Les jeux libres des enfants sera valorisé et encadré dans certaines rues. Une demande devra toutefois être déposée à la Ville.

Projet Dans ma rue, on joue : priorité aux enfants et au jeu libre

Dans l’air depuis quelques années, le projet « Dans ma rue, on joue » a officiellement été lancé mercredi à Granby. Avec cette initiative, la Ville souhaite inciter petits et grands à jouer librement dans les rues résidentielles, tout en encadrant la pratique de façon sécuritaire.

Les détails du projet ont été dévoilés à l’occasion d’une conférence de presse tenue dans la rue Claudia. Cette petite rue, qui se termine par une impasse, est l’exemple parfait du type de rue qui pourrait faire l’objet d’une demande à la Ville, a relevé l’ingénieur de projets en circulation et mobilité durable à la Ville, Martin Cloutier. 

Quelques conseillers municipaux, bâtons de hockey à la main, ont même envahi la rue pour l’occasion, en compagnie des élèves enthousiastes d’une classe de sixième année de l’école Assomption.  

« C’est un projet super intéressant pour plusieurs choses. Il y a les saines habitudes de vie, mais ça remet également en contexte l’utilisation de la rue par rapport aux autos, aux piétons et aux cyclistes. La rue peut servir à bien d’autres choses que l’automobile. En espérant que les citoyens ralentissent un peu le pas », a fait valoir le maire, Pascal Bonin.

« On revient un peu à l’ancienne. Je trouve ça cool. Quand j’étais jeune, on jouait toujours au hockey dans la rue Sainte-Thérèse », a-t-il ajouté.

Selon le maire, l’entrée en vigueur du projet de loi 122 en 2017 a permis à l’administration municipale d’aller de l’avant avec ce projet, inspiré d’un projet semblable à Belœil.

« Une ville peut maintenant reconnaître le jeu libre sur un chemin public, dont la gestion lui incombe », souligne-t-il.

Dans certaines rues, «la priorité ne sera plus aux automobiles, mais aux enfants», affirme le maire, Pascal Bonin.

Demande nécessaire

Il est toutefois souhaité que ce soit la collectivité qui recommande les rues dans lesquelles le projet se réalisera. Un formulaire d’autorisation, disponible sur le site Web de la Ville, devra ainsi être rempli par une personne qui demeure dans la rue visée par la demande. L’accord d’au moins 50 % des résidants concernés sera nécessaire.

Pascal Bonin assure que « rien ne sera laissé au hasard ». Chacune des demandes sera analysée selon des critères de sécurité comme la vitesse, le nombre de véhicules, de même que la géométrie routière. Le feu vert du comité de circulation de la Ville et du conseil municipal sera aussi nécessaire. 

Un affichage propre au projet sera par la suite mis en place. Une limite de vitesse de 25 km/h devra aussi être respectée dans cette zone. Les jeux seront permis du lever au coucher du soleil, précise Martin Cloutier. 

« On vise les rues locales, pas les collectrices. On ne mettra pas ça sur la rue Principale, ni sur la rue Simonds », précise le maire Bonin.

« Il y a des gens qui jouent actuellement dans la rue. Quand il n’y a pas de plainte, il n’y a pas de problème. Mais la façon dont on va le faire, c’est très sécuritaire et encadré. Autrement dit, on vient mettre un cadre à une activité qui était là (...) Dans ces rues-là, la priorité ne sera plus aux automobiles, mais aux enfants », dit-il. 

Selon l’ingénieur de projets, les premiers panneaux de signalisation de jeu libre pourraient apparaître au printemps 2020. Il est visé de permettre le déploiement du projet dans 10 rues par année, les deux premières années.

Le projet, qui s’inscrit dans le cadre de l’accréditation Municipalité amie des enfants, a été élaboré par un comité regroupant des représentants du service de la planification et de la gestion du territoire, du service de police, du service juridique, ainsi que du service de la coordination du loisir, des arts, de la culture et de la vie communautaire.  

Présente à la conférence de presse, la coordonnatrice aux communications à la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Alexandra Langlois a salué le projet. « Tout ce qui concerne les saines habitudes de vie et, bien évidemment, la sécurité de nos enfants, on coche présent », a-t-elle lancé.  

« On essaie le plus possible de faire sortir nos familles et de les faire jouer dehors. De voir que la Ville met l’accent sur ça, chapeau, on est avec vous! », a renchéri la directrice générale de la Maison des familles, Claudine Leroux.