Une quarantaine de personnes ont manifesté vendredi soir contre le projet de loi 61 devant les bureaux du ministre des Transports et député de Granby, François Bonnardel.
Une quarantaine de personnes ont manifesté vendredi soir contre le projet de loi 61 devant les bureaux du ministre des Transports et député de Granby, François Bonnardel.

Projet de loi 61: «La CAQ dérape», scandent des manifestants

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
Une quarantaine de manifestants se sont rassemblés en face des bureaux du ministre des Transports et député de Granby, François Bonnardel, pour manifester contre le projet de loi 61 (PL61), vendredi soir. Ils ont répété à plusieurs reprises qu’ils ne s’opposent pas à la relance économique, mais qu’ils considèrent que la «CAQ dérape» avec cette pièce législative.

La manifestation s’est tenue vendredi soir dans le parc Pelletier, alors que les partis d’opposition ont refusé d’adopter le principe permettant l’étude du projet de loi dès cet été, plus tôt dans la journée. Ils dénonçaient les larges pouvoirs que le projet de loi accordait au gouvernement et proposaient de scinder la pièce législative pour permettre certaines mesures économiques du projet de loi d’aller de l’avant, une option que n’a pas retenue le gouvernement.

Les amendements proposés par François Legault et son équipe ainsi que la pression des instances municipales n’ont finalement pas suffi pour surmonter l’impasse. Le projet de loi reviendra donc à l’agenda parlementaire en septembre et François Legault n’a pas fermé la porte à l’utilisation d’un bâillon afin de l’adopter rapidement à ce moment.

La question «n’est vraiment pas réglée», assure l’organisatrice de la manifestation, Véronique Taylor malgré le report de l’adoption du projet de loi. Il n’était donc pas question pour elle d’annuler la manifestation.

Le rassemblement à Granby visait principalement à dénoncer les atteintes aux droits et libertés, selon les manifestants, qui accompagnent le PL61 sous le prétexte de l’urgence sanitaire. «Tout le monde est pour la relance économique, mais c’est dans la façon de le faire», poursuit Sarto Brisebois, le bras droit de Mme Taylor.

Attaque contre la démocratie

Les pouvoirs spéciaux dont s’est doté la CAQ au début de la crise étaient alors justifiés, mais le gouvernement «dérape» en voulant étirer la durée de l’état d’urgence pour «une durée indéterminée», au lieu des dix jours prescrits par la loi, et en rendant non-imputable les décideurs qui agissent «de bonne foi», estiment les manifestants.

«Dans le contexte, il n’y a rien qui justifie de telles mesures», avance Sarto Brisebois, qui juge que le gouvernement Legault fait de «l’opportunisme politique» en profitant de son taux de popularité pour faire passer le PL61 «comme du beurre dans le poêle».

Les citoyens rassemblés au parc Pelletier voient dans le refus du gouvernement de scinder le projet de loi un «pari politique» fait sur le dos de l’opposition et des personnes vulnérables qui comptaient sur certains articles pour améliorer leur situation précaire.


« Tout le monde était plus vert que vert lors des dernières élections, mais aujourd’hui, le vert a pâli pas mal... »
-Sarto Brisebois, un des organisateurs de la manifestation

Une relance verte

Un sondage Léger Marketing révélait cette semaine que quatre Québécois sur cinq souhaitent que le plan de relance de l’économie soit respectueux de l’environnement et que le gouvernement en fasse davantage, ou qu’il maintienne minimalement ses standards, dans la lutte aux changements climatiques.

«Tout le monde était plus vert que vert lors des dernières élections, mais aujourd’hui, le vert a pâli pas mal...», déplore Sarto Brisebois.

Pour les manifestants, il s’agit d’une belle opportunité de commencer à faire les choses autrement. D’autres manifestations pourraient d’ailleurs être à nouveau organisées dans les prochaines semaines, selon les organisateurs du rassemblement de vendredi.