Contrairement à d’habitude, alors qu’à peine une poignée de citoyens sont présents, la salle du conseil de Saint-Césaire était plus que pleine, mardi soir.

Projet de nouvel aréna: les Césairois se montrent impatients

La population de Saint-Césaire maintient la pression sur les élus municipaux afin de faire progresser le dossier du futur aréna. Près d’une centaine de citoyens, de gens d’affaires et d’utilisateurs de l’infrastructure se sont déplacés mardi soir à la séance régulière du conseil pour s’assurer d’être entendus.

Contrairement à d’habitude, alors qu’à peine une poignée de citoyens sont présents, la salle du conseil était plus que pleine, mardi soir. Une rangée de chaises supplémentaire a été ajoutée, mais ce ne fut pas suffisant pour accueillir toutes les personnes s’étant déplacées. Une trentaine d’entre elles ont dû demeurer debout au fond de la pièce. Ce faisant, la capacité sécuritaire de l’endroit a été atteinte, voire outrepassée.

L’abcès a été crevé d’emblée. «Que se passe-t-il avec le dossier de l’aréna?», a demandé un citoyen au tout début de la première période de questions.

Le maire Guy Benjamin a rappelé que la municipalité a essuyé un refus à sa demande d’aide financière au Programme de soutien aux installations sportives et récréatives et qu’un appel de projets pour un programme fédéral-provincial de subventions se fait toujours attendre.

Rappelons que le mois dernier, le comité citoyen de relance de l’aréna s’était présenté devant le conseil municipal pour solliciter un appui moral à ses démarches et un soutien financier pour l’embauche d’une firme spécialisée dans l’élaboration d’un plan de commandite; le regroupement espère amasser un million de dollars pour financer la construction du futur aréna.

À ce moment, Saint-Césaire était réticente à l’idée de débourser, ne sachant pas quelle serait la suite des choses. Il semblerait que les élus se soient ravisés puisqu’ils devaient rencontrer les membres du comité et des représentants de la firme en question mercredi. S’il s’avère convaincu, le conseil municipal pourrait alors adopter une résolution, dans le cadre d’une assemblée extraordinaire, pour embaucher la firme au nom du comité d’ici les prochains jours.

M. Benjamin s’est réjoui de l’implication du comité de relance de l’aréna. «Il est rare que des gens d’affaires se mobilisent autant pour un tel projet. Si une communauté de 6000 personnes réussit à amasser un million, ce serait un véritable tour de force», a commenté l’élu, qui a accusé réception d’une pétition de plus de 200 signatures amassées au sein de la communauté.

Appuis nécessaires

Il reviendra toutefois à la population de décider si elle se dote d’un nouvel aréna ou pas, a réitéré le maire Benjamin, puisqu’un règlement d’emprunt semble inévitable pour financer le projet, ce qui nécessitera l’ouverture de registres et, si le nombre de signatures requises est atteint, un processus référendaire sur la question.

La Ville est prête à formuler une nouvelle demande de subvention lorsque le programme sera ouvert, a répété Guy Benjamin. «La seule chose qui va changer, c’est l’argent que le comité pourrait apporter de plus», a-t-il précisé.

L’appui des citoyens est névralgique pour la concrétisation du projet, a pour sa part déclaré l’homme d’affaires Alain Généreux. « Même si c’est la Ville qui va déposer la demande [d’aide financière], elle doit être convaincue. Vous devez être convaincants», a-t-il lancé à ses concitoyens.

Un appel a aussi été lancé pour sensibiliser les résidents des villes voisines, qui pourraient utiliser la future infrastructure. «Ce sont à eux d’interpeller leurs élus municipaux», a suggéré l’homme d’affaires Patrick Viens.

«Mais il faut garder en tête qu’il se peut très bien qu’on soit les seuls à payer», a rappelé M. Benjamin.

«Option numéro un»

Plusieurs citoyens se sont montrés inquiets de l’intérêt de la municipalité à éventuellement aménager des jeux d’eau, craignant que cela ne se fasse au détriment du projet de l’aréna.

Le maire a tenu à rassurer les gens en leur disant que ce dernier était «l’option numéro un» dans la mire du conseil. «Mais ce ne sont pas toutes les familles qui jouent au hockey», a rappelé M. Benjamin, soulignant que les élus ont pour mandat de satisfaire l’ensemble de la population.

«Les jeux d’eau, c’est un besoin. On ne sacrifie pas l’aréna, on a besoin des deux», a-t-il répondu à ceux qui jugeaient qu’un aréna attirerait davantage de non-résidents au coeur du village.

«On va faire le budget [de la municipalité] en novembre. La priorité, c’est l’aréna, a poursuivi M. Benjamin. Ce n’est pas le coût des jeux d’eau qui va mettre le projet en péril.»

L’ancien aréna démoli

L’aréna Guy-Nadeau, fermé depuis l’été 2017 pour des raisons de sécurité, devrait être démoli au cours de l’hiver, a-t-on appris mardi soir. Rappelons qu’une résolution en ce sens avait été adoptée il y a tout près d’un an, en novembre dernier.

Le conseil municipal a par ailleurs octroyé lors de la séance un contrat d’ingénierie pour les travaux, qui comprendront finalement la démolition du garage municipal adjacent à l’infrastructure. Il serait trop coûteux de conserver la structure, de la rénover et de la renforcer, en comparaison à sa reconstruction, a allégué M. Benjamin.

La firme Shellex Groupe-Conseil a remporté le mandat évalué à 7500$ plus taxes.