« Une personne peut être trouvée coupable d’un crime sérieux sans être coupable­ de meurtre », a souligné Me Annik Magri.

Procès de Martin Plante: le doute prévaut, dit la défense

Rien ne prouve que Martin Plante a intentionnellement tué Michel jr Jean-Baptiste le soir du 29 août 2006 à Roxton Falls, a soutenu la défense lors de sa plaidoirie finale, vendredi.

Certains faits sont indéniables. Le chauffeur de taxi montréalais a été tabassé dans une maison de la rue de l’Église, ce soir-là, puis fusillé. Son corps a ensuite été brûlé dans un feu. On lui reprochait d’avoir volé 25 000 $ à la suite d’une opération d’importation de cocaïne.

Mais aucun témoin au procès n’a pu certifier comment la victime s’était éteinte. Les déclarations déposées en preuve ont fait état de cou cassé, de strangulation ou de mort au bout de son sang. « Les aveux à ce sujet se contredisent, a indiqué Me Annik Magri. Certains disculpent M. Plante, d’autres l’inculpent. »

Chose certaine, « à la lumière de la logique, du bon sens, il existe un doute raisonnable quant à la culpabilité de meurtre, à l’intention spécifique de causer la mort, des lésions ou un geste essentiel ayant mené à la mort », a dit l’avocate.

Me Magri a invité les 12 membres du jury à acquitter son client de 41 ans « de toute forme de meurtre ». « Une personne peut être trouvée coupable d’un crime sérieux sans être coupable de meurtre, a-t-elle précisé. Il y a beaucoup de possibilités dans ce dossier-là. Personne ne sait exactement ce qui s’est passé. À vous de voir quels faits vous retenez ou non. »

Crédibilité
La crédibilité des témoins entendues a été mise en doute par la défense. Les trois principales ont toutes déjà trempé dans des activités criminelles. L’une d’elles a « admis avoir fait des déclarations douteuses » et a été contredite par une autre témoin, a mentionné Me Magri. La troisième n’a « assisté à rien », mais a reçu des aveux qui représentent « de faibles allégations ».

Il est certain que Martin Plante avait un intérêt à récupérer les 25 000 $ disparus, mais selon la défense il n’est pas le caïd décrit par les témoins. « Il ne connaissait même pas les gars impliqués dans le voyage (d’importation, NDLR). La logique derrière le complot de meurtre est questionnable. »

Les autres hommes impliqués, dont Moïse Latortue, condamné pour homicide involontaire coupable et outrage au cadavre en avril 2017, en voulaient eux aussi à la victime. « L’ensemble des circonstances de ce dossier-là va vous aider à prendre vos décisions. »

Directives
Finalement, Me Annik Magri a enjoint le jury à ne rien inférer du fait que l’accusé n’a pas témoigné à son procès ni présenté de défense. « Il y a des raisons pourquoi, dans un dossier, on ne présente pas de défense. »

Le juge Martin Bureau, de la Cour supérieure, a ensuite livré ses directives au jury. Les six femmes et six hommes doivent commencer à délibérer samedi matin. Ils seront séquestrés durant cette période.

Tout comme son complice Moïse Latortue, Martin Plante avait été déclaré coupable de meurtre prémédité et condamné à la prison à vie au terme d’un premier procès tenu en 2009. Mais la Cour d’appel l’a annulé cinq ans plus tard puisque les directives du juge ont été jugées inadéquates.