«J’ai été comme déçu», a dit l’accusé au sujet des 5000 $ en cannabis reçus comme paiement pour son crime. «Je m’attendais à avoir de l’argent, c’était supposé être payant. C’est ça qui m’a poussé à le faire.»
«J’ai été comme déçu», a dit l’accusé au sujet des 5000 $ en cannabis reçus comme paiement pour son crime. «Je m’attendais à avoir de l’argent, c’était supposé être payant. C’est ça qui m’a poussé à le faire.»

Procès de Stéphane Blanchard : l'accusé a tout avoué en interrogatoire

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Bien qu’il plaide présentement non coupable, Stéphane Blanchard a avoué sa participation au meurtre du Granbyen Jacques Choquette lors de son interrogatoire policier subi en 2018.

Cette confession, diffusée mardi au procès devant jury de l’homme de 38 ans, est survenue après quatre heures d’entretien avec un enquêteur de la Sûreté du Québec.

M. Blanchard s’est mis à table après que l’agent Eric Harvey lui ait montré qu’une amie à qui l’accusé avait fait des aveux a tout raconté à la police. Un peu plus tôt dans la vidéo, l’enquêteur lui a révélé que son ancienne amie de coeur l’avait également dénoncé.

Finalement, questionné à savoir s’il éviterait de commettre le crime allégué s’il pouvait revenir en arrière, l’ancien travailleur de la construction, exténué, a laissé tomber «c’est sûr».

Il a ensuite raconté les événements ayant précédé le meurtre commis dans les environs d’Eastman, le 3 novembre 2016.

«C’était supposé être payant»

D’entrée de jeu, M. Blanchard a réitéré qu’il ne connaissait pas la victime et qu’il avait accepté de l’abattre d’un coup de carabine en échange d’argent. Mais il n’a reçu que 5000 $ de marijuana la semaine suivante, qu’il a dû vendre lui-même.

C’était «presque rien», a-t-il dit en interrogatoire. «J’ai été comme déçu. Je m’attendais à avoir de l’argent, c’était supposé être payant. C’est ça qui m’a poussé à le faire.»

«Ils se sont servis de toi», lui a dit l’agent Harvey. «Ça n’a pas de crisse d’allure», a reconnu l’accusé. 

Le coup avait été «patenté» la semaine précédente par les deux autres hommes accusés dans cette affaire et qui doivent subir leur procès en 2021. L’un d’eux devait «au-dessus de 100 000 $» à Jacques Choquette, qu’il a fait passer pour un «fouteux de trouble».

«Je suis comme influençable, a dit Stéphane Blanchard. Il [NB: l’un des autres accusés] m’a crinqué mentalement.» Il a mentionné: «J’avais les fusils, c’est comme moi qui a été approché.»

Le plan consistait à attirer la victime dans un guet-apens en secteur isolé. Pendant que Jacques Choquette, 51 ans, s’entretenait avec l’un des autres accusés, Stéphane Blanchard a sorti une carabine de la valise de sa voiture et l’a tiré dans la tête à environ 20 pieds de distance, a-t-il raconté.

Puis les deux autres accusés ont disposé du corps et de la voiture de la victime. 

«Je shakais, je n’en pouvais plus, a dit l’accusé. Je suis parti chez nous me faire couler un bain.» Il a expliqué qu’il s’est débarrassé de l’arme en la coupant et en la brûlant. «Je ne suis jamais retourné à la chasse», a-t-il précisé.

À la question «as-tu quelque chose à dire à la famille de Jacques Choquette?», M. Blanchard a répondu: «c’est sûr que je suis désolé. Si je pouvais reculer, ça n’arriverait pas».

L’accusé témoigne

La diffusion de la vidéo de l’interrogatoire de l’accusé a clos la preuve de la Couronne, représentée par Me Émilie Baril-Côté et Me Gabrielle Cloutier. 

Stéphane Blanchard a commencé à témoigner en après-midi en répondant aux questions de son avocat, Me Jean-François Lambert, assisté de Me Rémi Cournoyer-Quintal.

Entraves aux pieds et vêtu d’une chemise blanche et d’un pantalon noir, le grand et mince détenu a déclaré d’une voix monotone avoir lâché l’école en secondaire 2 et être devenu monteur de structures d’acier par la suite.

Une blessure au dos subie en 2016 l’a toutefois contraint à cesser de travailler. Il a connu les autres accusés en faisant avec eux de la culture illicite de cannabis.

Il doit poursuivre son témoignage mercredi au palais de justice de Granby.