On voit ici une esquisse du projet commercial, intégré à la pente du site.

Projet Blacksmith à Bromont: ancré dans le passé, tourné vers l’avenir

L’intersection des rues Shefford et Legault est appelée à devenir un lien vers le Vieux-Bromont, notamment au niveau architectural. C’est du moins le concept développé par les promoteurs derrière le projet de bureaux locatifs Blacksmith, scindé en deux bâtiments. Si tout se déroule comme prévu, les travaux seront lancés dès l’automne prochain.

Un clin d’œil au passé. C’est ce que Luc Bougie et son associé, l’ingénieur Éric Desaulnier, ont privilégié en jetant les bases de leur projet. Le nom Blacksmith, inspiré des forgerons qui ont occupé les lieux il y a des décennies, en est un bon exemple. « On est parti d’une architecture d’occupation industrielle jadis tout en exprimant aussi une certaine modernité », a résumé en entrevue l’urbaniste Luc Bougie.

En fait, le projet prévoit la construction de deux bâtiments de trois étages intégrés à la pente du site, incluant donc un rez-de-jardin. Les immeubles auront une superficie au sol d’environ 1200 pieds carrés, soit l’équivalent d’une demeure, a fait remarquer le promoteur. Le zonage du site est commercial. Or, pas question de boutiques ou de restaurants. Les associés misent notamment sur l’aménagement d’espaces de travail partagé (coworking) et de bureaux locatifs. L’aménagement d’une cuisine commune et d’une terrasse est aussi envisagé.

« C’est un projet qui répond à des besoins bien tangibles, mais rien du genre n’existe pour l’instant à Bromont. [...] L’endroit pourrait entre autres accueillir des arpenteurs, des ingénieurs, des notaires », a cité en exemple M. Bougie, qui estime qu’à terme, l’initiative, dont le budget est évalué à 2,5 millions de dollars, permettrait de créer 30 à 35 emplois. « Tous ces travailleurs créeront de l’achalandage dans les commerces autour », a souligné le conseiller en développement immobilier. L’ouverture du premier bâtiment est prévue au printemps 2021.

Intégration

Ce projet cadre parfaitement avec la densification du noyau urbain préconisé par la Ville, a mentionné le directeur général, Éric Sévigny. « Et lorsqu’on traverse le pont [sur Shefford], a-t-il ajouté, les commerçants perçoivent comme une problématique le fait qu’il y a un flou concernant la distance avec l’entrée du Vieux-Village. Le projet vient créer une interface dans la zone de transition. C’est ce que l’on trouve intéressant. »

Le conseiller du quartier Mont-Brome, Michel Bilodeau, responsable entre autres des dossiers patrimoniaux et du développement commercial, voit également le projet d’un bon œil. « On essaie de développer la Ville à partir du centre. Le projet Blacksmith cadre donc très bien avec les orientations du plan d’urbanisme, a-t-il fait valoir. Les gens qui connaissent l’histoire du site savent qu’en 1906, il y avait cinq bâtiments à cet endroit. »

Le conseiller municipal salue également la « sensibilité » du promoteur dans son rappel d’éléments patrimoniaux architecturaux. « Je suis très à l’aise avec ce projet parce qu’on s’inspire du passé pour construire le futur. C’est un bel exemple d’intégration au milieu. Il y a aussi tout un aspect de développement durable, car on préconise le déplacement actif (trottoirs) plutôt que l’utilisation de l’auto pour aller vers les commerces avoisinants, a indiqué Michel Bilodeau. Je pense donc que ce sera un plus pour la communauté. »