte près de 75 000$

Quoi de mieux qu’une expérience immersive pour rallier les jeunes et leur communauté à la cause environnementale? C’est ce que propose le programme « J’adopte un cours d’eau », piloté par l’Organisme de bassin versant (OBV) de la Yamaska dans la région. Grâce à l’apport financier du fédéral, annoncé lundi par le député de Shefford, Pierre Breton, des élèves de l’école primaire de Roxton Pond et de l’école secondaire Wilfrid-Léger de Waterloo participeront à une panoplie d’ateliers terrain sur la santé des cours d’eau.

François Perras, enseignant à Roxton Pond, chapeaute le programme depuis trois ans. Accompagner les élèves de 5e et 6e année à travers cette initiative unique en son genre est un « pur plaisir ». 

« Quand les élèves arrivent sur le terrain, je constate qu’ils sont investis dans le projet. Comme professeur, les voir captivés par des enjeux en environnement, c’est très stimulant », a-t-il indiqué en entrevue.  

En fait, l’initiative a pris naissance il y a une vingtaine d’années. À l’origine, une personne se déplaçait dans les écoles à travers la province pour « faire découvrir aux jeunes le travail des biologistes et comment, concrètement mesurer la santé d’un cours d’eau », a mentionné la coordonnatrice du programme développé par le Groupe d’éducation et d’éco surveillance de l’eau (G3E), Flavie Noreau. 

Bonification

Le projet fut largement bonifié avec les années. Désormais, les jeunes participent à la restauration des bandes riveraines de la rivière Yamaska dans leur municipalité respective. Ensuite, afin de voir concrètement les retombées du projet sur la santé du cours d’eau, les élèves, qui sont une trentaine par groupe, complètent une série d’ateliers. Ceux-ci seront lancés dès cet automne et portent entre autres sur « la végétalisation des zones riveraines, l’importance de la qualité de l’eau, la caractérisation de la bande riveraine et l’inventaire des écosystèmes aquatiques. » 

« Les élèves ont huit tests à réaliser avec rigueur. Ils prennent ça très au sérieux », a fait valoir M. Perras. 

Parmi les activités, on retrouve le relevé de la température de l’eau et de sa turbidité (état trouble). Mais celle qui demeure la plus populaire est la collecte d’invertébrés, a affirmé l’enseignant. 

« Récolter toutes les bibittes dans l’eau, c’est extraordinaire pour les jeunes. Ils les séparent par familles. Ils découvrent qu’il y a plus de vie qu’ils pensaient dans le cours d’eau près de chez eux. Ils deviennent très conscients de l’importance de le protéger. »

Expansion

La subvention de 74 646$ d’Ottawa, qui provient du Programme de financement communautaire ÉcoAction du ministère de l’Environnement, sera échelonnée sur quatre ans, permettant ainsi d’assurer la pérennité de l’initiative. 

« En soutenant le projet «J’adopte un cours d’eau» d’OBV Yamaska, nous allons sensibiliser les jeunes, mais aussi les citoyens », a souligné en point de presse Pierre Breton. 

Bien que le programme connaisse un franc succès dans la région, on souhaite qu’il rayonne davantage. À ce chapitre, le directeur général d’OBV Yamaska, Alex Martin, a « tendu la main » à d’autres partenaires. 

« Les besoins dans la Yamaska sont criants. [...] C’est un nouveau départ pour le programme. On a créé l’expertise, l’engouement. On voudrait être en mesure de faire plus d’activités du genre. »

M. Martin est d’avis qu’un déploiement à grande échelle est envisageable. Il dit avoir eu récemment deux demandes pour de nouveaux groupes dans la région. 

« On est prêts et c’est ce qu’on souhaite, a-t-il dit. L’enjeu est de créer le momentum. On veut que ça continue. »