Dans la première moitié de son interrogatoire, on entend l’accusé nier toute responsabilité dans le meurtre, indiquant qu’il «n’a rien à voir là-dedans».
Dans la première moitié de son interrogatoire, on entend l’accusé nier toute responsabilité dans le meurtre, indiquant qu’il «n’a rien à voir là-dedans».

Procès de Stéphane Blanchard: son ex aussi l’a dénoncé

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Stéphane Blanchard, l’un des trois hommes accusés du meurtre du Granbyen Jacques Choquette, n’a pas été dénoncé que par une amie. Son ex-conjointe a également rapporté à la police son implication alléguée dans le crime commis en 2016.

L’enquêteur Eric Harvey, 13e témoin appelé à la barre, a fait cette déclaration, lundi, au procès pour meurtre prémédité de l’homme de 38 ans.

L’accusé n’a toutefois pas paru surpris lorsque le policier l’a mis au courant de cette dénonciation lors de leur rencontre, le 6 novembre 2018.

«Elle veut faire de la marde encore», a-t-il répondu durant son interrogatoire enregistré et dont une partie a été diffusée en cour, lundi, à l’attention du jury.

Dans la première moitié de cet entretien d’environ six heures, on entend M. Blanchard nier toute responsabilité dans ce crime qui, selon l’acte d’accusation, aurait été commis dans les environs d’Eastman.

Portant un chandail blanc de type «kangourou» où est inscrit, en larges lettres, son patronyme surmonté d’une image de diable, il dit fréquemment qu’il «n’a rien à voir là-dedans» et «n’a rien à se reprocher», et ce, même si l’enquêteur lui mentionne avoir des preuves de son implication.

La victime, Jacques Choquette.

Outre le témoignage de l’ex-conjointe, l’agent Harvey cite des images de la voiture de l’accusé qui suit celle de la victime, le soir du meurtre, ainsi que des registres téléphoniques illustrant ses nombreuses communications avec les deux autres hommes accusés dans cette affaire. Ceux-ci doivent subir en leur procès en 2021.

Infiltration

Stéphane Blanchard a aussi peiné à expliquer ce qu’il aurait révélé à deux policiers d’infiltration qui, quelques semaines plus tôt, lui avaient offert 10 000 $ pour leur dire où était caché le corps. Selon l’agent Eric Harvey, l’accusé a alors donné plusieurs détails du meurtre et indiqué qu’une dette de 100 000 $ y était reliée.

Mais en interrogatoire, ses réponses sont évasives et répétitives. À mesure que le temps s’écoule dans la petite salle du poste de police de la SQ à Waterloo, il semble de plus en plus mal à l’aise. Durant les pauses, il se plie en deux ou se couche sur le bureau en respirant bruyamment.

Après avoir rejeté son droit d’appeler un avocat, plaidant qu’il n’en avait pas besoin, il se ravise après trois heures d’interrogatoire. D’abord rencontré en tant que «suspect», il est arrêté au début de sa conversation sur la base d’informations obtenues par d’autres enquêteurs.

Une amie de l’accusé a soutenu, la semaine dernière, que M. Blanchard lui avait avoué sa participation au crime. Selon le ministère public, il aurait accepté de tuer Jacques Choquette à la demande d’un des autres accusés. Comme paiement, il aurait reçu 5000 $ de marijuana.

Exclusion

En début de journée, le juge André Vincent, de la Cour supérieure, a informé le tribunal qu’un juré a dû être exclu puisqu’une personne de son entourage avait été déclarée positive à la COVID-19. Ce juré n’a toutefois pas contracté la maladie.

La semaine dernière, une autre jurée avait été libérée parce qu’elle souffrait de fortes nausées dues à sa grossesse. Il reste donc 12 membres du jury pour ce procès qui se poursuit mardi au palais de justice de Granby.