La rencontre avec les médias de lundi a été pour la mairesse Sylvie Beauregard­ l’occasion de remettre les pendules à l’heure sur certaines affirmations entendues­ mercredi dernier.
La rencontre avec les médias de lundi a été pour la mairesse Sylvie Beauregard­ l’occasion de remettre les pendules à l’heure sur certaines affirmations entendues­ mercredi dernier.

Projet domiciliaire au centre-ville de Cowansville: la mairesse se veut rassurante

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Les commentaires et réticences exprimés par des citoyens lors des deux assemblées publiques de consultation à propos du projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI) dans le cadre d’un important projet domiciliaire et commercial dans le centre-ville ont été entendus par les élus de Cowansville.

Si, mercredi après-midi, l’ajout de chaises dans la salle du conseil n’avait pas suffi à asseoir tous les citoyens voulant assister à la première assemblée, ils avaient été un peu moins nombreux à se présenter à la seconde rencontre prévue le soir même. N’empêche, des gens sont venus aux deux rendez-vous pour partager leurs doléances à l’endroit du projet, qui prévoit la construction de quatre à cinq immeubles de dix étages, pour un total de 256 logements. Le développement serait conditionnel au rachat du centre commercial Le Domaine du parc par le promoteur Guy Samson.

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La rencontre de lundi organisée à l’attention des médias a été pour la mairesse l’occasion de remettre les pendules à l’heure sur certaines affirmations entendues mercredi dernier.

« Il y a eu beaucoup d’émotion dans la salle, a souligné la mairesse Sylvie Beauregard, lors d’un court post mortem des assemblées. On a compris qu’on devait préciser certains éléments. »

À peine sept ou huit personnes se sont exprimées sur divers aspects du projet lors des rencontres, et ce, défavorablement. « Mais parmi les gens qui étaient là, il y en avait beaucoup plus qui étaient pour le projet, mais qui ne se sont pas prononcés », a fait savoir Mme Beauregard.

Tous les commentaires exprimés lors de l’une ou l’autre des rencontres ont été relevés par le conseil municipal. Un document regroupant des questions et des réponses répondant à des interrogations soulevées par des citoyens a été mis en ligne en fin de journée, lundi.

Questions soulevées

Contrairement aux prétentions d’une citoyenne qui craignait que l’achalandage routier créé par les véhicules des futurs locataires des immeubles n’empire la situation, Mme Beauregard affirme qu’il n’existe pas, à l’heure actuelle, de problématique de congestion dans le secteur de la rue Principale. « Le plus longtemps que les gens peuvent attendre, c’est une lumière, aux heures de pointe, illustre-t-elle. Il n’y a jamais assez d’achalandage au point où tout est bloqué. »

De plus, indique l’élue, l’ouverture du nouveau tronçon de la rue Lauder, ce printemps, permettra de dégager une partie de la rue Principale. « Il faut prendre le temps de bien analyser les choses », a fait savoir la mairesse, qui n’a toutefois pas l’intention de faire faire une étude de circulation à court terme, comme l’avait réclamé la citoyenne.

« C’est quelque chose qui coûterait cher aux citoyens et qui ne donnera pas grand-chose. À court terme, on sait que la donne va changer avec l’ouverture de la rue Lauder, alors ça ne sera plus pertinent à ce moment-là », a fait valoir Mme Beauregard.

Des représentantes du milieu communautaire avaient par ailleurs déploré le fait qu’aucun logement abordable n’était prévu dans le plan de M. Samson. « C’est un promoteur privé, on ne peut rien lui imposer [à ce sujet]. Les logements sociaux ne sont pas dans ses cartons et, de toute façon, ce n’est pas le secteur pour en construire », a fait valoir Mme Beauregard, ajoutant que le comité logement de la MRC Brome-Missisquoi se penchait sur la question de l’offre de logement abordable sur son territoire et que le processus suivait son cours.

La revitalisation du centre-ville est un enjeu important, a réitéré Mme Beauregard, ajoutant que beaucoup a déjà été accompli en ce sens, comme le parc du centre-ville, l’ajout d’activités, l’aménagement du planchodrome et le retour du marché public.

Des citoyens souhaitaient connaître les enseignes qui pourraient venir s’établir dans le centre commercial, occupé environ à la moitié de sa capacité à l’heure actuelle. « Depuis qu’on connaît M. Samson, on sait qu’il travaille à aller chercher des nouveautés, mais c’est difficile pour l’instant de dire aux gens quelles boutiques il pourrait y avoir, car il n’est pas encore propriétaire. On est conscients qu’il y a un manque de commerces, mais cela nous appartient peu comme municipalité, indique la mairesse. Nous avons une ouverture à ce que le promoteur acquiert le centre commercial pour y amener une épicerie. Mais en même temps, c’est la poule et l’œuf : est-ce qu’on doit avoir les commerces pour attirer des citoyens ou doit-on accueillir les citoyens pour attirer des commerces ? Un ne vient pas sans l’autre. »

Délais et étapes

Les membres du conseil municipal se rencontreront en séance de travail mardi soir. Ils reviendront sur les séances de consultation.

Le second projet de règlement portant sur le PPCMOI devrait être adopté le 4 février prochain. Il est toutefois possible que de nouvelles conditions soient imposées par la Ville au promoteur d’ici là.

Puis, autour du 12 février, un avis public sera publié dans l’hebdomadaire Le Guide pour indiquer la période où les citoyens de la zone concernée et des zones contigües peuvent demander la tenue d’un registre pour forcer un référendum.

Si personne n’en fait la demande d’ici à la date butoir, le règlement sera officiellement adopté à la séance du 3 mars, a indiqué le directeur du Service de l’aménagement urbain et de l’environnement de la municipalité, Marc-Antoine Dunlavey. Dans le cas contraire, le registre sera ouvert au plus tard le 20 février.

Tout au long du processus, Cowansville s’est toujours fait un devoir d’être transparente envers ses citoyens, a affirmé la mairesse. « La loi nous obligeait à tenir une consultation publique sur le projet, mais nous avons choisi d’en avoir deux pour permettre à plus de personnes d’être informées. »

« Les gens confondent les règlements et les lois. Même nous, comme élus, on continue d’apprendre sur tous les processus et ce n’est pas toujours évident. Il y a des délais et des étapes prescrits par la loi, a ensuite rappelé Mme Beauregard. Les gens se sont peut-être sentis pressés dans le temps, mais le dossier n’est pas encore clos. »