Deux mères de Brome-Missisquoi déplorent le mutisme du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs (photo) au sujet d’un professeur d’éducation physique récemment accusé d’avoir agressé sexuellement un mineur.
Deux mères de Brome-Missisquoi déplorent le mutisme du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs (photo) au sujet d’un professeur d’éducation physique récemment accusé d’avoir agressé sexuellement un mineur.

Professeur accusé au criminel: «On est laissés à nous-mêmes», disent des parents

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Les parents devraient-ils être avisés lorsqu’un enseignant de l’école de leur enfant fait l’objet d’accusations criminelles graves?

Deux mères de Brome-Missisquoi le pensent et déplorent le mutisme du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs, en Montérégie, au sujet d’un professeur d’éducation physique récemment accusé au tribunal d’avoir agressé sexuellement un mineur.

Michaël Raymond, 32 ans, qui enseignait aux écoles primaires du Premier-Envol, à Bedford, et Saint-Joseph, à Notre-Dame-de-Stanbridge, est suspendu de son poste depuis la fin de la dernière année scolaire.

L’homme de Saint-Jean-sur-Richelieu a comparu une première fois en cour le 19 août pour répondre d’accusations d’agression sexuelle d’un mineur, d’attouchements et d’incitation à être touché. Il a été remis en liberté sous diverses conditions, dont celle de ne pas se trouver en présence d’enfants.

Selon nos informations, les gestes reprochés n’auraient pas été posés dans un cadre scolaire. N’empêche que Karine Ducharme et Bélinda Raîche, dont les filles ont eu l’accusé comme enseignant, jugent inadmissible de ne pas avoir été informées de la situation avant de l’apprendre dans les médias.

«On aurait aimé ça ne pas recevoir la nouvelle comme une poignée de roches au visage, dit Mme Ducharme. Au moins recevoir un courriel, quitte à ne pas nommer l’accusé. Là, personne n’a cru bon nous mettre au courant. C’est comme si on essayait de nous cacher des choses. Je trouve ça inquiétant.»

«On est laissés à nous-mêmes, ajoute Mme Raîche. Pourtant, c’est quelque chose de grave qui lui est reproché [à l’accusé]. Val-des-Cerfs ne nous a donné aucun renseignement, et on leur confie nos enfants à temps plein.»

Après discussion, les deux mères ont été soulagées d’apprendre que leurs filles n’ont pas été victimes de M. Raymond. Elles estiment toutefois qu’un soutien psychologique devrait être offert aux élèves des deux écoles où l’enseignant oeuvrait.

«Ma fille m’a dit: il était tellement fin, on passait notre temps à lui faire des câlins..., dit Mme Ducharme. Là, que feront-ils pour rassurer les enfants?»

Bedford et Notre-Dame-de-Stanbridge sont de petites municipalités «où tout le monde se connaît», mentionne-t-elle, et les élèves en entendront sûrement parler. «J’ai peur qu’ils soient mal à l’aise vis-à-vis ça.»

À LIRE AUSSI: Un enseignant d’éducation physique accusé d’agression sexuelle

Pas d’autorisation

Au centre de services scolaire du Val-des-Cerfs, on indique que ce n’est pas le genre d’information qui peut être transmise aux parents. «Nous n’avons pas l’autorisation de communiquer des informations sur les dossiers des employés», précise la coordonnatrice aux communications, Paméla Blouin.

«D’autant plus que nous n’avons que très peu d’informations sur le sujet. Nous savons qu’il est absent pour une durée indéterminée. Nous comprenons les inquiétudes des parents et nous voulons certes les rassurer. Toutefois, ce dossier est entre les mains de la police et relève de la justice.»

Quant à l’aide psychologique suggérée, Mme Blouin souligne que «l’équipe-école prendra le pouls de la situation lundi». «Si des élèves ou des membres du personnel ont besoin de soutien, l’équipe-école sera assurément disponible pour eux. De plus, une équipe postvention est toujours prête à être déployée dans les écoles en cas de besoin.»