Le directeur général de la Table de concertation des organismes en immigration (TCRI), Stephan Reichhold, et le directeur de SERY, Frey Guevara

Programme d'accueil des immigrants: un projet pilote donne de bons résultats

La route vers l’adaptation des nouveaux arrivants à leur pays d’accueil est pavée d’embûches. L’organisme Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY) a développé une expertise dans la dernière décennie pour créer des ponts entre les immigrants et les services disponibles dans la communauté avec la mise sur pied du programme des intervenants communautaires interculturels (ICI) qui a inspiré un projet pilote du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).

Le projet pilote, auquel SERY participe, a été déployé dans la province il y a deux ans et est « très payant en terme de résultats », assure le directeur général de la Table de concertation des organismes en immigration (TCRI), Stephan Reichhold.

Le vendredi 28 février, SERY recevait à Granby la TCRI pour une rencontre avec la quarantaine d’ICI actifs dans 14 villes du Québec afin de faire le point sur l’évolution du projet avec les organismes responsables.

Ces organismes se rencontrent ainsi deux fois par an.

Les ICI créent des liens entre les familles et les institutions qui offrent des services en santé, en éducation et en petite enfance. « Le Québec déploie des ressources pour les familles qui arrivent d’Afrique ou du Moyen-Orient qui sont parfois restés des années dans les camps de réfugiés. Du jour au lendemain, ils se retrouvent à Granby et vous pouvez imaginer que les besoins sont grands », indique le directeur général de la TCRI.

Le vendredi 28 février, SERY recevait à Granby la TCRI pour une rencontre avec la quarantaine d’ICI actifs dans 14 villes du Québec afin de faire le point sur l’évolution du projet avec les organismes responsables.

Le Québec est un chef de file à l’international dans le développement de programmes « de rétablissement de réfugiés des camps référés par les Nations Unies », affirme M. Reichhold.

La province, qui possède un programme de prise en charge des réfugiés indépendant de celui d’Ottawa, se positionne au 4e rang mondial avec ses 1300 réfugiés réinstallés sur le territoire. « On devrait être très fier, plaide Stephan Reichhold. Les Nations Unies donnent toujours le Québec comme exemple de bonne pratique ».

Le programme américain demeure en tête du palmarès avec 10 000 réfugiés, suivi de celui du Canada — à l’exception du Québec — avec 8000.

Plus de 430 immigrants ont été accueillis cette année à Granby, soit près du double de l’année précédente.

Les réfugiés pris en charge par l’État représentent entre 16 % et 18 % de la population immigrante, indique le directeur de SERY, Frey Guevara. Les immigrants économiques représentent quant à eux plus de 60 % des nouveaux arrivants.

Solution à la pénurie de main-d’œuvre

Les administrateurs du programme espèrent pouvoir étendre leur mandat aux interactions avec le secteur de l’emploi.

« Il y a un nouveau phénomène, à cause de la pénurie de main-d’œuvre : la migration des demandeurs d’asile vers les régions, assure Stephan Reichhold. Ça se passe assez bien, mais ce sont des régions qui ne sont pas habituées de faire affaire avec des immigrants en général, encore moins avec des demandeurs d’asile qui n’ont pas de carte d’assurance maladie, qui n’ont pas accès aux allocations ni aux services de garde, donc ça crée beaucoup de pression sur les organismes. »

L’extension du programme au domaine de l’emploi est plutôt fastidieuse. « C’est plus compliqué avec Emploi Québec, car ils n’aiment pas qu’on vienne jouer dans leurs plates-bandes. Il faut être très diplomatique », a déclaré le directeur général de la TCRI, Stephan Reichhold.