La popularité du programme de subventions a surpris l’organisme sans but lucratif, Écolo-Vélo du coeur, qui redonne une nouvelle vie aux vélos usagés. L’endroit a été pris d’assaut, selon son coordonnateur, Simon Robert.

Programme de subventions pour l'achat d'un vélo : une mesure populaire

Le programme de subventions de la Ville de Granby qui prévoit une aide financière à l’achat d’un vélo a démarré sur les chapeaux de roues. Un mois après son entrée en vigueur, pas moins de 100 réclamations, représentant autant de vélos acquis, ont été déposées, selon les données colligées par la Ville.

Ces demandes représentent un total de 7500 $ accordés en subventions à ce jour, souligne le directeur du service de la planification et de la gestion du territoire, Gabriel Bruneau. Selon lui, sur les 100 demandes déposées par les citoyens, 40 % l’ont été pour des vélos neufs, 45 % pour des vélos usagés et 15 % pour des vélos électriques.

La popularité de cette nouvelle mesure a même surpris l’organisme sans but lucratif, Écolo-Vélo du cœur, qui redonne une nouvelle vie aux vélos usagés. « Je n’ai plus de vélos, a laissé tomber mardi le coordonnateur de l’organisme, Simon Robert. J’ai engagé un mécanicien supplémentaire pour monter des vélos, mais on les vend tous à mesure. »

En vertu du programme adopté par la Ville, les Granbyens peuvent recevoir une remise de 50 $ à l’achat d’un vélo neuf standard. L’aide financière grimpe à 75 $ pour un vélo standard usagé, acheté d’un OSBL de Granby, tels qu’Écolo-Vélo du Cœur, et à 100 $ pour l’achat d’un vélo électrique neuf.

Parmi les conditions d’admissibilité : le vélo doit avoir été acheté chez un commerçant ayant pignon sur rue à Granby. La Ville souhaite ainsi stimuler l’économie locale, avait fait valoir le maire, Pascal Bonin, le mois dernier, lors de l’annonce de cette nouvelle initiative. Détail : le programme n’est applicable qu’une seule fois par citoyen.

Heureux
Selon Simon Robert, le programme de subventions a assurément fait des heureux. Il cite en exemple cette mère de famille qui a acheté des vélos pour ses cinq enfants, sans qu’il lui en coûte un sou, une fois l’aide financière accordée.

Mais cela n’est pas sans lui occasionner quelques maux de tête. « D’habitude, on se base sur les trois dernières années pour savoir combien de vélos on a besoin. À cette date-ci, je devrais en avoir encore 130 dans le magasin, mais il en reste 23... Je perds des ventes tous les jours », laisse-t-il tomber.

Encore mardi matin, trois Granbyens se sont présentés au commerce afin de choisir un vélo et profiter du programme de subventions de la Ville, dit-il.

Simon Robert n’est toutefois pas catastrophé par l’allure dégarnie de la boutique. « C’est juste qu’on ne s’attendait pas à ça. Je suis quand même très content. On va réussir à s’en sortir », affirme-t-il en riant.

Chose certaine, le coordonnateur a bien l’intention de réviser son inventaire à la hausse l’an prochain, afin d’être en mesure de répondre à la demande. « On va calculer un 100, 150 vélos de plus. Ça, c’est certain », lance M. Robert.

Révision
La mairesse suppléante, Julie Bourdon, dit pour sa part être heureuse de la réponse des citoyens à ce jour. « Le programme a peut-être été lancé un peu tard, à la mi-juin. S’il avait été lancé en mai, on aurait sûrement eu plus de demandes. Mais c’est une bonne nouvelle que les demandes continuent à rentrer. Je pense que c’est un programme qui a l’avantage de sensibiliser les gens à l’utilisation du vélo et qui va gagner à être connu », a-t-elle commenté mardi.

Le directeur du service de la planification et de la gestion du territoire à la Ville n’est pas surpris de la popularité de cette mesure qui vise à promouvoir la mobilité active. « Nous sommes en plein dans le temps fort de l’achat et de l’utilisation des vélos », lance Gabriel Bruneau.

Julie Bourdon affirme que les élus se pencheront sûrement à l’automne sur les résultats du programme afin d’évaluer si des ajustements doivent être apportés en prévision de la saison estivale 2019.

Pour l’heure, cette mesure est accompagnée d’une enveloppe totale de 25 000 $. Si elle devait s’avérer très populaire, les élus pourraient toutefois décider de la bonifier, a déjà laissé savoir le maire Bonin.

Ni Gabriel Bruneau ni Julie Bourdon n’ont eu vent pour le moment si d’autres municipalités ont manifesté le désir de s’inspirer de l’initiative de Granby, qui a été rapportée dans différents médias le mois dernier. Mais ils ne seraient pas surpris que l’idée soit reprise ailleurs éventuellement. La Ville de Laval offre aussi une remise, mais à l’achat d’un vélo ou d’une voiture électrique.