Johannie Maynard et les employés du Roi de la Fraise peuvent enfin offrir du maïs à leurs clients.

Production de maïs: des retards dans les champs

Les pluies abondantes et les nuits fraîches du printemps dernier ont causé des maux de tête à plusieurs producteurs de maïs de la région, occasionnant des retards considérables alors que la demande est très forte.
Le maraîcher Pascal Laplante a lui aussi observé un retard d'une dizaine de jours pour l'ensemble de ses cultures.
«On a commencé à semer à la fin avril. Après, il s'est mis à pleuvoir sans arrêt. On a même pensé que ça allait pourrir dans les champs», raconte Johannie Maynard du Roi de la Fraise, rencontrée samedi matin au Marché public de Granby. 
Le commerce de Saint-Paul-d'Abbotsford a enfin pu proposer ses premières variétés à la mi-juillet, soit deux semaines plus tard que prévu. 
Pour sa part, Marielle Farley, copropriétaire du Potager Mont-Rouge-Halte Gourmande à Rougemont, rapporte un retard d'une dizaine de jours, qu'elle attribue principalement au temps frais. 
«Le maïs aime ça, la pluie. Ça permet d'avoir des épis avec des grains jusqu'au bout. Mais pas de soleil, ce n'est pas une stratégie gagnante», fait-elle valoir. 
Offre et demande
La situation est d'autant plus problématique en cette période de pointe. «Les gens tombent en vacances et ils veulent acheter des poches pour faire des épluchettes. Mais je pense que plusieurs vont devoir se creuser la tête pour en trouver», entrevoit Mme Farley. 
«Nous aussi, on commence à avoir hâte que l'abondance revienne.»
Pire encore, Johannie Maynard estime que l'offre grossira lorsque l'appétit du consommateur aura diminué. «C'est quelque chose qui nous fait peur», avoue la jeune productrice. 
Le Roi de la Fraise a également connu des difficultés concernant son produit phare. «On a dû jeter pas mal de fraises (pourries) pour ne pas qu'elles contaminent le reste.»
Gare aux parasites
Le maraîcher Pascal Laplante a lui aussi observé un retard d'une dizaine de jours pour l'ensemble de ses cultures. «En fait, les fortes pluies, ça a commencé l'automne dernier. On avait même eu de la misère à fermer certains champs», se remémore le Miltonnais. 
M. Laplante se réjouit néanmoins de voir que sa production a été relativement épargnée par les parasites. Il remarque toutefois que le mildiou, un type de champignon, fait présentement des ravages en Ontario. De nombreux agriculteurs se croisent les doigts, espérant que ce fléau ne s'étende pas au Québec. 
«Quand il pleut beaucoup, la maladie rentre là-dedans. Et les champignons aiment les nuits froides et la rosée.»
Surabondance de pluie
Météorologiste pour Environnement Canada, Bruno Marquis- confirme que les conditions connues ce printemps ont été peu propices à la culture du maïs. «Les trois derniers mois, à partir du 21 avril au 21 juillet, on a dépassé les normales côté quantité de précipitations. Ce qui retient surtout l'attention, c'est le nombre de journées avec des précipitations mesurables. C'est ça qui sort vraiment de l'ordinaire», indique-t-il.
Si la pluie est évidemment nécessaire, une surabondance peut avoir pour effet de «noyer» la production. 
Les précipitations peuvent également faire en sorte de retarder les semences, ajoute M. Marquis. 
«Il y a souvent des nuages, et ça ne permet pas beaucoup d'ensoleillement. À un moment donné, ça prend du soleil pour pousser.» «Probablement que c'est l'effet combiné de tout ça (qui est en cause).»