Au centre, Pierre Marziali, Pierre-Marc Paquette et Jean-François Rousseau sont propriétaires de terrains enclavés par un vaste lot près du mont Gale.

Projet domiciliaire près du mont Gale: des propriétaires sur le qui-vive

Alors qu'un promoteur entame la dernière ligne droite d'un projet domiciliaire à proximité du mont Gale, trois détenteurs de terrains enclavés dans le secteur se disent inquiets de voir leur rêve de s'y construire leur filer entre les doigts.
C'est avec stupéfaction que Jean-François Rousseau a appris, en lisant La Voix de l'Est le 5 janvier, que l'homme d'affaires Daniel Émond souhaite prolonger la rue des Frênes près du mont Gale pour y ériger une dizaine de résidences unifamiliales, a-t-il évoqué lors de la récente séance du conseil de Bromont. 
« Quand j'ai lu le texte dans le journal, j'ai réalisé qu'un projet résidentiel avait été déposé à la Ville. En plus, une rue allait déboucher à 60 mètres de nos terrains, a-t-il dit en marge de la rencontre. Mais, si rien ne se passe avec la municipalité puis le promoteur, on va rester pris avec de beaux rêves qui ne se réaliseront pas. »
En fait, le prolongement des infrastructures routières jusqu'aux lots des trois propriétaires ne serait pas dans les cartons. 
Selon la Ville, M. Émond prévoit donner près de 90 hectares d'un vaste site lui appartenant dans la zone du mont Gale si son projet domiciliaire voit le jour. Il s'agirait d'une aire protégée. 
La superficie des terrains à vendre serait d'environ 15 000 mètres carrés (1,5 hectare), avait indiqué le directeur général intérimaire, Richard Joyal. En ce sens, le conseil municipal a approuvé, lors de la séance extraordinaire du 19 décembre, le plan de lotissement préparé par la firme Consultants S.M., conformément au Règlement sur les plans d'implantation et d'intégration architecturale (PIIA) de la localité.
Minuit moins une
Jean-François Rousseau était accompagné de Pierre-Marc Paquette et de Pierre Marziali, lundi. Les trois hommes sont propriétaires de neuf terrains entourés de toutes parts depuis des années par un vaste lot appartenant à M. Émond, a fait valoir M. Rousseau. 
« Pour nous [le projet domiciliaire] représente enfin la possibilité d'avoir accès à une rue. Il faut comprendre qu'on est enclavés depuis 25 ans à plus de 600 mètres de la rue la plus proche. On paie donc des taxes depuis tout ce temps sans avoir le droit de construire quoi que ce soit. »
Or, selon M. Rousseau, les premières démarches auprès de la municipalité pour dénouer l'impasse sont demeurées vaines. 
« On voulait rencontrer le DG de la Ville pour trouver une solution, mais selon Marc Béland [directeur adjoint de l'urbanisme], ça ne donnerait pas grand-chose. C'est très compliqué », a-t-il clamé. 
Mis au fait du dossier par le propriétaire, le représentant du district, Louis Villeneuve, l'aurait fait cheminer jusqu'aux personnes-clés à la Ville, a souligné M. Rousseau. « Il faut enclencher les démarches avant que le nouveau plan d'urbanisme soit approuvé, ce qui devrait se faire sous peu », a soutenu ce dernier. 
« On ne peut pas rester les bras croisés. Il est minuit moins une », a renchéri M. Marziali. 
De son côté, la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, s'est dite consciente que toutes les parties concernées devront entamer des pourparlers rapidement. Les trois propriétaires de terrains enclavés veulent rencontrer sous peu le directeur de l'urbanisme, Jean-François Vachon, pour faire avancer le dossier.
La Voix de l'Est n'a pas pu s'entretenir avec Daniel Émond et Jean-François Vachon a décliné notre demande d'entrevue.