« On ne connait pas la cause directe de la mort de M. Jean-Baptiste, mais on a eu plusieurs explications », a dit Me Claude Robitaille, de la Couronne. Et dans celles-ci, l’accusé est « toujours présent ».

Procès de Martin Plante: la Couronne plaide, la défense s’étiole

Le deuxième procès pour meurtre de Martin Plante entame son dernier droit sur une note discordante. L’une de ses avocates s’est désistée à l’aube des plaidoiries finales.

Comme le veut l’usage, les raisons du départ subit de Me Liette Robillard n’ont pas été précisées aux 12 membres du jury, mercredi.

« Pour des raisons qui lui appartiennent et qui ne vous concernent pas, elle ne sera plus avec nous pour le reste du procès », s’est limité à dire le juge Martin Bureau, de la Cour supérieure.

« C’est Me Annik Magri qui plaidera, même si c’était Me Robillard qui devait le faire », a dit le magistrat.

Me Claude Robitaille, du ministère public, a ensuite livré ses derniers arguments visant à convaincre le jury de la culpabilité de Martin Plante, 41 ans, à l’accusation de meurtre prémédité.

Il a rappelé les faits troublants ayant mené à la mort de Michel jr Jean-Baptiste survenue le soir du 29 août 2006 à Roxton Falls.

M. Jean-Baptiste, un chauffeur de taxi montréalais, était soupçonné d’avoir volé 25 000 $ à l’accusé et ses complices à la suite d’une opération d’exportation de cocaïne.

Séquestration

Leurré dans une maison de la rue de l’Église, il a été tabassé et interrogé par le groupe. Il a essayé de prendre la fuite et a été atteint d’une salve de mitraillette.

À partir de ce moment, les témoignages diffèrent sur la façon dont la victime est passée de vie à trépas. Soit M. Jean-Baptiste est mort de ses blessures par balles, soit un complice de l’accusé, Moïse Latortue, lui a tordu le cou, soit c’est M. Plante lui-même qui l’a étranglé.

Quelle que soit la version retenue, l’accusé doit être trouvé coupable de meurtre au premier degré puisqu’il était là dans chaque version et que le crime a eu lieu dans un contexte de séquestration, a plaidé Me Robitaille.

« On ne connait pas la cause directe de la mort de M. Jean-Baptiste, mais on a eu plusieurs explications », a dit l’avocat, et dans celles-ci M. Plante est « toujours présent ». « La façon dont (M. Jean-Baptiste) est mort n’est pas d’importance. »

L’accusé a fait des aveux à trois personnes et « en droit criminel, c’est une preuve très forte », a dit Me Robitaille.

Feu de camp

La Couronne a rappelé que deux témoins ont raconté la nuit macabre qui a suivi alors qu’elles ont été forcées d’assister à la crémation du cadavre dans un feu camp improvisé dans la cour arrière de la demeure roxtonnoise.

Le lendemain, Martin Plante serait venu prendre les restes du défunt pour aller les cacher derrière une grange de Saint-Liboire, où ils ont été retrouvés par la police.

Me Robitaille reconnait qu’il y a des « divergences » dans les versions entendues, mais le jury doit se demander si cela pose réellement problème. Il a aussi écarté la théorie que la consommation d’alcool, ce soir-là, pourrait avoir altéré le jugement de l’accusé.

Les audiences doivent reprendre vendredi avec la plaidoirie finale de la défense. Rappelons que le premier procès qu’a subi Martin Plante, en 2009, a été annulé cinq ans plus tard par la Cour d’appel.