Une séance d'information pour les parents avait lieu au centre communautaire St-John de Bromont concernant le projet ELAN, qui se voudrait un centre d'apprentissage libre. Sur la photo, de gauche à droite : Lu Emmanuel, Marie-Ève Martin, Kathleen Bourdeau et Anne Mergault.

Projet ELAN: apprendre à son rythme

Les parents dont l'emploi du temps les empêche de s'adonner au « homeschooling », ou bien ceux qui n'ont pas foi dans le système d'éducation traditionnel, pourraient bientôt avoir accès à un entre-deux intéressant. Le projet ELAN (pour Espace libre d'apprentissages naturels) proposera un milieu d'éducation libre, où les enfants apprendront à leur rythme, selon leurs intérêts.
« ELAN, ça ne sera pas une école. Ça sera un lieu collectif, collaboratif, sous un titre d'organisme à but non lucratif », précise Kathleen Bourdeau, l'une des principales instigatrices du projet. 
Pour elle, l'école traditionnelle ne convient pas à tous les enfants. D'ailleurs, ceux qui participent au projet ELAN croient que l'enfant n'apprend pas lorsque placé en situation de stress. L'apprentissage est, selon eux, un effet secondaire du jeu. 
« Il me semble que si on apprend dès le plus jeune âge à découvrir et à cultiver dans la joie ce qui nous passionne, ce qui nous rend heureux, et qu'on côtoie des gens qui en font autant, on s'outille à merveille pour se découvrir et se réaliser », croit Anne Mergault, autre instigatrice principale du projet. Et c'est sous cette forme qu'ils imaginent leur centre d'apprentissage : les enfants apprendront à leur rythme ce qui leur tente. S'ils veulent apprendre l'anglais, un adulte sera présent pour l'enseigner. S'ils veulent faire un film, un adulte les supervisera pour qu'ils trouvent un cinéaste pour leur apprendre. 
Quatre principes
Tout se fera dans le respect de chacun. Aucun rythme ou matière ne sera imposé, le but étant de donner à l'enfant l'occasion de trouver lui-même ce qu'il aime.
Ils proposent quatre principes fondamentaux : la mixité des âges (ELAN sera ouvert pour les 5 à 17 ans), l'autoapprentissage accompagné, le jeu libre et la vie «sociocratique». 
L'enfant devra se présenter aux locaux d'ELAN (dont le lieu est toujours inconnu) au minimum quatre jours par semaine, à raison de quatre heures par jour. 
Il en coûtera 15 $ par jour pour le premier de famille et 13 $ par jour pour ceux qui suivent. Le tout devra être payé mensuellement. 
Les parents devront également faire du bénévolat comme facilitateur (adulte qui partagera ses passions avec les enfants) à raison de 20 h par année au minimum.
Et les études supérieures ?
À ceux qui se disent « et le diplôme là-dedans? », ELAN réitère qu'ils ne seront pas considérés comme une école. 
Par contre, ils peuvent fournir les preuves tangibles (traces écrites, photos) que les enfants ont progressé et fait des apprentissages, ce qui est suffisant, selon leurs dires, pour le ministère de l'Éducation (si l'enfant est considéré comme faisant l'école à la maison). 
Aussi, les instigatrices du projet soulignent qu'il est possible pour les jeunes de réintégrer le système d'éducation traditionnel en secondaire quatre pour passer les examens ministériels, si l'envie leur en prend.
« Notre seule responsabilité au Québec [pour l'école à la maison] est de démontrer qu'il y a une évolution dans l'éducation de l'enfant », souligne Kathleen Bourdeau. 
La responsabilité de monter un tel porte-folio, que la commission scolaire exige en fin d'année scolaire, demeure la responsabilité des parents. L'équipe d'ELAN mentionne toutefois qu'elle offrira son aide.
Les instigateurs du projet soulignent également que certaines universités, pour admettre un candidat, ne demandent que des porte-folios, et pas nécessairement un diplôme. 
Il est possible d'entrer en contact avec l'équipe d'ELAN via leur page Facebook. Ils cherchent d'ailleurs activement une maison ou une ferme dans la région de Bromont qui pourrait servir de lieu pour le centre, qui ouvrira en septembre si tout va bien. 
Jusqu'à présent, ELAN a reçu 18 inscriptions et compte accueillir un maximum de 25 à 30 enfants.