«On ne peut pas se permettre de fermer les yeux sur notre problème de logements­ sociaux», dit le maire, Pascal Bonin.

Projet de logements sociaux: Granby allonge 5 millions $

Pour permettre à l’important projet de logements sociaux de la rue Saint-Jacques de finalement voir le jour, la Ville de Granby a décidé d’augmenter sa contribution financière à 5 millions $, alors qu’elle avait initialement été fixée à 1 million $.

Le conseil municipal a adopté une résolution en ce sens lundi, lors de la séance ordinaire du conseil. « Le besoin justifie les moyens », a laissé tomber le maire Pascal Bonin, à l’issue de la rencontre, lors d’une mêlée de presse.

« On ne peut pas se permettre de se fermer les yeux sur notre problème de logements sociaux », a-t-il ajouté.

La Voix de l’Est avait rapporté en janvier que le projet et son financement faisaient l’objet d’une nouvelle analyse, car les coûts ont explosé. Le hic, avait relevé le conseiller municipal et président de l’office municipal d’habitation de Haute-Yamaska-Rouville, Robert Riel, c’est que la Société d’habitation du Québec (SHQ) calcule et finance le coût des projets avec des données datant de 2009. « En 2009, une porte, qui est aussi un logement, coûtait de 90 000 $ à 96 000 $. C’est rendu à 160 000 $ », avait-il laissé tomber.

La hausse des coûts de construction a, semble-t-il, été relevée au cours de l’automne dernier, après qu’une architecte ait été mandatée par la Ville pour œuvrer sur le projet.

De 96 à 90

Les coûts totaux du projet atteignent désormais quelque 14 millions $, selon Robert Riel. La majorité du financement est assumée par la SHQ. Mais en plus de la somme de 5 millions $ accordée lundi, la Ville de Granby a déjà défrayé 1 million $ pour l’acquisition du terrain de la rue Saint-Jacques et assumé les coûts de démolition des immeubles qui y avaient pignon sur rue. Elle assumera aussi les coûts des permis de construction.

Le nombre de logements a aussi été revu à la baisse, de 96 à 90, pour limiter la facture. Deux immeubles, un pour les personnes seules et un autre pour les familles, seront construits. Environ 10 % des logements seront alloués à des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale, souligne Robert Riel.

Celui-ci précise que la réalisation de ce projet répondra à un important besoin alors que la liste d’attente de l’Office municipal d’habitation (OMH) compte au moins 300 personnes. Granby traîne par ailleurs de la patte en matière de logements sociaux comparativement aux municipalités de taille similaire, déplore Robert Riel. « Waterloo a huit fois plus de logements sociaux par 1000 habitants que nous », souligne-t-il.

Si tout se déroule comme prévu, les plans et devis seront réalisés au cours des prochains mois, de sorte que la première pelletée de terre pourrait être donnée à l’automne.

Emprunt nécessaire

Autant le maire que le président de l’OMH de Haute-Yamaska-Rouville soutiennent par ailleurs que la contribution de la Ville ne sera plus revue à la hausse.

Mais au-delà d’une « question d’argent », c’est surtout une « question de volonté », selon Pascal Bonin.

« On s’est engagé dans le dernier mandat à le faire. Pour toutes sortes de raisons, on n’avait pas réussi. Mais là, on se dit qu’il faut y aller. On met 5 millions $ sur la table et on va l’emprunter. Mais c’est précisé dans notre résolution que s’il y a des ajustements, des bonifications, ou des programmes de subventions, on va en bénéficier. Tant qu’on n’a pas commencé la construction, on pourra en bénéficier. Peut-être que ça ne coûtera pas 5 millions $ », dit le maire.

Ce dernier interpelle par ailleurs le gouvernement caquiste afin qu’il se penche sur la question des logements sociaux, car sur les quelque 2500 logements accordés au Québec annuellement, il n’y en aurait que 800 qui soient construits, surtout dans les grands centres. « Ce n’est pas normal que ça prenne de sept à huit ans pour construire des logements sociaux. Ça a pris huit ans pour construire 26 logements sociaux sur la rue Le Corbusier », dit Pascal Bonin.

Ce dernier reconnaît avoir trouvé difficile de se résoudre à effectuer un emprunt, alors que la Ville a réussi à payer comptant plusieurs projets au cours des dernières années. « Mais il y a des exceptions et ce projet-là en est une. C’est une affaire de cœur, pas d’argent. [...] Je suis d’accord avec le projet. Je suis d’accord avec l’emprunt et il faut aller de l’avant. J’espère que la population nous supportera là-dedans », lance le maire.

La Ville de Granby contribuera aussi financièrement à la hauteur de 10 % au programme de supplément au loyer, applicable à 40 des 90 unités, pour une période de cinq ans, a-t-il également été précisé.