Le propriétaire du Riverain, le Groupe Katasa, projette de construire une tour de 12 étages dans le cadre d’un projet de rénovation et d’agrandissement. Le projet ne fait pas l’unanimité chez les élus.

Projet d’un immeuble de 12 étages à Granby: des élus en désaccord

L’ajout projeté d’une tour de 12 étages au centre-ville de Granby, dans le cadre d’un projet de rénovation et d’agrandissement du Riverain, ne fait pas l’unanimité parmi les élus. Deux conseillers municipaux ont manifesté leur désaccord, lors de la dernière séance du conseil municipal.

Bien qu’il soit dans l’air depuis quelque temps, le projet est encore en développement, a souligné le maire suppléant, Robert Riel, aux médias au terme de la séance.

« Ils [le Groupe Katasa, propriétaire de l’immeuble] ont fait une demande. Mais on n’a pas les plans », dit-il.

Pour l’heure, un avis de motion a été déposé lundi afin de modifier le zonage de façon « à autoriser les bâtiments jusqu’à 12 étages conditionnellement à ce que la partie ayant plus de quatre étages soit à plus de 6 mètres de la rue dans la zone commerciale » visée. La modification réglementaire se poursuivra au cours des prochaines séances.

Contrairement à la majorité de leurs homologues à la table du conseil, les élus Jean-Luc Nappert et Éric Duchesneau ne voient toutefois pas ce projet d’un bon œil.

« Je vois mal comment la ville de Granby va permettre de construire un bâtiment de 12 étages dans ce secteur-là, près du pont Patrick-Hackett. À l’arrière, il y a le secteur, patrimonial, je dirais, des gorges de la rivière Yamaska avec ses chutes et autres », souligne M. Nappert, qui craint que le secteur s’en trouve caché, voire obscurci, par l’érection d’un nouvel immeuble.

Cet ajout au centre-ville nuirait par ailleurs à l’homogénéité du secteur, estime-t-il. « Même si je suis favorable à la densification de la ville, ce n’est pas ce genre de développement, un 12 étages, qu’il doit y avoir. [...] Je ne sais pas si c’est ce que les citoyens veulent, mais je pense qu’on fait un mauvais choix d’aller aussi haut que ça », dit Jean-Luc Nappert.

En plus de la révision à la hausse du nombre d’étages, Éric Duchesneau dit être « dérangé » par la marge retenue pour ce projet, contrairement à celle des Résidences Sélection, rue Saint-Charles. Cela a, selon lui, pour conséquence de « rapprocher [l’immeuble] de la rue ».

Pas en 1940

Pour Julie Bourdon, il va de soi que les projets de densification doivent viser le centre-ville. « On veut que les gens puissent marcher, qu’ils n’utilisent pas leur voiture pour aller faire leurs courses. Il y a une épicerie en face, une pharmacie. C’est une des meilleures places où faire de la densification. Si on en fait plus à l’extérieur des villes, ça peut créer des problèmes et amener plus d’autos sur la route », fait-elle valoir.

« On est rendu en 2020. On n’est pas encore en 1940 ou en 1950 », lance pour sa part le conseiller municipal du district 9, Robert Vincent.

« J’entends parler un environnementaliste pour qui la densification n’est peut-être pas importante. L’étalement a l’air plus important dans sa vie. Mais l’étalement amène des gaz à effet de serre et plein d’autres problématiques », ajoute M. Vincent, tout en décochant une flèche à l’endroit de Jean-Luc Nappert, qui a un intérêt marqué pour les dossiers environnementaux.

Robert Vincent croit que le projet proposé par le Groupe Katasa va de pair avec le projet de revitalisation du centre-ville, appelé à se déployer en trois phases sur autant d’années à compter de la fin de l’été. Un nombre accru de résidants au centre-ville ne peut qu’être bénéfique pour les commerçants, calcule-t-il. « Il ne faut pas penser qu’on va rester comme une petite ville ancestrale et qu’il ne se passera rien. On est rendu ailleurs. On grossit », ajoute-t-il.

Même son de cloche du maire suppléant, Robert Riel. « C’est une bonne nouvelle, si on veut amener du monde au centre-ville », dit-il.

Le Riverain compte déjà 139 unités de logement pour retraités réparties sur sept étages. Le Groupe Katasa, dont le siège social est à Gatineau, projetterait d’en ajouter près d’une centaine d’autres dans un nouvel édifice construit au-dessus de la portion de l’immeuble qui compte actuellement deux étages. L’investissement serait majeur.

Le Groupe Katasa n’a pas rappelé La Voix de l’Est mardi.