Selon la défense, la preuve n’a pas établi hors de tout doute que Savvas Kalymialaris (photo) a agressé sexuellement une adolescente.
Selon la défense, la preuve n’a pas établi hors de tout doute que Savvas Kalymialaris (photo) a agressé sexuellement une adolescente.

Procès de Savvas Kalymialaris: la plaignante n’est pas crédible, dit la défense

Imprécisions, contradictions, témoignage principal qualifié de douteux : la preuve déposée contre un restaurateur de Bedford accusé d’avoir agressé sexuellement une adolescente doit être rejetée, soutient la défense.

La plaignante, qui était âgée de 15 et 16 ans au moment des faits reprochés, « n’est pas en mesure de témoigner de façon convaincante », a indiqué Me Alexandre Caissie, mercredi, lors de sa plaidoirie finale au procès devant jury de Savvas Kalymialaris, 42 ans.

On reproche au propriétaire d’une pizzeria d’avoir, en 2016 et 2017, posé de nombreux gestes sexuels envers la jeune fille, allant jusqu’à la relation sexuelle complète. Il a plaidé non coupable.

Selon Me Caissie, le témoignage de la présumée victime souffre d’un « manque total de fiabilité » et échoue à prouver que son client est coupable.

« Les “je ne m’en souviens pas”, et “je ne sais pas”, j’ai arrêté de les compter », a-t-il plaidé, notamment quant au nombre d’agressions subies.

Sans détail

La plaignante a aussi été floue sur le début des agressions alléguées et personne ne les corrobore, bien que certaines auraient eu lieu sur les lieux de travail de l’accusé. Elle a également reconnu que certains éléments de son témoignage prêtaient à confusion.

Qui plus est, elle a été incapable de décrire le sexe de M. Kalymialaris et aucune preuve biologique ne vient soutenir les accusations déposées.

« La seule preuve que vous avez, c’est la version de [la présumée victime], qui est sujette à caution, a dit Me Caissie. Elle témoigne souvent de manière générique, sans détail précis. »

Il a rappelé que c’est à la Couronne de faire la preuve hors de tout doute raisonnable que son client est coupable, ce qui n’a pas été fait, selon lui. L’accusé n’a pas témoigné à son procès.

Exactitude

De son côté, Me Valérie Simard-Croteau, de la Couronne, a fait valoir que la plaignante n’a pas à se souvenir avec exactitude de tous les faits reprochés pour être trouvée crédible.

Son récit était « clair et limpide », bien que la défense tente de « brouiller les cartes », a dit l’avocate.

« Souvenez-vous qu’elle était une adolescente. Est-il plausible que la mémoire s’atténue avec le temps sur des détails banals ? »

La preuve contient « une constellation de faits établis » et que rien ne vient contredire, a ajouté Me Simard-Croteau. « La défense vous a plutôt alignés sur des faits insignifiants. »

Que personne n’ait pu corroborer les accusations ne prouve rien puisque « les agressions sexuelles se font souvent dans l’intimité ».

Me Simard-Croteau a rappelé la différence d’âge ainsi que le rapport de force entre l’accusé et la plaignante. « Elle était vulnérable. Sentez sa honte, son dégoût, sa gêne, son sentiment d’être sale. »

Par ailleurs, le jury ne devrait « tirer aucune inférence du fait qu’aucune preuve d’ADN ait été retrouvée ».

Le juge Claude Villeneuve, de la Cour supérieure, a ensuite livré ses directives aux 12 membres du jury, qui devront bientôt délibérer.

Savvas Kalymialaris, qui s’expose à une peine maximale de 14 ans de prison, est en liberté sous conditions durant son procès.