Six accusations d'agression sexuelle et d'incitation à des contacts sexuels sur des enfants pèsent sur Jean Boissonneault.

Procès de Jean Boissonneault: pédo ou complot?

Jean Boissonneault refuse d'admettre qu'il a abusé de trois mineures, dit la Couronne. Faux, rétorque la défense: le remorqueur et coureur automobile est victime d'un complot ourdi par son ex-femme pour obtenir la garde de leurs enfants.
<p>L'accusé ne peut «décrire des événements qui ne sont pas arrivés», a dit Me Roger Paquin, à la défense. </p>
<p>La théorie du complot ne tient pas la route, a répliqué Me Karim AinMelk, du ministère public.</p>
Les parties ont livré leurs plaidoiries finales, lundi, au procès de l'homme de 32 ans sur qui pèsent six accusations d'agression sexuelle et d'incitation à des contacts sexuels sur des enfants, pour lesquelles il a plaidé non coupable.
«Oui, l'accusé n'a que nié, a indiqué Me Roger Paquin, à la défense. Mais il est difficile de décrire des événements qui ne sont pas arrivés.»
L'avocat a méticuleusement énuméré les contradictions, petites ou grandes, qui selon lui font en sorte que le témoignage des présumées victimes doit être déconsidéré. «On n'a pas juste une contradiction sur la couleur des rideaux, a-t-il dit. On a beaucoup plus que ça, et à même les témoins.»
Délais
Entre sa rencontre avec les policiers et ses témoignages en cour, la première plaignante a modifié ses déclarations, a-t-il rappelé. Elle a aussi recroisé l'accusé sans lui parler des faits reprochés. Et comme pour les autres plaignantes, elle a attendu plusieurs mois avant d'en parler.
Surtout, a dit Me Paquin, elle a mentionné avoir d'abord déposé une plainte à la SQ, bien qu'aucune trace de cette déposition n'ait été retrouvée. «C'est pas banal, ça», a dit la défense.
Il est aussi fort peu probable que les deux autres plaignantes aient été agressées par M. Boissonneault puisque leur comportement, après les faits allégués, n'avait pas changé, a-t-il ajouté. «Quant à moi, la version de M. Boissonneault est tout à fait crédible.»
Les deux dernières plaignantes sont aussi proches de l'ex-femme de l'accusé, qui selon la défense a fait pression pour qu'elles portent plainte.
Convaincre
C'est plutôt l'accusé qui était passé maître dans l'art de convaincre son ex-épouse qu'il n'avait rien à se reprocher, a répliqué Me Karim AinMelk, de la Couronne. «Jean Boissonneault réussissait toujours à convaincre Cynthia Bouchard que ce n'était pas vrai, que rien n'était arrivé.»
Me AinMelk a reconnu qu'il y avait «des contradictions» dans les témoignages, mais pas assez pour décrédibiliser les plaignantes. Les délais entre les gestes reprochés et le dépôt des plaintes sont aussi normaux, selon le ministère public.
La deuxième plaignante «avait peur», a-t-il dit. Il rejette du revers de la main l'explication de la défense selon laquelle elle «manquait d'attention». «Est-ce crédible que quelqu'un manque tellement d'attention qu'elle porte plainte pour agression sexuelle?»
Aussi, M. Boissonneault n'a pu expliquer pourquoi il avait filmé l'une des présumées victimes sous la douche. La raison est simple, selon Me AinMelk. «Il était attiré par elle et il voulait la voir toute nue.»
Surtout, a dit la Couronne, une des présumées victimes ne connaissait que très peu Mme Bouchard. C'est pourquoi la théorie du complot «ne tient pas la route». De leur côté, les deux autres plaignantes n'entretenaient aucune animosité envers la famille de M. Boissonneault.
Un complot? «Il n'y a aucune preuve», a dit Me AinMelk. La juge Julie Beauchesne doit rendre son verdict en juin.