Ce sont maintenant 23 maisons que les promoteurs du Domaine Mont Foster proposent de construire dans le mont Foster. Ils s’engagent aussi à utiliser 217 hectares de la montagne pour en faire une réserve naturelle.

Projet immobilier dans le mont Foster: les citoyens trancheront

Nouveau chapitre dans la saga du développement immobilier dans le mont Foster : une consultation publique aura lieu samedi pour présenter une nouvelle version du projet. Les citoyens seront appelés à trancher par vote postal.

La nouvelle mouture du projet prévoit la construction d’un maximum de 23 maisons, ce qui inclut les cinq déjà construites, et le transfert de 217 hectares de la montagne, soit 85 % de la superficie détenue par les promoteurs, à Corridor appalachien pour la création d’une aire de protection à perpétuité. Les terrains vendus ne pourront excéder 1 hectare (10 000 mètres carrés) et leurs propriétaires seront limités à un déboisement de 1500 m2 pour y prévoir leur maison, leur entrée et tout autre aménagement de leur choix. Aucune nouvelle rue ne sera construite et le chemin Paramount ne sera pas prolongé.

Rien n’est parfait, indique le maire Jacques Drolet, mais le nouveau plan présenté répond aux deux plus grandes préoccupations des citoyens, soit la protection de la montagne et l’accès à son sommet pour les randonneurs. « Je pense que c’est un beau projet. On ne peut pas revenir en arrière et recoller les pierres brisées lors des travaux de dynamitage. On ne peut pas revenir dans le passé. Il faut trouver une solution et aller de l’avant. C’est ce qu’on a fait », assure-t-il en entrevue à La Voix de l’Est.

À l’origine, le projet Domaine Mont Foster prévoyait la construction de 67 maisons lors de son lancement en 2008. Le ministère de l’Environnement a cependant ordonné l’arrêt des travaux en 2012 après avoir constaté que les promoteurs n’avaient pas en main les autorisations nécessaires pour effectuer des travaux d’envergure dans la montagne, notamment la coupe d’arbres massive et le dynamitage de caps rocheux. Par ailleurs, les travaux pour construire une route ont excédé les 600 mètres maximaux autorisés sans détenir de certificats d’autorisation. L’affaire fait toujours l’objet d’une enquête au Ministère.

Les promoteurs ont également eu maille à partir avec la MRC Brome-Missisquoi. Le schéma d’aménagement de l’organisme interdit de construire ou de prolonger des routes en dehors du périmètre urbain des municipalités. La mesure, exigée par le ministère des Affaires municipales pour toutes les MRC, vise à freiner l’étalement urbain. Or, la municipalité de Bolton-Ouest ne possède pas de périmètre urbain.

Depuis lors, les promoteurs ont proposé quelques scénarios au conseil municipal où le nombre de maisons à construire était revu en forte baisse. De 67 maisons, ils ont offert de les limiter à une trentaine. Ces propositions n’ont jamais été acceptées par la municipalité puisqu’elles allaient également à l’encontre des règles de la MRC. Le ministère de l’Environnement ne pouvait donner les autorisations pour reprendre les travaux, et ce en raison du refus des autorités municipales et de la MRC de donner leur aval.

Les membres du conseil municipal ont étudié la question sous toutes ses coutures, assure M. Drolet. Un refus de trouver une solution permettant de construire des maisons pourrait être perçu par les tribunaux comme une expropriation déguisée, a-t-il dit. Ouvrir la porte à la reprise des travaux est une décision de pragmatisme, selon lui.

Une invitation à participer à la consultation publique a été acheminée par la poste à tous les citoyens de la municipalité. Les lettres ont été envoyées aux résidences principales des propriétaires pour être certain qu’elles soient bien reçues par les personnes concernées, a dit M. Drolet.

Bolton-Ouest compte 630 résidants, selon les données de Statistique Canada de 2016. Toutefois, elle accueille aussi entre 300 et 400 résidants à temps partiel.

À l’intérieur de l’invitation se trouve un bulletin de vote concernant la nouvelle version du projet immobilier. Les votes seront compilés le vendredi 7 juin, a dit le maire. Le résultat sera contraignant, soutient-il. « On s’est engagé comme conseil à respecter le choix majoritaire de nos citoyens. C’est ce qu’on va faire », a-t-il promis.

La consultation publique aura lieu samedi, à partir de 13 h 45, au Centre communautaire Lac-Brome.