Richard Gauthier devra purger deux ans de prison pour avoir produit du cannabis pour le compte d’un réseau de trafic de drogue.

Production de cannabis: deux ans de prison pour Richard Gauthier

Multirécidiviste en matière de production de marijuana, Richard Gauthier démontre « un mépris flagrant et répété des lois » et mérite une condamnation de deux ans de prison, a décidé la Cour supérieure, jeudi.

Le Granbyen de 60 ans, dont la dernière condamnation remontait à 2001, a aussitôt pris le chemin de la détention.

À la suite d’un procès devant jury, il avait été trouvé coupable, le 15 février, de deux accusations de production de cannabis. Pas moins de 920 plants avaient été saisis dans une serre qu’il exploitait à Beaulac-Garthby, dans Chaudière-Appalaches, et 63 autres derrière la maison de Granby qu’il louait sur le 11e rang.

Ces saisies avaient eu lieu dans le cadre de l’opération policière Muraille, qui avait mis au jour, en 2016, un réseau de trafic de drogue ayant des liens avec le crime organisé. M. Gauthier était le seul des 54 accusés à ne pas avoir plaidé coupable et à avoir provoqué la tenue d’un procès.

Remontrances

Journalier, père de six enfants et grand-père d’un petit-enfant, il a minimisé sa participation aux infractions lors des audiences, ce qui lui a valu des remontrances du juge. 

« Il blâme les autres, dont les policiers qu’il qualifie de corrompus, et n’a aucune introspection », a dit le magistrat. L’accusé « continue de commettre des crimes à répétition » et n’a « aucun remord face aux actes pour lesquels il a été trouvé coupable ».

Or, la production de cannabis ne se fait pas sans victime, avait souligné lors du procès la procureure Me Laurence Bélanger. Elle a aussi fait valoir que M. Gauthier était en probation au moment de son arrestation, que ses installations étaient sophistiquées et qu’il avait plusieurs antécédents judiciaires, ayant déjà été incarcéré quatre fois. 

Il s’est d’ailleurs fait arrêter de nouveau en 2017 pour vol à l’étalage. « Ce n’est pas une simple erreur de parcours », a dit le juge.

Relations

De son côté, la défense, représentée par Me Nicolas Cossette, a mentionné l’âge de son client, ses problèmes de santé et le fait qu’il est un actif pour la société, car il occupe un emploi, pour justifier une peine plus clémente (de 15 à 18 mois de prison) que ce que demandait la Couronne (30 mois).

Il a aussi mentionné que M. Gauthier jouait un rôle secondaire dans le réseau de production de drogue, qu’il a fait le ménage de ses relations depuis et qu’il va « tout faire pour ne plus revenir en cour ».

Le juge a cependant retenu que l’accusé espérait tirer « des gains d’une grande ampleur » de sa production et qu’il a refusé de nommer ses collaborateurs.

« Le fait que la production de cannabis soit désormais permise, sous certaines conditions, ne réduit pas la responsabilité de l’accusé », a dit le juge Villeneuve, qui a coupé la poire en deux en imposant 24 mois de prison à purger dans un pénitencier fédéral, car M. Gauthier a besoin « d’un encadrement plus sévère ».